‹ Histoire du Beaujolais (volume 2)Chapitre 82 sur 171 · L, T, B -.pctciis Alpes · texte numérisé non relu

L, T, B -.pctciis Alpes

Premièrement, Guillaume, surnommé l'Allemand, comte de Mâcon, contemporain de notre Guichard, pour les grands services qu'il lui avait fait et pour se délivrer de cinq cents sols qu'il tenait de lui en fief, payables annuellement à la fête de Saint-Martin d'hiver, lui donna et transmit la terre de Cenves avec toutes ses appartenances, en présence des témoins qui se trouveront nommés dans l'acte et, après la mort dudit comte Guillaume, Renaud, à qui cette comté était échue par droit d'héritage, confirma la même cession à notre Guichard et encore après que le comte Renaud eut remis cette comté à son frère Guillaume, le même Guillaume fit la même chose envers notre Guichard.

Eustache, comte de Forez, lui donna en fief le bourg de Saint-Trivier, et lorsque Guichard en voulut faire hommage à Guignes d'Albon, successeur d'Eustache en la comté de Forez, le même comte lui donna de surplus tout ce qu'il avait au château de Perreux qu'il avait donné auparavant à Humbert, frère dudit Guichard, et de plus lui donna en augment tout ce que les comtes de Forez possédaient au château du mont Chamelet et dans toute la châtellenie dudit château. Guillaume, comte de Chalon, donna en fief, audit Guichard, le château de La Bussière, avec tout soncasement et appartenances; Artaud le Blanc, vicomte de Mâcon 1 lui donna la moitié du château de Riotiers, et la moitié de toute la châtellenie d'icelui et de tous les chazaux en dépendant, et même ils firent un contrat entre eux, que si l'un des deux voulait vendre ou mettre en compromis sa moitié il était tenu d'avertir l'autre pour voir s'il voudrait le retenir sous titre d'achept ou engagement, que si, après l'avertissement, il ne voulait faire ni l'un ni l'autre, il fut en pouvoir de ce faire quand il aurait le moyen, ils convinrent encore que tout ce que l'un des deux acquerrait d'augment en ladite châtellenie, l'autre en aurait la moitié en payant la moitié de l'argent donné.

Après la mort de Aimon 2 de Lay, Robert Ru il, qui avait épousé sa fille, traita avec notre Guichard de Beaujeu et pacifia tous les différends qu'ils avaient eus ensemble, au moyen que le seigneur de Beaujeu aurait la troisième partie de tout ce qui appartenait au château de

1. L, T, B : Chalon. — 2. L, T, B, Y : Raymond ; ] : Antoine. Hist. du Beaujolais II. [ î

Lay et au bourg joignant ledit château, comme aussi au péage, marché et en toute la justice dudit château, et, par ce moyen, ledit Robert Ruil devint homme lige dudit seigneur de Beaujeu qui lui bailla en fief la garde de deux mois audit château de Lay et tout le reste de son fief.

Arnould Rabies, fils de Constance, donna en alleu, audit Guichard. le château qu'on appelle Urfé, et ledit Guichard le lui remit en fief, dont ledit Arnould lui en fit hommage et fidélité.

Paltonar ' et Guerrier, frères, donnèrent audit Guichard tout ce qu'ils avaient en la grange des Ouches et tout ce qu'ils avaient à Villiers, et le même seigneur les leur remit en fief, dont ils lui firent hommage et fidélité avec promesse, sous serment, de les lui rendre toutes les fois qu'il les leur demanderait, soit par lui, soit par son messager, lorsqu'il voudrait y entrer avec son armée.

Hugues Bouchard et Guillaume Bouchard, frères, ayant partagé par égale portion tout ce qu'ils avaient entre eux à Perreux, Guillaume reçut sa part en fief de notre prince Guichard et lui jura fidélité, et la part que le comte de Forez avait audit Perreux et laquelle il avait donnée au susdit seigneur de Beaujeu, le même seigneur de Beaujeu la donna aussi en fief au susdit Hugues Bouchard.

Roland le Chauve donna au susdit seigneur de Beaujeu en alleu tout ce qu'il avait au château de Camosset et toute la terre que ledit Roland possédait au delà de la Loire, laquelle terre et château le même Guichard remit en fief audit Roland qui lui en fit hommage et jura fidélité.

