‹ Histoire du Beaujolais (volume 2)Chapitre 142 sur 171 · ET DE BRETAGNE, LIEUTENANT GÉNÉRAL DES ARMÉES DU ROI, ETC · texte numérisé non relu

ET DE BRETAGNE, LIEUTENANT GÉNÉRAL DES ARMÉES DU ROI, ETC

La naissance de ce prince, fils aîné de Louis de Bourbon, prince de La Roche-sur-Yon, et de Louise de Bourbon, fille de Gilbert, comte de Montpensier, et sœur du connétable, dont je viens de parler, fut au château de Moulins, en Bourbonnais, l'an 15 13, le 10 de juin. La mort de son père étant survenue sept ans après, il demeura sous la tutelle de la princesse, sa mère, qui eut beaucoup de soin de son éducation, d'où s'ensuivit qu'en tout le cours de sa vie il se montra un continuel exemplaire de bonté, dévotion et magnanimité, ayant été toujours porté d'un grand zèle au service des rois ses princes, au bien et à la défense de sa patrie et de la religion catholique.

Il n'avait que dix ans lorsque Charles de Bourbon, connétable de France, son oncle maternel, quitta le parti de France pour suivre celui de l'empereur, l'an 1523. Je laisse à penser si cette disgrâce et si ce malheur rejaillit aucunement sur lui et sur ceux de sa maison qui lui attouchaient de si près, puisque la princesse, sa mère, se vit déchue de toutes les espérances que la grandeur du même connétable, son frère, promettait à notre jeune prince, son fils, et ne fut pas seulement éloignée de la cour, mais encore des bonnes grâces du roi ; néanmoins, par le traité de Madrid, l'an 1526, la restitution de tous les biens du

connétable ayant été expressément convenue entre le roi François Ier et l'empereur, elle se vit en état, après la mort du duc, son frère, arrivée un an après, à l'assaut de Rome, de pouvoir prétendre à sa succession pour la restitution de laquelle l'empereur lui promit toute assistance, par une lettre qu'il lui écrivit de sa main à Valladolid, le dernier juillet 1527.

Depuis, par le traité fait à Cambrai, le 5 d'noût 1529, entre Louise de Savoie, duchesse d'Angoulême, mère du roi, et Marguerite, archiduchesse d'Autriche, douairière de Savoie, tante de l'empereur, ayant encore été accordé que, suivant le traité de Madrid, les héritiers du duc de Bourbon auraient telle part en ses biens, tant meubles qu'immeubles qu'ils eussent eu par son décès, s'il ne se fût retiré hors du royaume de France et n'eût suivi le parti de l'empereur, nonobstant tous arrêts et sentences prononcés durant la vie dudit feu duc de Bourbon, et, après son décès, unions, incorporations, cessions et transports qui pourraient être faits, ou partie d'iceux qui furent cassés et annulés ensemble toutes les autres procédures et actes faits, tant contre sa personne, honneur et biens que sesdits héritiers ; l'empereur envoya en France, incontinent après, M. Léonard Degruyères, officiai de Besançon, et le sieur de la Troillière, gentilhomme de sa chambre, avec lettres et instructions pour obtenir les choses promises par ledit traité, touchant ladite succession ; à quoi le roi eut tant de peine à se résoudre, qu'il refusa de voir la princesse de La Roche-sur- Yon qui était venue à la cour, par l'ordre des ambassadeurs de l'empereur, qui en avait écrit lui-même de Boulogne au roi et madame Louise de Savoie, sa mère, le 23e jour de novembre 1529.

Néanmoins, Sa Majesté, quoique outrée de la désertion du connétable, qui avait été cause, en partie, de sa prise devant Pavie, écrivit au sieur de Morette, son ambassadeur vers l'empereur, ensuite des demandes que l'official de Besançon et le sieur de la Troillière lui avaient faites de sa part, que quant à l'abolition et révocation des cas commis par feu messire Charles de Bourbon, en ensuivant le traité de Cambrai, les lettres leur en seraient expédiées quand bon leur semblerait, selon qu'il leur avait octroyé, et quant à la jouissance des biens de ladite maison de Bourbon pour Louis, prince de La Roche-sur- Yon, neveu dudit Charles, qui disait être son héritier testamentaire, il en

