J : lorsque. — 2. L, T: y mit des autres
possédaient rien au delà de la Saône que Miribel, qui comprenait Sathonay et une partie du pays appelé aujourd'hui Dombes, ce qui donna moyen d'étendre cette terre et, par acquisitions, guerres ou autrement, d'en composer, avec le temps, ce petit état qu'ils appelaient la terre de Beaujeu à la part de l'Empire, ce qu'on nomme aujourd'hui Dombes.
V. — Néanmoins, sans donner un démenti à ces deux illustres auteurs, je dirai avoir trouvé, parmi les archives du chapitre de Beaujeu, que Robert l'Enchaisné, voulant faire le voyage de Jérusalem, pria Guichard II, mari de Lucienne de Monthléry, seigneur de Beaujeu, de vouloir aller chez lui, à Montmerle et, pour le grand amour qu'il lui portait et les secours qu'il avait reçus de lui, il lui donnait en alleux son château et châtellenie de Montmerle, et tout ce qu'il y possédait, en présence d'Etienne de Franchelins, en Dombes, et autres témoins ; Eustache, comte de Forez, lui donna en fief le bourg de Saint-Trivier ; Arthaud le Blanc, vicomte de Mâcon, lui donna la moitié du château de Riotier, et la moitié de la châtellenie d'icelui et de tous les châteaux qui en dépendent, et, quoique les actes soient sans date, la concurrence des personnes qui vivaient en même temps fait bien conjecturer que ce ne pouvait être d'autre que lui qui était grandement considéré pour avoir épousé la parente et la fiancée du roi Louis le Gros. Ensuite, Humbert V, seigneur de Beaujeu, par le mariage de Marguerite de Baugé, acquit le château de Miribel, l'an 12 18, et transigea, l'an 1236, avec l'abbé de Saint-Rambert, touchant le bourg de Saint-Christophe et les droits qui en dépendaient, et il y a lettres au trésor de Villefranche comme Isabelle, comtesse de Forez et dame de Beaujeu, fit donation, au mois d'octobre 127 1, à messieurs Giraud de Longue, chevalier, de la prévôté du bourg de Saint-Christophe et de Meximieux pour la tenir d'elle et de ses prédécesseurs i à foi et hommage 2; cette terre de Meximieux avait été acquise un an auparavant, par Louis de Forez, seigneur de Beaujeu et de Dombes, par l'association que l'archevêque de Lyon, à qui ce bourg appartenait, en fit avec lui, pour la moitié de laquelle il devait faire hommage aux
1. J : successeurs. — 2. G : sac coté; C : du premier coffre.
archevêques de Lyon, ce qui fut rendu par Guichard le Grand, fils de ce même Louis et de Léonore de Savoie, l'an 1307, ensemble ' de la moitié de Chalamont, à Louis de Villars, aussi archevêque, et depuis, par traité du mardi après la Conception de Notre-Dame, 1308, Pierre de Savoie, successeur audit archevêché et oncle maternel dudit Guichard le Grand, remit à sondit neveu cette moitié qu'il avait en ladite seigneurie, avec toute la justice haute, moyenne et basse, en échange de quelques broteaux et îles que ledit seigneur de Beaujeu avait auprès de Lyon, sur les rivières du Rhône et de la Saône, aussi en toute justice, et, parce que l'archevêque remettait plus par cet échange au seigneur de Beaujeu qu'il ne recevait, il fut dit que, pour supplément du prix, Guichard de Beaujeu ferait l'hommage audit archevêque de Lyon et à ses successeurs de toute ladite seigneurie de Meximieux, du château de Chalamont et du donjon de Montmerle, en Dombes.
VI. — Ensuite les mêmes seigneurs de Beaujeu lurent curieux pour agrandir cet état d'y faire bâtir des villes et châteaux, et entre autres le même Guichard, fils de Louis, fit bâtir le château, ville et chatellenie de Thoissey, comme appert des privilèges qu'il donna en ladite ville, l'an 13 10, où il se qualifie Guichardus dominus Bellijoci, fundator vilLv Toissiaci; il fit bâtir encore le bourg de Saint-Christophe, qu'il déclara, par ses lettres de samedi après la Saint-Barthélémy, au mois d'août 13 19, franc et libre, accordant de grandes franchises et immunités à tous ceux qui y viendraient habiter, avec exemption de tous péages et leides dans la terre et baronnie de Beaujeu; le même acquit encore, l'an 1324, la poype de Frans et prés contigus d'Etienne de Gléteins, chevalier, pour la somme de six cents livres viennoises, et encore la terre de Jonchire 2, sise audit lieu, avec les moulins, vignes, terres contiguës à ladite poype de Frans. Edouard Ier, son fils, acquit d'Etienne de Laye, seigneur de Saint-Lagier et de Cercié, l'an 1339, la terre de Hérons, sise en la paroisse d'Agnereins, d'où s'est formée la châtellenie de Villeneuve, en échange de la justice dudit Saint- Lagier et de Cercié ; en dernier lieu, Louis Ier de Bourbon, donataire du Beaujolais, acheta, l'an 1402, d'Humbert, seigneur de Thoire et