Guillaume le Gras donna en alleu, à notre Guichard, la moitié du château de Néronde et la moitié de la châtellenie dudit lieu, et, pour l'investiture, il lui donna encore le fief de Milon de Rudiniac et les fiefs des Bruns, et le même Guichard remit en fief, audit Guillaume le Gras, lesdites moitiés, tant dudit château que de ladite châtellenie, et le reçut pour son homme lige et lui jura fidélité avec promesse que, quand ledit seigneur de Beaujeu voudrait aller deux ou trois fois l'an, avec deux ou trois cents chevaliers, audit château et en ladite châtellenie, que ledit château lui serait ouvert et qu'il serait pourvu à ses gens de vivres par ladite châtellenie.

i. L, T, V : Pattonar.

Archimbauld le Blanc, frère d'Artaud, donna en alleu, au seigneur Guichard de Beaujeu, le petit château appelé Cavages, avec ses appendances et appartenances, et Montagny et tout ce qu'il possédait dans les limites, depuis la vallée de Marzé et La Dune jusqu'à LaBussière, et depuis Marsily jusqu'à Sainte-Marie-de-la-Forêt, après quoi ledit Guichard lui remit le tout en fief, à telle condition que, s'il y venait à décéder sans légitime héritier de son corps, le seigneur de Beaujeu y succéderait en tout, et, dès lors, Archimbaud devint homme dudit seigneur de Beaujeu et lui jura fidélité; cela fut fait à Proprières, en présence des témoins signés en l'acte.

Robert l'Enchaîné, désirant faire le voyage de Jérusalem, pria le seigneur de Beaujeu de venir chez soi, dans sa maison à Montmerle et, pour le grand amour qu'il lui portait et pour plusieurs bienfaits qu'il avait reçus de lui, il lui donna en alleu le château de Montmerle et sa châtellenie, et tout ce qu'il avait audit château et châtellenie et encore tout ce qu'il avait à Châtillon, tant au château qu'en la châtellenie et tout ce qu'il possédait en alleu en autres lieux, avec le consentement de sa femme, mère de Guillaume l'Enchaîné, et de ses frères, Bertrand et Bérard, laquelle voulait accompagner son mari audit voyage, et alors tout ce que ledit seigneur Guichard avait reçu en alleu dudit Robert, il le donna en fief à ses enfants, Guillaume, Bertrand et Bérard, encore jeunes enfants, qui devinrent dès lors hommes liges dudit prince Guichard, et ledit Robert, leur père, demeura homme dudit seigneur, pour un ancien fief qu'il avait reçu de lui et de ses prédécesseurs. Toutes ces choses se passèrent à Montmerle, en la maison dudit Robert, le jour et fête des saints martyrs Fabien et Sébastien, et, le lendemain, Robert, sa femme et leurs enfants, Guillaume et Bertrand, se mirent en chemin pour aller en Jérusalem; les témoins qui assistèrent à ces contrats et donation furent, de la part du seigneur de Beaujeu, Etienne de Marchampt, Durant des Etoux, Etienne de Franchelins, Pons de Monbon ; et, de la part de Robert, Hugues de Guarvenerie l et Haimon, son fils, Hugues de Miserieu, et Guichard de Miserieu et Artaud, son frère.

Artaud de la Forêt donna, au susdit Guichard, seigneur de Beaujeu,

i. L, T : Garvenerie; J : Guard de Venene.

en alleu Frotges et tout ce qu'il possédait entre deux eaux qui sont là, et la forêt et tout ce qui était depuis la forêt en bas, et le même Guichard lui remit le tout en fief, à condition que ledit Artaud lui ouvrirait et remettrait Frotges toutes les fois qu'il voudrait y entrer avec son armée. Cela fut fait à Beaujeu, en la maison de Girard de Corcelles, présents : le neveu dudit Artaud, Hugues de la Bussières, Simond de Germoules, Etienne de Marchampt, de la part du seigneur de Beaujeu.

Durand appelé , par sobriquet, Chair salée, donna en alleu, audit seigneur de Beaujeu, tout ce qu'il avait en la grange de Saint-Priest, que le même seigneur lui remit en fief dont il lui en jura fidélité.