avait remis la connaissance à son conseil, qui avait dit que des biens appartenant audit Charles de Bourbon et desquels il pouvait disposer, sans avoir aucun égard au crime par lui commis et perpétré, et là où le testament serait trouvé valable, il ne lui serait dénié ni refusé ; mais quant à la succession de Bourbon, madame sa mère, comme plus proche de feue madame Suzanne de Bourbon, y avait succédé et, par la générale coutume de France, en était saisie auparavant que ledit de Bourbon s'en allât, le procès étant pendant en son parlement et bien avancé, desquels biens il n'était fait aucune mention au traité de Cambrai, qui parle seulement des biens appartenant audit de Bourbon, qui est la succession de Montpensier, laquelle pareillement appartenait à ladite dame, sa mère, d'autant que par l'apanage baillé à ceux dudit Montpensier, il avait été dit que, à faute d'hoirs mâles en ladite maison, l'apanage retournerait à ladite maison de Bourbon et aux successeurs ; or, la ligne de Montpensier, étant tombée en femmes, était retournée à ladite dame et mère, descendue de ladite maison de Bourbon, seule et plus proche héritière, qui même avait le droit de madame Renée, duchesse de Lorraine, seconde sœur dudit connétable, mèmement qu'en pays coutumier, et qu'ainsi on ne savait quelle délivrance faire audit Louis, prince de La Roche-sur- Yon et, quant aux meubles qu'il offrait de les rendre et que les héritiers lui feraient grand plaisir de l'en décharger, s'ils voulaient payer les dettes, qui se montaient seulement à 8 ou 900.000 livres de rente, dont il avait déjà payé une partie, et pour faire voir à l'empereur qu'il allait rondement en besogne et qu'il voulait s'acquitter de ce qu'il lui avait promis par ledit traité.

L'empereur ayant témoigné à ses ambassadeurs son peu de satisfaction sur le peu de fruit qu'ils avaient fait pour la restitution de ladite succession de Bourbon et l'archiduchesse Marguerite, sa tante, appréhendant que la longueur que l'on mettrait à leur rendre justice ne causât quelque rupture de paix et d'amitié entre ces deux potentats, elle leur écrivit encore de procéder à quelque accommodement, par l'avis et conseil du sieur du Perrier, ambassadeur principal de sadite Majesté, lesquels travaillèrent si bien que, nonobstant toutes les difficultés proposées par le roi, à la fin, pour faciliter la délivrance de ses enfants, il consentit, par ses lettres patentes, données à

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Angoulème, le 17 mai 1530 '; que, par provision, la princesse de La Roche-sur-Yon et son fils jouiraient des duchés de Châtellerault, du comté de Forez et des terres et seigneuries de Beaujolais et de Dombes; mais six mois après, le roi remit en ses mains lesdits biens et révoqua, par ses lettres patentes du 7 août audit an, ce qu'il avait accordé par ces précédentes, ce qui obligea l'empereur de s'en plaindre et d'en écrire d'Augsbourg, le 7 octobre 1530 2, à l'archiduchesse, sa tante, et à ses ambassadeurs pour essayer d'y apporter quelque remède et encore au sieur de Noircarmes 5, du même lieu d'Augsbourg, le 2 1 4 novembre suivant, lequel il subroge, en la place de l'official de Besançon, avec instruction et lettres de créance au roi, à la reine, sa sœur, à Madame la régente et au grand maître de France, avec ordre de dire, à Mme la princesse de La Roche-sur-Yon, qu'il ne délaisserait chose quelconque qui pût servir et convenir à une bonne et briève fin auxdites affaires.

Mais la mort de l'archiduchesse étant survenue au même temps, savoir au mois de novembre de la même année 1530, et l'official de Besançon tombé malade, le peu de faveur que la princesse de La Roche-sur-Yon avait à la cour et le bas âge de son fils empêchèrent qu'elle ne reçût la satisfaction du roi, qui, d'ailleurs, tenait suspect tout ce qui venait de la part de l'empereur ; mais après la mort de la régente, mère du roi, avenue le 22 septembre 153 1, qui était son plus grand obstacle, elle se résolut d'entendre au mariage qui lui fut proposé par l'amiral Chabot, qui, pour lors, possédait entièrement les bonnes grâces du roi, du prince, son fils, avec Jacqueline de Longvic, sœur de la femme de l'amiral et fille de Jean de Longvic, seigneur de Givry, baron de Lagny et de Mirebeau, en Bourgogne, et de Jane d'Orléans, dame d'Angoulême, sœur naturelle du roi, sans autre avantage, néanmoins, que l'espérance que l'amiral lui donna de lui faire avoir raison de toutes les choses prétendues par elle et son fils, en la succession de la maison de Bourbon; car, parle traité qui en fut fait, l'an 1534, l'amiral se servant du temps et de sa faveur, il fut accordé que, moyennant la somme de 60.000 livres pour la dot de Jacqueline, et dont le roi en

