G : le sieur de La Mure, fol
de Lyon, et l'évoque de Chalon à terminer un différend entre Marie, duchesse douairière de Bourgogne, dame de Semur, et Guy * IV, comte de Forez.
L'an 1224, Humbert de Beaujeu fut caution d'un traité fait entre Thomas Ier du nom, comte de Savoie, et les sires de Thoire et de Villars, Etienne et Bernard frères, touchant la seigneurie de Festerne 2 en Chablais et la combe 3 de Saint-Rambert et autres prétentions.
Humbert eut encore quelque brouillerie avec Guy, comte de Forez, touchant les fiefs de Cosant et de Chambost, qui fut apaisée, l'an 1229, au mois de décembre, par Archimbaud de Bourbon et autres personnes 4, au moyen que Humbert quitta audit comte et à Reynaud Dalmas tout ce qu'il avait au fief de Cosant, et, réciproquement, le comte quitta audit Humbert tout ce qu'il avait au fief de Chambost.
L'an 1236, au mois de juin, il transigea avec l'abbé de Saint-Rambert, touchant les droits que chacun d'eux prétendait avoir sur la ville de Saint-Christophe, lesquels ils partagèrent entre eux, comme justifie l'acte de l'accord qui est aux preuves s.
En ce temps-là, il y avait une autre branche de la maison de Beaujeu qui pouvait être descendue de ce Vuicard Ier, frère de Letbald, car je vois dans la lettre du P. Chifffet, sur les preuves de la lettre de Béatrix de Chalon, que l'an 1230, au mois de février, Othon, duc de Méranie, comte palatin de Bourgogne, maria sa fille Alix à Hugues, fils de Jean, comte de Chalon, et lui donna 600 livrées de terre à Saint-Aubin ou une autre terre de pareille valeur au comté de Bourgogne et, au cas qu'il ne pût ou ne voulût faire l'un et l'autre, il s'oblige envers ledit Jean de Chalon de lui payer mille marcs d'argent et donne des cautions pour le payement, savoir : Richard, seigneur de Rens, pour cent marcs; Thibaud, seigneur de Neufchateau, pour autant; Richard de Dampierre, autant; le seigneur P. de Ceys, autant ; le seigneur Hugues de Thoire, pour autant ; le seigneur Hugues de la Grange, pour autant; le seigneur Richard de Valgrenant, pour autant ; le seigneur Hugues de Beaujeu, pour autant; le seigneur Hugues Cyens, autant; le seigneur Renald Malechard, pour autant.
1. B : I. — 2. G : Hist. de Savoie, Guiclienon, fol. 249. — L, T, B : Fristerne. — 3. L, T, B, V : comté. — 4. L, T, B : prud'hommes. — 5. G : Le sieur de La Mure, fol. 326.
Dans les mêmes preuves l, il y a comme Etienne, comte de Bourgogne, donne à son fils Etienne et à ses héritiers, de l'aveu et consentement de Jean, son fils, seigneur de Salins, le château d'Oiselet, la garde de Bonevant avec tous ses fiefs ; il lui donne encore feodum de Bcllijoco scilicet dïii Simonis Rondet, l'an 1237 2.
L'an 1234, au m°is de mars, Humbert, pressé et surchargé de dettes, requit des abbés de Belleville, de Joug-Dieu et du doyen et chapitre de Beaujeu de lui souffrir de faire, pour une fois seulement, une taille ou corvéage sur le bétail de leurs hommes et tenanciers, ce qu'ils lui accordèrent à regret ; néanmoins, ledit prince, voyant leur bonne volonté, et qu'ils avaient fait chose à quoi ils n'étaient nullement tenus, les voulut reconnaître et gratifier de plusieurs beaux privilèges qu'il leur accorda et que le lecteur pourra mieux voir dans l'acte des preuves que je ne pourrais dire ici pour épargner l'ennui que coûte de lire une chose tant de fois.
