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L, T, C : une porte pour dette

l86 HISTOIRE DU BEAUJOLAIS

tourte sans épogne ', qu'un denier viennois, et on doit encore cuire une ânée de froment pour cinq deniers viennois ; chaque bourgeois peut moudre où il voudra et avoir un âne pour porter son blé au moulin, et même aller chercher le blé par la ville pour le porter où l'on voudra ; un seigneur ne peut retenir, par droit féodal ni de prélation, un bien vendu, pourvu qu'on lui en paye les lods 2; les habitants et bourgeois ne sont point obligés à foi et fidélité au seigneur que premièrement lui ne leur ait juré leurs privilèges, avec vingt gentilshommes. Le curé de Pouilly-le-Châtel peut avoir maison dans Villefranche, exempte de toute sorte de servis et usages. Quand un homme a plusieurs créanciers, le premier qui aurait fait saisir ses effets doit être entièrement payé, après quoi les autres en auront s'il y en a.

Ces privilèges sont beaucoup plus amples qu'ils ne sont ici, j'ai omis beaucoup de choses que l'on peut voir dans les preuves où j'insérerai de mot à mot la teneur desdits privilèges; je dirai seulement ici qu'ils furent confirmés et amplifiés par Louis, fils de Renault, comte de Forez, mari d'Isabelle de Beau jeu, le 12 mars 133 1, et encore amplifiés et étendus par Antoine, seigneur de Beaujeu, en 1359; par Edouard de Beaujeu, dernier seigneur de ladite maison, le 25 mai 1399; par Louis de Bourbon, l'an 1400, avec la vérification des gens des comptes de Beaujolais, pour ledit seigneur, du 19 décembre de ladite année; par Jean, duc de Bourbon, en 1463; par Pierre, duc de Bourbon, au mois de mars, en 1489.

Les officiers, bailli et lieutenants et autres sont obligés de les jurer, à l'avènement et à l'installation de leur office, comme appert d'une jussion de Louis de Bourbon, donnée à Ganat 3, le 25 mars 1408, commandant au bailli de Beaujolais de jurer les privilèges de Villefranche, [et d'une autre] d'Anne, dauphine, duchesse de Bourbon 4 et dame de Beaujeu, donnée s à Villefranche, le 15 novembre I4i3,et il y a lettres aux archives, comme Gilles, seigneur de Saint-Priest et de Vaux, bailli de Beaujolais, les jura, le 8 février 145 1. Autre lettre de jussion de Jean 6 de Bourbon, audit lieu, au mois de février 1463, pour le

1. L, T, C : pour toute sorte sans époigne. — 2. L'Hist. de Vil. ajoute : un homme peut battre sa femme tout son saoul sans que le seigneur de Beaujeu y ait rien à voir, à moins qu'elle n'en meure. — 3. Hist de Vil. : Ganac. — 4. Hist. de Vil. : duchesse de Bourbonnais. — 5. Hist. de Vil. : donnée audit lieu de Villefranche. — 6. Hist. de Vil. : Jean, duc de Bourbon.

même sujet. Jean d'Albon, chevalier, seigneur de Saint- André, bailli de Beaujolais pour madame Louise de Savoie, mère du roi François Ier, les jura dans l'Hôtel-de-Ville, le 9 juin 1528, selon qu'il y était tenu et que ses prédécesseurs avaient observé de tout temps, à raison de leurs offices. Autre lettre de pareille jussion, du roi François Ier, donnée à Lyon, au mois de décembre 1533, au bailli, juges et autres officiers et justiciers, de jurer et faire observer lesdits privilèges. Autre lettre de Louis de Bourbon, duc de Montpensier, donnée à Paris, au mois de mai 15 61, commandant au bailli de Beaujolais de jurer lesdits privilèges. Autre semblable lettre de François de Bourbon, duc de Montpensier, et donnée à Rouen, au mois de juin 1588; autre d'Henry de Bourbon, aussi duc de Montpensier, à Saint- Quentin, au mois de mai 1596.

Edouard, dernier seigneur de Beaujeu, ayant quelque démêlé avec ses sujets de Villefranche et au moyen des amis communs, ayant fait un accord avec eux, il leur donna entr'autres privilèges celui d'exemption de péage en toute sa terre, tant deçà que delà la rivière de Saône, hormis es places de La Marche et de Chavagnieu, cet accord fut du 25 mai 1399. Mais Jean, duc de Bourbonnais, par ses lettres données à Villefranche le dernier février 1463, leur ôta cette exception, et leur donna privilège d'exemption de péage auxdits lieux de La Marche et de Chavagnieu, vérifiées par les gens de son conseil qui y donnèrent leur attache, ce que le même duc leur confirma à Moulins, le 5 mai 1470.

Les habitants ayant été troublés dans la liberté de leurs foires et marchés par le procureur du roi au bailliage, le roi Henri IV, par ses lettres patentes, données à Paris, le 23 février 1602, en confirmant lesdits privilèges des foires et marchés de Villefranche, fit défenses à aucun de les troubler, avec jussion et injonction au bailli de les en faire jouir comme auparavant.

Je ne puis passer sous silence une place publique appelée la Halle, assise en ladite ville, aboutissant d'un bout sur la grande rue et, d'autre bout, à la maison d'Antoine Escoffier, boulanger, joignant d'un côté la rue tendant de la Pêcherie à la porte des Frères, que S. A. R. donna et délaissa, le 7 juillet 1653 S à damoiselle Elisabeth Bessié, veuve de

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