1. G : 5e vol. du coffre 7, cote G, du trésor de Beaujolais, sur les 64, 3, 4, 5, 6 feuillets. — 2. T, B : d'en écrire d'Augsbourg, en 1530. — 3. L, T, B : Benoît Carmes. — 4. L, T, B, J : 11.

donna 50, elle renoncerait à son profit et de la dame amirale,sa femme, à tout le droit successif et autres biens à elle échus en la maison de Givry ; et qu'en cas qu'elle ou les siens s'en feraient relever, ou en commenceraient la poursuite, la princesse de La Roche-sur- Yon serait tenue de payer audit amiral 20.000 écus de peine, auparavant que poursuivre ladite restitution et de lui rendre à un seul remboursement la somme de 60.000 livres par lui promises pour la dot de sa bellesœur.

Cette alliance ayant rendu l'accès de la cour libre au jeune prince, il servit le roi dans ses armées et se trouva au camp d'Avignon, l'an 1536, étant pour lors âgé de vingt-trois ans, d'où ensuite il servit Sa Majesté en son voyage de Piémont, la môme année et partout ailleurs où la nécessité de ses affaires l'obligèrent de porter ses armes. Il fit pareillement le voyage de Picardie, en l'an 1537, où le roi était en personne quand il prit les villes et châteaux de Hesdin. Il fut l'un des princes qui se trouvèrent au parlement à l'arrêt qui fut donné, la même année, le roi séant en son lit de justice contre l'empereur, par lequel les comtés de Flandres, d'Artois et de Charollais furent déclarés commis et confisqués à la couronne, par félonie, ayant déjà eu l'honneur d'y accompagner le même roi, l'an 1527, après le traité de Madrid, lorsqu'il y fut pour demander avis s'il retournerait en Espagne.

L'an 1538, son mariage ayant été consommé au mois d'août, le roi lui céda et à la princesse, sa mère, pour toutes les choses par eux prétendues en la succession de Bourbon, les comtés, terres et seigneuries de Montpensier, Dauphiné d'Auvergne, de La Tour, de La Bussière, de La Roche-en-Regnier, ensemble le pouvoir de racheter ce qui avait été distrait, vendu et aliéné desdits comtés, terres et seigneuries, à Blois, au mois d'août, l'an 1538, vérifié en parlement, le 6 mars 1538, et au mois de février ensuivant, par lettres données à Fontainebleau, il décora Montpensier du titre de duché et pairie, avec union du Dauphiné d'Auvergne, baronnie de La Bussière et châtellenie d'École, pour être le tout tenu à une seule foi et hommage de la couronne de France, auquel duché il incorpora depuis le pays de Combraille, par lettres patentes données à Paris, au mois de février, l'an 1543.

Depuis le premier accès qu'il eut à la cour, il ne laissa jamais passer aucune occasion du service de ses rois, où il ne fit paraître son cou-

rage, et la même année qu'il fut marié, il accompagna le roi au voyage de Nice, où se devait faire l'entrevue de Sa Majesté et de l'empereur, par l'entremise du pape Paul III. L'an d'après, qui fut en 1539, il fit le voyage de Boulogne avec le roi, quand il ordonna de la fortification d'Ardres. Il accompagna encore, à Perpignan, le dauphin Henri II, l'an 1542,011 était aussi le prince de La Roche-sur- Yon, son frère ; ils furent encore tous deux au voyage de Champagne, lorsque les deux armées du roi et de l'empereur furent prêtes à combattre, l'an 1544, et son frère y fut fait prisonnier, dont lui fallut payer de grosse rançon, nonobstant que l'empereur lui fut redevable de plusieurs sommes notables qu'il devait au feu connétable, son oncle, tant à cause du traité fait avec lui, l'an 1518, pour les droits que le connétable prétendait du duché de Cesse, comté de Liche, seigneurie de Somme et autres terres au royaume de Naples, cédées à l'empereur, moyennant 100.000 livres, payables en dix ans, que pour un grand nombre de bagues et pierreries de grand prix engagées pour son service, tant au duc de Savoie, seigneurie de Gênes, que ailleurs, et, pour les appointements accordés au connétable par l'empereur, pendant qu'il était avec lui, dont il n'avait rien reçu, et comme après la paix conclue, ladite année 1^44, le duc de Montpensier et la duchesse, sa mère, comme héritiers du connétable, envoyèrent en Flandres, vers l'empereur, pour en demander le remboursement, suivant la promesse qu'il en avait faite au même duc, cinq ans auparavant, étant en France, et pour traiter de la délivrance du prince Charles, son frère, l'empereur, qui s'était montré si zélé à la poursuite de la restitution de la succession de Bourbon ne le fut point du tout en ce qui le touchait, et quoique le connétable eût perdu la vie et les biens pour son service, il crut que c'était assez satisfaire ses héritiers que de leur faire des promesses sans effet et fallut que le prince de La Roche-sur-Yon payât une somme notable pour sa délivrance, de même que fit le duc, son frère, quand il fut pris à la bataille de Saint-Quentin, comme je dirai ci-après en son lieu.

