‹ Histoire du BeaujolaisChapitre 134 sur 216 · L, T, C, B, V : juin · texte numérisé non relu

L, T, C, B, V : juin

l88 HISTOIRE DU BEAUJOLAIS

feu Alexandre Bottu, vivant écuyer, sieur de La Barmondière, conseiller et secrétaire du roi et de ses finances, avocat du roi et de S. A. 11. au bailliage de Beaujolais et de Dombes \

Il ne raut pas oublier de dire ici comme Villefranche a eu sa part des malheurs que les troubles causés pour la religion firent ressentir à toute la France, je déduirai ici, mot à mot, ce que j'en ai appris d'un manuscrit des mémoires de Claude Favre, châtelain de Montmelas, procureur et notaire royal à Villefranche.

« Le lundi de carême entrant, 1550, à cinq heures du matin, le ciel étant très serein, tomba, à Tarare, une flambe de feu qui épouvanta quelques gens allans au marché et, ledit jour, à la même heure, tomba pareil feu en Forez, près de Saint-Germain-de-Laval.

« L'an 1561 et le 17 février, sur les six heures du matin, commença à faire une grande pluie qui, faisant fondre les neiges, enfla si fort la rivière de Mourgon qu'elle mina une muraille et trois chambres du couvent des Cordeliers, entra dans l'église de Notre-Dame et couvrit tous les autels, hormis le grand et celui de saint Crépin.

« Le dernier avril 1562, plusieurs marchands de Lyon, de la religion nouvelle, appelés huguenots, attendirent que la foire de Pâques fût finie à Lyon, et cependant pratiquèrent le baron des Adrets et plusieurs gentilshommes du Dauphiné et avec seulement quatre ou cinq cents hommes de pied, surprirent Lyon la nuit, feignant et donnant entendre aux habitants de la ville qui se cuidaient mouvoir de ne bouger, et qu'on ne leur ferait mal et, sur ces entrefaites, après avoir battu la maison de ville de Lyon, où il y avait quelques gens en armes qui firent leur devoir, depuis onze heures du soir jusqu'à cinq heures du matin, ne voyant aucun secours, ils se rendirent.

« Le 17 mai, le baron des Adrets manda à Villefranche que l'on lui mît la ville à sa dévotion, où il voulait mettre cent hommes de garde pour la sûreté du passage, pour aller en France avec une armée et menaçait la ville de feu et de ruine ; le sieur Claude Chapuis, échevin lors de Villefranche, et ledit Claude Favre, secrétaire et procureur de la ville, furent délégués pour aller parler audit sieur des Adrets, lequel leur fit de grandes menaces et rigueurs; même disait que ce avait été

Page 1