VHist. de Vil. ajoute : en laquelle ils s'assembleraient
chers présents qui font bon, tant pour eux que pour ceux qui étaient absents.
Cet hôpital fut vendu, par les échevins, au sieur David Minet, prévôt des seigneurs maréchaux de France au pays de Beaujolais, le 12 janvier 1644 ».
L'hôpital de Roncevaux était, comme j'ai dit, hors la porte de Belleville, dans la paroisse d'Ougly et un peu en deçà des Capucins et de l'autre côté du grand chemin ; il était servi par des religieux de Saint- Augustin, comme m'apprend le titre de l'hôpital ci-dessus qui leur fut donné, et encore une procuration du R. P. en Dieu Sance de Meoz 2, par la grâce de Dieu, prieur du monastère et hôpital de Notre-Dame de Roncevaux, au royaume de Navarre, de l'ordre de Saint-Augustin, du consentement de tous les religieux assemblés en chapitre, au son de la cloche, le 11 mai 1416, en faveur de Sauveur de Saint-Jean, commandeur de la préceptorie de Montpellier, pour régir, gouverner et recueillir tous les biens et aumônes appartenant audit hôpital. Une autre charte, de Tan 1428, fait voir comme religieux homme Sauveur de Petra, commandeur des hôpitaux de Montpellier et de Villefranche, donne en abergement et asservise à Jeannet Saladin, et à Artaud Seignorem, bourgeois de Villefranche, par indivis et égale portion, une terre dudit hôpital, sise au territoire de L'Arbresle, le long du chemin qui va de la porte de Belleville à Beauregard, du côté de vent, et la terre d'Antoine Bertet et d'Antoinette, sa femme, du soir, et la terre d'Hugonnet Gatier et d'Hugonnet Garin, de bize, et le sentier ou la rue qui va dudit chemin aux terres de Jean Ponceton3, de matin, sous le servis annuel et perpétuel de douze bichets froment battu et ras à la mesure de Villefranche. Et aussi trois sols forts neufs de Lyon, lods et ventes et autre droits appartenant à la maison, payables tous les ans, à la Saint-Martin d'hiver, et de plus, ledit commandeur asservit audit Saladin deux pièces de terre contigues et sises en la terre dudit hôpital et derrière icelui, sous le servis de d'eux bichets de froment battu et quatre sols forts, payables comme dessus.
Deux procurations de Tan 1455, passées par les prieurs et chanoines de Saint-Augustin, du couvent et hôpital de Notre-Dame de Ronce-
1. Ce dernier paragraphe manque dans les mss. T, C, V. — 2. L : de Metz; T, C : Merz; V : Sanche de Merz, prieur. — 3. Hist. de Vil. : Ponceron.
vaux, au diocèse de Pampelune, à Guillaume d'Obresas1, l'un d'eux pour l'administration des chapelles et hôpitaux dépendant d'icelui, et encore particulièrement pour la direction de celui de Villefranche à Barthélémy Buisson.
Permission de l'évèque de Mâcon, en 1469, aux religieux dudit hôpital, de faire quête par tout son diocèse, à cause de leur pauvreté, car j'ai trouvé, par les rentes que j'ai vues, que cet hôpital ne possédait pas grand'chose ; il avait quelques biens terriens à Ougly, diverses terres, prés, bois, jardins, proche la ville et une terre aux Garets, et les échevins vendirent, l'an 1645 et le 14 septembre, à Gilbert Noyel, notaire royal et procureur au bailliage, une terre et jardin dépendant dudit hôpital. Il y avait encore environ cent écus de pension, neuf ou dix ânées de vin et environ quinze bichets de blé de servis.
Je ne sais si les troubles survenus pour la religion onteausé sa ruine, aussi bien que celle de Saint-Lazare en la paroisse de Limans, puisque, l'année 1566, le roi Henri II, par ses lettres patentes du 14 septembre, en donna la garde, le régime et l'administration à Me Guyot Garde 2, qui en fut mis en possession le 13 novembre suivant, par le sieur lieutenant général.
Il y a encore une petite chapelle et un cimetière où on enterre les pauvres gens et artisans de Villefranche, et encore quelques chambres où l'on souloit ci-devant retirer les pauvres passants; mais, à cause des désordres qu'ils commettaient 3, ce secours a été dénié et ils vont chercher à loger aux granges voisines. Il a été depuis uni à la cure de Villefranche et le curé, ou son vicaire, y va enterrer les pauvres artisans qui n'ont pas de quoi payer les frais funéraires et cela se fait gratis pro Deo.
Il y a indulgence plénière pour ceux qui visitent ledit hôpital le dimanche de Lxtare et le jour de l'Annonciation de Notre-Dame, la bulle est scellée et signée de vingt-un sceaux d'autant de cardinaux 4.
L'hôpital des pestiférés est en la paroisse de Béligny, sur la rivière de Mourgon, près le pont Béchet, et fut bâti au sujet d'une donation faite à la ville par Guillaume de Ponceton, seigneur de Franchelins,
1. Hist. de Vil. : Obresa. — 2. Hist. de Vil : Guyot Garde, prêtre. — 3. Hist. de Vil. : leur a été. — 4. Ce passage manque dans les mss. L, T, C, B, V.
procureur général de Beaujolais et bourgeois de Villetranche, le 24 avril 1522, d'une terre contenant deux bichonnées1, en la paroisse de Béligny, jouxte la rivière du Mourgon, de vent, le pont Béchet, du soir; le chemin qui va dudit pont à la Grange-Campet aussi du soir, et la terre d' Aimas, de bise. Ensuite les échevins transigèrent avec les habitants de Béligny, Tan 1537, pour leur être permis d'y bâtir un hôpital pour les pestiférés et, l'an 1542 et le 25 avril, ils acquirent une autre bichonnée de terre, ou environ, audit lieu du Pont-Béchet et une autre terre de Pierre Adam, pour le prix de cinquante livres tournois, et, encore la même année, une autre bichonnée de terre joignant celle-là pour le prix de vingt-six livres; de là ensuite, l'an 1543, et le 29 avril, ils acquirent un jardin par échange d'une partie de terre assise à Villefranche et encore une autre partie de terre audit lieu, le même jour et an que dessus, toutes lesquelles terres et acquisitions ont été closes de murailles et plusieurs bâtiments faits au dedans, le long de la rivière de Mourgon, avec une chapelle pour les révérends pères capucins qui y vont assister les malades.
Le commencement du grand hôpital de la Charité qui est aujourd'hui bâti dans la ville, entre les deux branches de la rivière de Mourgon, est venu de la libéralité du sieur Gay, curé de la ville, lequel y donna plusieurs biens, comme fait foi ce monument gravé en lettres d'or, à main droite en entrant dans la petite chapelle :
Huic sacrx charitatis œdi dominus Nicolaus Gay sacrée, theologix doctor et hujus urbis olim rector initium dédit, ne luce digna pietas lateret in fondamentis, eam vigilantissimi consules D. D. Joannes Dephelines, Franscicus Dauiiron, Guillemus Corlin et Claudius Turrin piorum civium aspirante munificentia excitandam, curaverunt anno domini M.D.C .XLIIII Régnante Ludovico XIV. Faxit Deus ut unius votum plurimorum largitatis in centiva accédant.
Au-dessus 2 de la porte de ladite chapelle est l'inscription suivante qui fait mention d'une messe perpétuelle, fondée par ledit sieur Gay, le jour de Saint-Antoine :