L'an 1547, il assista au couronnement du roi Henri II, en la ville de Reims, en qualité de l'un des pairs de France représentant le comte de Champagne, et sur la contestation arrivée pour les rangs, le roi, par ses lettres patentes données le jour auparavant, déclara que la préséance des ducs de Guise et de Nevers, représentant les ducs de Guyenne et comte

de Flandres, ne lui pourrait nuire nipréjudicier, soit en semblables actes que tous autres d'honneurs et prééminences où l'on devrait avoir respect et égard a la dignité du sang royal dont il était issu, conformément a l'arrêt de la cour donné entre le même duc de Montpensier et sa mère, et Marie d'Albret, duchesse de Nevers, et François de Clèves, son fils, l'an 1541, sur la distribution des roses.

L'an 1548, M. le duc de Montpensier fut au siège de Boulogne et, après la paix faite avec les Anglais, il assista à l'entrée solennelle que le même roi fit dans sa ville de Paris et à celle de la reine.

L'an 1552, il fit le voyage d'Allemagne avec le roi Henri II, et, l'an 1554, il suivit encore Sa Majesté à Mariembourg, Bouviney, Mariemont et Renty, et l'an 1557, ^e ro'1 d'Espagne ayant mis le siège devant la ville de Saint-Quentin, au mois d'août il fut à 1'avitaillement I de cette ville et vit le désastre de la bataille de Saint-Laurent où, combattant avec sa compagnie et celle du prince, son frère, il eut un cheval tué sous lui, dont, étant abattu, il fut fait prisonnier des ennemis, entre les mains desquels il demeura onze mois, jusqu'à ce qu'il eût payé 70.000 écus, tant pour sa rançon que pour les frais de sa détention.

Après son retour de sa prison de Flandres et la mort du roi Henri II, il se trouva au couronnement de son fils François II, le 7 septembre 1559, et, au commencement de ce règne, il se vit presque exclu delà succession de son oncle, vu que le roi donna, par ses lettres patentes du mois de janvier 1559, a la reine, sa mère, les terres et seigneuries de Forez, de Beaujolais et de Dombes 2 ; mais la nouvelle religion ayant divisé l'état et excité plusieurs troubles dans le royaume et particulièrement dans l'Anjou, Touraine et le Maine, le roi, pour éteindre ce feu, le pourvut du gouvernement de ces provinces, en y ajoutant celles de Blois, le Perche, le pays Chartrain, Vendomois et Loudunois, pour remédier aux séditions qui s'y tramaient et y alla si à propos en la ville d'Angers, au mois d'octobre 1560, qu'il en empêcha la révolte; cette ville étant déjà pleine de factieux et étrangers, desquels il fit exécuter plusieurs, en ramena plusieurs autres à leur devoir et fit raser quelques châteaux autour de la ville, et conserva cette province au roi et à l'Etat.