Le seigneur Pierre, archevêque de Lyon, donna audit Guichard et à Umbert, son fils, 50 sous annuels au deçà du Mont-d'Or pour le fief de Guichard Grape, pour éteindre un différend qui était entre eux pour ledit fief.

Voilà ce que j'ai pu rencontrer des acquisitions de notre Guichard et il est fort à croire que ce seigneur étant bien venu du roi de qui il avait épousé la parente et la fiancée, beaucoup de seigneurs et gentilshommes, qui étaient muguetés de se donner et reconnaître les grands seigneurs dans les terres et étendues desquels ils étaient, furent bien aises de se mettre ainsi sous sa protection en se donnant ainsi à lui et lui jurant fidélité.

VIII. — Severt a donné à ce prince quatre enfants : i° Humbert, son successeur; 20 Martin, duquel on lit au livre des obits : obiit V kal. martii Guibors, uxor Martini deBellijoco; 3 ° Baudouin, mentionné audit obituaire en ces mots : S° kal. Augusti obiit Bauduinus, puer, fdius Guichardi domini Bellijoci ; 40 Gontier, au même livre : XIII kal septembris obiit Gonterius de Bellijoco, confrater noster, canonicus et benefactor hujus ecclesie; c'est de lui, dit-on, qu'a pris son nom la montagne de Gonty, au-dessus de Beaujeu.

IX. — Auparavant que de finir ce chapitre, il est à propos de parler ici d'une descendance de quelques seigneurs qualifiés du nom de Beaujeu, mentionnés dans l'obituaire du chapitre et rapportés par Severt, lequel donnant à Humbert Ier, deux femmes, Auxilie et Helmeest, a fait cette dernière mère de Létard et de Vuicard Ier. Mais, comme j'ai fait voir la nullité de ces deux femmes et qu'on ne peut

guère bien assurer de qui sont ces deux enfants, je rapporterai ici ce qu'en dit le môme Severt, que Létard fut tué et son frère Etienne, fils d'Auxilie, fut fort blessé ; je ne puis deviner en quelle guerre ni en quelle année. J'ai bien fait voir en l'acte de la fondation un Etienne; mais si Liotard et Vuicard sont ces deux frères, il faut que ce fût d'Helmeest seule et unique femme d'Humbert Ier et partant, puisqu'il est écrit, au cartulaire des obits, ch. XVIII, l'an 1090 : cum Letardus mortuus fuisset et Stephanus graviter vulneratus, il faut de nécessité que ces deux seigneurs, s'ils étaient frères, ils l'étaient aussi de notre Guichard, attendu la conformité des temps qui se rencontre entre eux, et fils d'Humbert II plutôt que d'Humbert Ier. Car le livre des obits ne conclut rien plus pour l'un que pour l'autre, disant XV kal. septembris, obiit Vuichardus Bellijocensi s, filins domini Humberti. Severt fait encore une difficulté qui n'est pas moins absurde, disant que Léotard a été tué, le 13 des calendes de mars, et, puis après, il dit que c'est peut-être le même que celui de même nom qui était chanoine séculier de Beaujeu et chanoine régulier de Saint-Irénée de Lyon, qui mourut, le 8 des nones d'avril, selon le livre huitième des obits : VIII nonas aprilis obiit Letardus, canonicus Bellijoci et Sancti Yrenœi. Quant à Vuicard Ier, frère de Léotard, Severt lui donne Vuicard II de Beaujeu, chevalier, qui fut fort affectionné au service de son oncle Vualtier, évêque de Mâcon, et lequel épousa Ricoaire, d'une nation l inconnue, de laquelle il eut deux fils : Vuicard III, bienfaiteur de l'église de Maçon, sans enfants, et Hugues de Beaujeu, abbé de Saint-Just ; seulement, il marque ce qui est écrit au livre des obits : Pridie idus junii obiit Hugo Bellijocensis, Lugdunensis ecclesix et istius ecclesix canonicus, et dans le livre des obits de Mâcon, à pareil jour : P ridie idus junii obiit Hugo Bellijocensis Lugdunensis et huj us ecclesix canonicus ac B.Justi abbas, qui est la première dignité de l'église de Lyon, unie depuis à la manse archiépiscopale, et, poursuit aussi l'obituaire de Mâcon : excellcntissimus vir magnx prudentix et utilitatis in Christo ; on peut recourir aux preuves pour justifier toutes les acquisitions ci-dessus.

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