SUPÉRIEURE OU NON
SOMMAIRE. — I. Tous les princes usurpateurs du royaume de Bourgogne étaient indépendants les uns des autres. — 77. C'est F opinion de plusieurs auteurs. — III. Les seigneurs de Baugé et de Bresse ne prétendaient rien l sur ceux de Beaujeu. — IV. Guy de Baugé recherche F alliance du seigneur de Beaujeu. — V. Amé V, comte de Savoie, devenu seigneur de Baugé et de Bresse, ne demande rien au seigneur de Beaujeu. — VI. Ni Edouard, son fils, au secours duquel le seigneur de Beaujeu vient à propos au siège de Varey, où il est pris prisonnier, et paye de ses pldces au dauphin. — VII. Le comte de Savoie le récompense mal en lui restituant d'autres places sous la prestation de F hommage. — VIII. A quoi les seigneurs de Beaujeu n avaient jamais été sujets, ce qui fut depuis bien disputé et débattu.
I. — Tous ces princes et seigneurs usurpateurs des provinces du royaume de Bourgogne, ayant unanimement failli, tachèrent à s'établir et à se maintenir dans leur usurpation avec indépendance des uns aux 2 autres. Us étaient tous égaux en puissance et personne n'avait rien à démêler avec son compagnon, et l'un n'avait aucune supériorité ni juridiction sur l'autre, et quiconque l'aurait voulu prétendre, on lui aurait mis au nez le reproche qui est fait à Moïse au second chapitre "de F Exode : « quis constituit te principem et judicem 3 super nos ? » à cause que, comme j'ai dit, ils étaient plusieurs dans une même province en pareille dignité et en pareille faute, ce qui fut en quelque façon toléré et ensuite avoué par les empereurs, qui ayant trop à faire au dedans de l'Allemagne furent contraints de les laisser en paix, aimant mieux les avoir pour vassaux que de les assaillir et les avoir tout cà coup et
i. L, T, B, J : alors. — 2. L, T : des. — 3. L, T, B : ducem.
tous ensemble sur les bras dont la victoire ne pouvait être qu'incertaine et périlleuse.
II. — L'historien de l'Ile-Barbe tient cette opinion en ses Masures de ladite île, disant que les archevêques de Lyon, les sires de Villars, les sires de Baugé et de Bresse, les princes de Dombes, les comtes de Savoie, les dauphins de Viennois, les comtes de Provence et autres devinrent souverains ou quoique ce soit indépendants, ne reconnaissant l'empire que par bénéfice d'inventaire, c'est ensuite du sentiment du sieur Guichenon en son Histoire de Bresse, fol. 39, disant qu'autrefois il y avait en Bresse plusieurs roitelets et grands seigneurs qui s'étaient partagé entre eux toute cette province par lambeaux et qui, éloignés des empereurs sous la domination desquels était alors la Bresse, y seigneuriaient absolument et la plupart comme en souveraineté, tels étaient les sires de Baugé, seigneurs de Bresse, qui véritablement étaient souverains, les sires de Coligny qui tenaient souverainement le Revermont, les sires de Villars, les seigneurs de Montluel, seigneurs de La Valbonne, les sires de Beau jeu, depuis seigneurs l de Dombes, qu'il dit n'avoir rien eu en Bresse avant l'an 12 18, ni en ce qu'on appelle à présent Dombes, mais j'ai fait voir le contraire cidessus. De toutes lesquelles seigneuries séparées et détachées, les princes de Savoie, par divers moyens, ont composé un seul corps, tel qu'on le voit aujourd'hui, hormis de la Dombes qu'ils ont bien tâché de joindre à cet état-là, mais elle était alors en trop bonnes mains lorsque les comtes de Savoie commencèrent à s'agrandir par l'acquisition de la Bresse que Sybille, dame de Baugé et de Bresse, porta en mariage à Amé V, dit le Grand, comte de Savoie, l'an 1272.
III. — Auparavant lequel temps, les sires de Baugé n'avaient jamais rien demandé ni prétendu sur les seigneurs de Beaujeu de ce qu'ils tenaient en Bresse et en Dombes, ni pareillement sur les sires de Villars qui leur étaient égaux en puissance et en force. Bien loin de là, il appert, par deux lettres que Rainald III, seigneur de Bauge et de Bresse, écrivit au roi Louis le Jeune, de qui il était cousin issu de germain ; comme le comte de Màcon, et Imbert, sire de Beaujeu, lui