1. L, T, B sous une rature : au ravitaillement. — 2. G : vol. VI des enregistrements du coffre G, fol. 239.

Tous ces beaux exploits et la bonté et affection que leurs majestés virent paraître en notre duc à leur service les obligèrent de terminer pour une bonne fois les différends que ce prince pouvait prétendre de la succession du feu connétable, son oncle, par une transaction qui fut faite à Orléans, le mercredi 27 novembre 1560, entre le roi François II et Mme la duchesse de Montpensier *, procuratrice de monsieur son mari, par acte passé à Paris le 11 d'octobre de ladite année, laquelle porte que, comme Louis de Bourbon, duc de Montpensier, eut, au mois de juin 1549, présenté sa très humble requête au feu roi Henri, dernier décédé, à ce qu'il lui plut entendre les grands droits qu'il avait es biens et succession de Bourbon et Montpensier et feue madame Anne de France, et sur iceux lui faire droit et raison, laquelle requête le roi avait envoyée par devers son procureur général pour lui donner avis, mais que les guerres survenues en avaient empêché l'effet, et ensuite la mort dudit roi Henri, et que, depuis la paix faite, ledit duc de Montpensier en aurait présenté une autre pareille au roi François II, lequel, inclinant libéralement et équitablement à ladite requête par ses lettres patentes, données à Blois, le 11e jour de novembre 1559, aurait renvoyé à quatre des présidents de sa cour de parlement de Paris ou à trois ou deux d'iceux pour, appelés cinq ou six conseillers d'icelle cour, et son procureur général, examiner les fins d'icelle et y prononcer ce qu'ils verraient nécessaire, ce qu'ils auraient fait et exclu ledit duc de sa demande et prétendus droits, à cause d'une transaction flûte l'an 1538, vérifiée en la cour de parlement de Paris, nonobstant quoi le roi, par l'avis des sieurs de son conseil privé, aurait, par autres lettres patentes du 5 mars, que l'on comptait 1559 2, renvoyé le tout auxdits commissaires, leur mandant outre faire procéder ledit procureur général es fin de non recevoir que subordinement sur le principal de la matière, etc., et tant procédèrent lesdits commissaires, pendant deux mois qu'ils baillèrent leur écrit, le 9 septembre, par lequel ils auraient dit et déclaré leur avis être, sous le bon plaisir du roi, que les duchés de Bourbonnais et d'Auvergne, comté de Montpensier, Clermont, la haute et basse Marche et Gien, leurs appartenances et dépendances étaient vrai domaine de la couronne, retourné et réuni à ladite cou-

1. G : vol. VII des enregistrements du coffre G du trésor de Beaujolais. — 2. L, T : 1539.

ronne par la mort de Charles de Bourbon sans hoirs mâles de son corps, et quant aux autres terres et biens desquels ledit Charles de Bourbon jouissait, lors de son département de ce royaume, ils étaient d'avis, attendu qu'il y avait procès indécis en la cour du parlement de Paris, que cependant, sans s'arrêter aux fins de non recevoir proposées par ledit procureur général, la provision faite à dame Louise de Bourbon et au duc, son fils, par lettres patentes dudit feu seigneur roi François, données à Angoulême, le 5 mai 1530, ratifiées ledit jour par feue dame Louise de Savoie, mère dudit feu roi, et vérifiées en la cour, consentant le procureur général du roi, le 21 dudit mois, devait, sous le bon plaisir du roi, sortir son effet, et en ce faisant que ledit seigneur duc demandeur devait être mis en possession et jouissance des duchés de Châtellerault, comté de Forez, terres et seigneuries de Beaujolais et Bombes, pour en jouir par provision en délaissant par eux tout ce qui leur avait été baillé par le feu roi François, par ses lettres patentes, données à Blois, au mois d'août 1538. Lequel avis l'un desdits sieurs présidents et ledit rapporteur avaient porté au roi, par son exprès commandement, à Saint-Germain-en-Laye, le 18 dudit mois, et icelui présenté à sa propre personne, lequel, en la présence d'aucuns princes de son sang, sieurs de son conseil, aurait voulu entendre par eux la déduction des mérites et moyens du procès et les raisons de leurs avis, et, après plusieurs mûres délibérations sur ce prises avec eux, se serait condescendu à transiger et composer en la sorte et manière, et aux conditions et charges ci-après déclarées, et spécialement l comme s'ensuit : à savoir que, par-devant Gilles Mesnagier et François Stuart, notaires royaux, au Châtelet d'Orléans, ledit sieur roi François II, en la présence et assistance des reines, sa mère et sa femme, des cardinaux de Lorraine et de Tournon, du maréchal de Brissac, du chancelier de l'Hospital, de Gilles Bourdin, procureur de Sa Majesté en sa cour de parlement de Paris et autres, étant cntour la personne dudit sieur roi d'une part, et très illustre princesse Jacquette de Longvic, duchesse de Montpensier, au nom et comme procuratrice de messire Louis de Bourbon, duc de Montpensier, son mari, etc., lesquelles parties et chacune d'icelles ont reconnu et confessé, reconnaissent et confessent

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