‹ Histoire du Beaujolais (volume 2)Chapitre 84 sur 171 · T. : Toma — 2. G : ch. VIII, 1. II · texte numérisé non relu

T. : Toma — 2. G : ch. VIII, 1. II

je ne m'amuserai pas ici à des redites inutiles pour dire ce que Severt a rapporté dans sa chronologie des archevêques de Lyon sous Héraclius, 83e archevêque, que l'an 1153, à cause de la trop grande malice et insolence des routiers qui exerçaient leur rage sur les possessions de l'abbaye de Cluny, à la prière de Pierre le Vénérable, abbé de ladite abbaye, Oddon, cardinal et légat du Saint-Siège, Héracle, archevêque de Lyon, avec ses suffragants les évèques d'Autun, Mâcon et Chalon, Guillaume, comte de Bourgogne, Guillaume, comte de Chalon, Humbert de Beaujeu, Jocerand Gros, Hugues de Berziac, Hugues de Sealciac, et autres notables, seigneurs et gentilshommes de Bourgogne, qui n'étaient pas en petit nombre, vinrent à Mâcon, en l'église de Saint-Vincent, pour traiter des affaires de Cluny et d'y établir une bonne et forte paix, et de courir sus à ces bandoliers qui se retiraient dans l'enceinte des rivières de Loire, Rhône et Saône, évêché d'Autun et château de Camon, au delà de Chalon, à quoi ils travaillèrent pendant trois jours. On peut recourir aux preuves, pour voir l'acte qui a été tiré de Severt et qu'il dit avoir extrait de l'abbaye de Cluny.

Cet acte fait bien voir qu'il était contemporain de Guillaume, comte de Chalon, qui avait épousé sa sœur, et duquel Humbert avait réciproquement épousé sa nièce; ce qui fait encore mieux voir cette alliance, est qu'il porta ses armes au secours de Girard, comte de Mâcon, fils dudit Guillaume, contre Rainald III, seigneur de Baugé et de Bresse, comme me l'apprend Guichenon en sa première partie de Y Histoire de Bresse, ch. XXXV, disant que Rainald III, seigneur de Baugé, eut guerre avec Gérard, comte de Mâcon, Etienne, son frère, et Humbert de Beaujeu, lesquels vinrent à main armée en Bresse et désolèrent toute la terre de Baugé et de Bresse par le feu et le fer. Le succès de cette guerre fut si malheureux pour ledit Rainald que son fils Ulrich y fut pris prisonnier, de sorte que, se voyant attaqué par de si puissants ennemis et menacé encore par Guichard, archevêque de Lyon, qui était de la partie avec le comte de Mâcon et le seigneur de Beaujeu, il eut recours au roi Louis le Jeune, auquel il écrivit une lettre, par laquelle il lui raconte son désastre, le prie de le secourir et de lui faire rendre son fils, offrant, au cas que Sa Majesté voulût venir jusques à Autun ou à Vézelay, de lui aller au rencontre et de lui payer ses dépenses; mais quoique le roi eût écrit au seigneur de Beaujeu pour la

délivrance d'Ulrich de Baugé, son entremise pour lors ne servit de rien et je ne sais pas quelle issue eut depuis cette guerre.

De son temps, et dans la chapelle de Belleville, Etienne de Varennes fit don entier de tout ce qu'il possédait au delà de la Saône à Bérard de Verney, en présence dudit prince qui promit de faire valoir ladite donation.

Je ne m'amuserai pas à rapporter ici ce que dit de lui Philibert Pingon, qu'il épousa Alix de Savoie, puisque j'ai fait voir, par les actes ci-dessus, qu'il prit femme dans la maison de Chalon ; je ne crois pas non plus à Guichenon qui lui donne pour femme Vandelmode, d'autant que cela est si éloigné de l'apparence de vérité que cela fait regretter ceux qui le lisent ; je ne suivrai non plus Severt qui lui fait succéder Guichard, marié à une certaine comtesse, mais je m'attacherai à l'acte de la fondation de Belleville, qui dit qu'on lui apporta le corps mort de son fils Guichard, qu'il fit ensevelir dans ladite abbaye, et qu'il fit jurer à Humbert, son fils, de garder inviolablement tout ce qu'il avait ordonné par l'acte de ladite fondation, ce qu'il promit par l'attouchement des saints Évangiles, ce qui arriva l'an 1176, et partant je lui ferai succéder ledit Humbert IV en ordre.

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