L, T, B, J, V : plusieurs exactions et pilleries
mage et il n'aurait pas fondé une abbaye de Belleville pour en détruire d'autres, et partant il faut que ce soit son fils contre qui Philippe- Auguste ait armé, contre le sentiment de Severt qui confond le père avec le fils, disant que Humbert, fondateur de Belleville, mourut l'an 1192. En quel temps aurait donc seigneurie Humbert IV, son fils, puisque Guichard III se trouve seigneur de Beau jeu en 1200!
Arnaud l de la Porte et son frère donnèrent en alleu audit Humbert de Beaujeu tout ce qu'ils avaient à Parigny et le reçurent de lui depuis en fief, et lui en firent hommage et fidélité; autant en firent Etienne Gemme, Pierre Gemme et Bernard Gemme, frères, de ce qu'ils possédaient à Balieorum 2, Baleurre, et le reçurent depuis de lui en fief, dont ils lui firent hommage et fidélité.
Archimbaud Le Blanc, frère d'Artaud, voulant faire le voyage de Jérusalem, donna et céda audit Humbert de Beaujeu tout ce qu'il avait et possédait du côté de la Loire, dans la plaine, dans les montagnes, en bois, eaux, fiefs, en serviteurs et servantes. Au cas que ledit Archimbaud mourût sans hoirs, et parce qu'il est nécessaire audit Archimbaud de beaucoup de choses pour faire un tel et si long voyage, ledit Humbert lui prêta, sous titre de gage sur la terre de Chavagny, cinq mille sous et cent sous de la monnaie de Cluny, et cinq cents sous forts, monnaie de Lyon ; outre plus, ledit Humbert de Beaujeu donna audit Archimbaud six cents sous forts, monnaie de Lyon, et trois marcs d'argent. Or, il faut noter qu'il n'était loisible à personne de racheter ces choses engagées ni même les choses engagées auparavant par ledit Archimbaud, hors de lui-même et sans le consentement dudit seigneur Humbert de Beaujeu, qui racheta, d'Artaud Morel mille sous et quatre cents moins dix de la monnaie de Cluny, pour le mas d'Arfeuil, que ledit Archimbaud lui avait engagé.
Guillaume de Marchanpt vendit et céda audit Humbert de Beaujeu, pour quarante livres, tout ce qu'il avait et possédait à Pomiers, dont ils étaient en procès; ce qui fut fait dans l'église de Béligny, la seconde fête de Pâques, présents les témoins dénommés en l'acte; le même Humbert paya cent cinquante sous engagés aux hôtes d'Aigueperse et encore trente sous à Hugues de Charin-Zolgs, sur une possession qu'il
1. J : Artaud. — 2. L : Balleorrum ; T, V : Balieorum; B : Baleorrum; J : Bal- Iicorum.
avait en la châtellenie de Chavagny, et il acquit encore le droit que Roland et Girin Obscure avaient au château de Doncieu, lequel il leur rendit en fief et eux lui en rirent hommage et jurèrent fidélité es présence de Dalmace de Vernet, Arnould de Felgéres et Umfroy de Marchampt.
Etienne de Villars donna audit Humbert le château de Monteil qu'il reprit de lui en fief et lui en fit hommage.
La dame d'Ally donna audit Humbert le château d'Ally, avec consentement de ses héritiers, qui le reçurent au même temps en fief dudit seigneur et lui en firent hommage.
Ledit seigneur Humbert racheta le mas d'Arfeuil d'Artaud Morel, à qui il était engagé pour deux mille et cent sous, et ce du consentement d'Archimbaud Le Blanc, et encore de la volonté du vicomte Artaud. Il racheta, de Hugues de Marchampt, tout ce qui était engagé à la Chaana, pour mille sous et une cuirasse, et encore il y mit sept cents sous de surplus par droit d'engagement, et ledit Artaud, vicomte, de son propre mouvement et volonté, vendit et livra audit Humbert tout ce que dessus, de quelle manière que ce fût, pour la somme de trois mille sous et douze marcs d'argent, un jour de Pentecôte, dans l'église d'Azolettes, en présence de Guigues, comte de Forez, de Guillaume, comte de Chalon, et autres témoins mentionnés dans l'acte. Il racheta encore, d'Aîmond de Montagny, ce qu'il avait en Riverie, pour 60 livres et prit de lui, en engagement, ce qu'il avait à Roorter, pour 80 livres ; ce qui fut approuvé par Etienne Le Blanc, qui approuva, céda et guerpit audit Humbert tout le droit qu'il y avait, ce qui fut fait au lieu de Pierre-Cave, entre Châteauneuf et Charlieu, etc. C'est lui qui est le fondateur de Villefranche, laquelle il fit clore de murailles et à laquelle il donna de beaux et amples privilèges.
Je ne m'arrête point à dire ici ce que divers auteurs, comme Guichenon, Severt et autres, ont dit de ses enfants, puisqu'ils sont si embrouillés entre eux qu'il n'est pas possible de les pouvoir développer; néanmoins, il est très constant que Guichard III, mari de Sibille, était son fils, comme le justifient l'acte des privilèges de Villefranche et le fragment de la chronique de Belleville, qui dit que Guichard III était fils d'Humbert, fils d'autre Humbert, fondateur de l'abbaye de Belleville. Je n'ose pas assurer le même Vuicard, qui suit, qu'un acte de
Saint- Vincent de Mâcon fait fils d'un autre Vuicard ; il eut encore Alix, femme de Renaud de Nevers, comte de Tonnerre, qui mourut Tan 1199, et Pierre, prieur de La Charité-sur-Loire, en 1219. Humbert mourut probablement en 1200.
L'an 11 89, Humbert, seigneur de Beaujeu, fut pleige et caution, au chapitre de Beaujeu, d'un traité qu'Etienne de Varenne, désirant aller en Jérusalem, avait fait avec ledit chapitre, auquel il donna tout ce qu'il possédait, depuis la rivière de Saône jusqu'au four des Chauves, et encore le fief de Figeroles, moyennant quoi le chapitre lui donna, pour son voyage, 20 livres, monnaie de Lyon, à la charge que, s'il retournait de son voyage, il rendrait au chapitre lesdites 20 livres, et rachèterait sa gagerie au prix de cent sous ; l'acte se verra à la fin des autres actes de ce chapitre.