‹ Histoire du BeaujolaisChapitre 128 sur 216 · V : virginis Mariœ reginx · texte numérisé non relu

V : virginis Mariœ reginx

écrire. Papirius Masson, dans le livre qu'il a composé des rivières de France, dit avoir étudié en ce collège, comme aussi ce grand génie de l'astrologie, Jean-Baptiste Morin, enfant natif dudit lieu, le père duquel Pierre Morin avait été échevin l'an 1584.

X. Jeux de l'arc et de la cible. — H y a deux lieux d'exercice poui* les habitants où ils vont s'assembler et exercer les dimanches et fêtes après que les vêpres sont dites : savoir le jeu de l'arc, le long des murailles, et le jeu de la cible ou de l'arquebuse, hors la porte de Fayette, où quelquefois dans l'année ceux de Lyon, de Mâcon, de Bourg et autres lieux circonvoisins viennent proposer des prix, comme aussi eux, à leur tour, vont honorer de leur présence les mêmes lieux voisins.

XI. Des hôpitaux. — C'est merveille "que cette ville ait été si bien policée dans son commencement qu'elle avait alors trois hôpitaux, un dans la ville et deux hors l'enceinte de ses murailles, puisqu'il paraît un acte d'union de celui de la ville à celui de Roncevaux, l'an 1239, et que les privilèges de la ville ne furent accordés par Guichard IV que l'an 1260.

Je ne parlerai pas ici de celui qui était hors la porte d'Anse, en la paroisse de Limans, où il y avait 24 chambres où tous allants et venants étaient repus ; il n'est plus aujourd'hui, il n'en reste qu'une petite chapelle ' que le curé de Limans possède et où on fait souvent dire des messes de dévotion 2. Je n'ai pas eu connaissance des rentes; je crois que les troubles survenus pour le fait de la religion en ont fait perdre les papiers.

Quant au premier qui était dans la ville, je n'ai pas su son institution; je n'en ai eu connaissance que par un accord qui fut fait de l'autorité d'Aimcry, archevêque de Lyon, au mois de mars, l'an 1239, entre le curé de Villefranche et les religieux de Roncevaux, en suite d'une union qu'avait faite Sibylle de Flandres ou de Hainaut, dame de Beaujeu et femme de Guichard III, de cet hôpital à celui de Roncevaux, en suite de laquelle union ledit seigneur archevêque avait accordé, auxdits religieux, de bâtir une église et un cimetière pour y faire le service divin et y exercer les œuvres de piété et de miséricorde.

1. G : La Maladière. Oratorium gallinaceum ad utilitatem rectoris et conservationem pullorum a vulpilms. — 2. L, T, C, V : de fondation.

Et parce que le curé administrait les sacrements audit hôpital de la ville avant cette union et percevait les fruits dus à son ministère, se voyant ainsi privé de ses droits par l'établissement d'un cimetière et église, il fut accordé, pour le bien de la paix, que toutes les offrandes, chandelles et autres obventions qui adviendraient à ladite chapelle seraient partagées entre eux de bonne foi, excepté que les frères qui porteraient l'habit de la religion sans fraude, le curé n'y aurait rien et que cet habit ne se donnerait à personne qu'il n'eût fait un an de probation pour ne frauder ledit curé ni aussi qu'on ne le pourrait donner à aucun habitant de Villefranche, si ce n'était du consentement dudit curé et que, aux jours de dimanche et fêtes, de neuf leçons le prêtre qui desservirait ladite chapelle, avertirait les habitants à haute voix, lorsqu'il voudrait commencer la messe, d'aller à leur paroisse; que si, après les avoir admonesté, ils refusaient d'y aller et voulaient demeurer là, tout ce qu'ils offriraient se partagerait comme dessus; que cehr qui servirait ladite chapelle ne pourrait administrer les sacrements ni entendre les confessions hors d'icelle, sinon pour les malades seulement; qu'il n'y aurait point de fonts baptismaux, et qu'on n'y relèverait point les accouchées; qu'on ne commencerait point la grand'messe, les jours de dimanche et fêtes, qu'après que le curé de la paroisse aurait dit l'évangile ; qu'on n'y donnerait point la croix à baiser le jour du Vendredi Saint, sinon à ceux de dedans, etc.

Je ne sais si cet hôpital dura longtemps en cette façon, mais toutefois j'ai vu un acte d'un accord qui fut fait le 15 avril 1456, entre les échevins de Villefranche d'une part, et le procureur des pauvres de Beaujolais d'autre, touchant ledit hôpital, maladerie et Charité de Villefranche, où il est parlé que lesdits échevins y auraient une chambre ' pour délibérer de leurs affaires, en présence desquels lesdits procureurs et receveurs devaient rendre leurs comptes, au bon plaisir de monseigneur le Duc.

L'an 1337, un nommé Simon Albi, de Lyon, donna aux pauvres de cet hôpital tous les droits de corée qu'il avait sur les bouchers de Villefranche, comme l'acte le porte qui est inséré dans un grand livre (fol. 26, v°) de l'Hôtel-de-Ville, ce qui est reconnu par vingt-six bou-

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