Dans la chambre du trésor de Villefranche^, il y a une donation faite, au profit d'Humbert de Beaujeu et de ses successeurs, par l'abbé et couvent de l'Ile-Barbe, de 18 deniers viennois et un cartal d'avoine à prendre par chacun an sur chacun feu dépendant du prieuré de Neyril 4, ses appartenances et dépendances, à l'exception de la maison du prieur et du chapelain, laquelle donation et concession fut faite audit seigneur pour le droit de garde qu'il avait sur ledit prieuré et ses dépendances, en date du mois de juin 1239 5. La même année, ledit Humbert, après s'être retenu quelques grains sur les biens de -son homme de Saint-Jean-d'Ardière, lui-même, puis après, se disposant au voyage de Constantinople, à l'imitation de son père, quitta ses droits à l'abbé pour obtenir de Dieu un heureux succès de son entreprise et lui donna de surcroît et à son église menagium décimée qu'il explique lui-même la dîme de la dîme de la paroisse d'Ardières.
Environ ce temps-là, Sibille, mère de notre Humbert, donna l'hôpital de Villefranche aux frères de Roncevaux, auxquels, pour ce qu'ils avaient cimetière et enterraient chez eux, le curé du lieu chercha querelle et mut procès qui fut apaisé par l'autorité d'Aimeric, archevêque
1. G : fol. 117. — 2. L, T, V : 1236. — 3. G : coffre 7, cote G, ir« liasse. — 4. L, T, B : Negril ; J : Neyrel. -- 5. G : Hist. de l'Ile-Barbe, ch. XXXI.
de Lyon, l'an 1239, comme j'ai fait voir au traité des hôpitaux, dont l'acte se verra en son entier aux preuves.
Tous les historiens qui ont parlé de notre Humbert en ont dit merveille. Nicole Gille, en ses Annales de France, dit que Louis VIII ayant conquis partie du Languedoc y établit son lieutenant, pour la garde du pays, un vaillant chevalier, nommé Imbert de Beaujeu, qui était de son lignage l ; le sieur du Tillet et Castel l'assurent en divers lieux de leurs ouvrages. M. de Marca, en son Histoire de Béarn 2, dit qu'Imbert fut établi premier gouverneur de Languedoc, après y avoir servi les rois Philippe-Auguste et Louis VIII aux guerres qu'ils eurent contre les Albigeois; le sire de Joinville, en la Vie de saint Louise, dit : incontinent après son couronnement, la reine sa mère fut avertie que le comte Raimond de Toulouse était venu à grosses troupes de gens assiéger Château Sarrasin, etc., à l'occasion de quoi elle délibéra et prit avis de donner ordre en toute diligence à cette nouvelle et soudaine guerre, et châtier la téméraire entreprise du comte de Toulouse 4, et pour ce faire envoyer aussitôt contre ledit comte Umbert, lieutenant du roi et bien expérimenté au fait de la guerre, accompagné de grand nombre de gens de guerre, Bernard Guy, évêque de Lodève : Truncatur castrum quod dicitur Beceta indiocesi Tolosana,inquo hostes ecclesiœ ethœretici tutabantur, quoddominusYmbertus de Bellojoco, ex parte régis Francix Ludovici, obsedit. Le sire de Joinville poursuit qu'étant arrivé à Toulouse il mit le siège à la ville et l'assaillit de tous côtés si vivement que les ennemis n'avaient loisir de se fortifier, ce que voyant, les Toulousains, ils furent contraints de se rendre et recevoir en leur ville ledit Humbert et, au chapitre XII de la même chronique, il dit que l'an 1242, le roi saint Louis ayant mandé à ses chevaliers de se trouver à Chinon le lendemain des octaves de Pâques pour accompagner Sa Majesté contre Hugues, comte de la Marche, qui s'était ligué avec Henri III, roi d'Angleterre, dit que pour garder la table s du roi étaient ordonnés messire Imbert de Beaujeu, qui puis fut fait connétable et messire Honnorat du Coucy et messire Archimbaud de Bourbon au chapitre XXIII : et devez savoir que le roi avait en sa compagnie huit bons et
1. G : ils étaient cousins germains. — 2. G : fol. 755. — 3. G : ch. III. — 4. L, T, B, J modifient le paragraphe suivant : et pour ce faire aussi envoya contre lui ledit comte Humbert, lieutenant de roi. — 5. L, T : tente.
vaillants chevaliers, plusieurs avaient eu et gagné le prix d'armes tant outre mer que par deçà, et les appelaient communément les bons chevaliers du roi entre lesquels étaient messire Geoffroy de Sergines, messire Mahon de Marby, messire Philippe de Nanteuil et messire Imbert de Beaujeu, connétable de France. Il fit des merveilles à la bataille de La Massourre, comme il appert du chapitre XXIX dudit sire de Joinville, qui en parle à divers endroits ; il fut prisonnier avec le roi, comme l'enseigne le chapitre XLIII, et mourut en ce voyage, comme dit le chapitre LIV, que le roi donna la connétablie de France à Gilles le Brun, le bon prud'homme, après la mort de messire Imbert de Beaujeu; il ne marque où ni en quelle année, mais il a apparence que ce fut l'an 125 1, en Chypre, après la délivrance du roi; néanmoins, un fragment de la chronique de Belleville dit que ce fut le 29 mai 1250. Dans la promesse que lui fait Amé, comte de Savoie, l'an 1248, à Chambéry, de lui remettre les châteaux de Virieu, Courdon ' et La Brandonnière 2, que Humbert lui avait engagés pour deux 2.500 livres viennoises, il est qualifié connétable de France. Voyez aux preuves, etc.
Les enfants furent, selon Duchesne 3 :
i° Guichard IV, seigneur de Beaujeu et de Dombes, qui suivra ciaprès ;
20 Isabeau, mariée à Renaud, comte de Forez, qui fut aussi baron de Beaujeu, à cause que ladite Isabeau se trouva la plus proche à succéder à son frère Guichard mort sans enfants;
30 Florie de Beaujeu, femme d'Aimar de Poitiers, comte de Valentinois, à qui elle porta en dot le château de Belleroche avec ses dépendances, et quelques autres biens assis en la terre et baronnie de Beaujeu;
40 Béatrix de Beaujeu, mère de Foulques ou Falcon, selon Justel, en Y Histoire d'Auvergne 45 seigneur de Montgascon, lequel, avec les enfants d'Aimar de Poitiers, ses neveux, querella la baronnie de Beaujeu contre Renaud, comte de Forez, et il y a une quittance au trésor de Villefranche 5, passée l'an 1301 par Robert, comte d'Auvergne, et Béatrix de Montgascon, sa femme, et par Guillaume de Bourbon, seigneur de Beçay,
1. L, T, B : Cordon. — 2. J : Brodonnière. — 3. G : Duchesne, Hist. des comtes de VaJentiiiois, fol. 11. — 4. G : Hist. d'Auvergne, de Justel, ch. XXI, fol. 70. — 5. G : n° VI du sac coté C du Ier coffre.
et Mathilde de Montgascon, sa femme, de la somme de 5.000 livres pour les droits que lesdits de Montgascon pouvaient prétendre sur la terre de Beau jeu ;
50 Jeanne, première prieure du monastère des Chartreuses de Polleteins en Bresse, fondé par Marguerite de Baugé, sa mère.
Severt ajoute : 6° Marguerite, femme de Péraut, seigneur de Mont- Saint-Jean, et 70 une autre fille, nommée Vuicarde, mariée au vicomte de Combors en Auvergne. Il met encore une autre fille, mariée à Robert, comte de Boulogne, fils de Robert, comte de Clermont-Boulogne et d'Auvergne, ce que le sieur Justel a admis au chapitre XX de son Histoire, sans lui donner aucun nom, et dit qu'elle mourut l'an 1277, et cite, à la marge : Paradin, en ses Alliances généalogiques l , quoique dans les preuves il ait mis un fragment extrait de la généalogie et alliance de la maison de Boulogne, manuscrite, où sont ces mots : Guillaume après Robert, son père, fut comte de Boulogne et ne tint la comté qu'un an : il avait épousé l'une des filles d'Humbert, Ve du nom, seigneur de Beau jeu, et de Marguerite de Baugé.