Cette dernière date manque dans les mss. T, D, C, B
unique de noble Laurens Bessié, seigneur de La Fontaine en Lyonnais et, ce mariage ayant été un véritable séminaire de piété, il ne faut pas s'étonner si Dieu y a versé ses plus saintes bénédictions.
Ledit sieur de La Barmondiére ayant été pourvu, à l'âge de 21 ans, de la charge d'avocat du roi au bailliage de Beaujolais, il exerça cette charge dès son commencement, avec une telle capacité et un applaudissement général qu'il surpassa d'abord les plus hautes espérances que l'on avait conçues d'un mérite extraordinaire, et ayant obtenu, quelques années après, une charge de conseiller et secrétaire du roi, maison et couronne de France, l'on a toujours vu, dans sa personne, dans l'exercice de ses deux charges, le juste caractère d'un véritable magistrat, ayant rendu, dans l'un et dans l'autre, de très importants services au public, tant par ses conseils et ses exemple, que dans plusieurs députations proche du roi, pour le soulagement de la province. Il mourut, revêtu de l'une et de l'autre charge, au mois de mars de l'année 1650, âgé de 46 ans, et cette mort prématurée a été si généralement regrettée que sa mémoire est encore dans une telle vénération que l'on ne parle de lui qu'avec respect, et l'on propose l'exemple de sa vie comme le modèle d'une vertu consommée.
Dame Elizabeth Bessié, sa femme, étant restée veuve à l'âge de trente-deux ans, a survécu à son mari jusqu'au 18 février 1669, qu'elle est décédée ; et l'on peut dire, à la louange d'une si vertueuse dame, sans flatterie, qu'elle a été pendant sa vie un véritable modèle d'une veuve parfaite. Un grand homme de lettres et de vertu dit hautement, lors de son décès, que la province avait perdu l'exemple de la vertu la plus solide des femmes et, en effet, son zèle au service de Dieu, sa charité insurmontable envers les pauvres, la prudence dans ses affaires domestiques, le soin qu'elle a eu pour l'éducation de ses enfants, et le respect qu'elle a toujours gardé à la mémoire de son mari lui ont justement acquis cette qualité, et comme elle avait été à bon titre, pendant sa vie, appelée la mère des pauvres, le soin qu'elle a eu, par son testament, de leur procurer du bien, même quand elle n'y serait pas, la lui conserve encore à meilleur titre après son décès.
D'un si heureux mariage, il n'est resté que trois fils et une fille, Laurent, Claude, Jean et Claudine.
Laurent, outre la charge de secrétaire du roi à laquelle il a succédé à
son père, est procureur du roi au bailliage l ; il a épousé damoiselle Marguerite Fiot, fille de Laurent Fiot, seigneur de Mongré, maître des requêtes de S. A. 2, et de dame Claudine d'Espinay. Il n'y a encore de ce mariage qu'un fils nommé François, âgé de dix-huit mois, que Dieu veuille conserver.
Claude est ecclésiastique et docteur de Sorbonne ; Jean, seigneur de Saint-Fonds et Limas, avocat en parlement, a épousé damoiselle Catherine Donguy, de Charlieu.
Claudine a été mariée à Louis Dugas, écuyer, seigneur du Bois- Saint-Just, conseiller du roi au siège présidial de Lyon.
Quant à la famille de Fiot, elle est originaire de Bourgogne, et ledit sieur Laurent Fiot était fils de Christophe Fiot, avocat du roi en ce bailliage, et de Louise Bessié, qui était fille de François Fiot et de dame Marie de Rovédis de Pavie, fille de messire François de Rovedis, baron de Fourquevaux, conseiller au parlement de Toulouse, comme appert de l'épitaphe qui est sur une tombe élevée au grand et ancien cimetière de Villefranche, hors la porte d'Anse, que j'ai rapportée au chapitre de Trévoux, de cette histoire.
Les titres de cette présente généalogie m'ont été connus par le procès-verbal que M. de la Barmondière produisit par devant M. Dugué, intendant de la province de Lyon, le 20 avril 1668, pour les preuves de sa noblesse.
Il ne faut pas oublier de dire ici, à la louange de M. de la Barmondière, que S. A. R. Mademoiselle, ayant dès longtemps eu connaissance de ses mérites, l'a retenu pour un de ses conseillers en son conseil, comme on pourra voir par suite de ses lettres patentes.
« Aujourd'hui, onzième décembre 1658,' Mademoiselle, fille aînée de Monseigneur, fils de France, oncle du roy, souveraine de Dombes, duchesse de Montpensier, Chastellerault et Saint-Fargeau , étant à Lyon, voulant gratifier et favorablement traiter le sieur de la Barmondière, procureur du roi et le sien au bailliage de la baronie de Beaujolois et lui donner des marques de la reconnoissance qu'elle a de ses bons et agréables services qu'il lui a rendus en l'exercice de ladite charge, S. A. l'a retenu et retient pour l'un de ses conseillers en son conseil,
1. T, D, C, B, J, V ajoutent : de ce pays. — 2. L, T, D, C, B, J, V ajoutent : et procureur du roi au même siège.
auquel elle veut qu'il ait l'entrée, séance et voix délibérative, et qu'il jouisse de ladite charge de conseiller et des honneurs, autorité, privilèges, prééminences, fruits, profits et émoluments y appartenant et des gages y attribués par les états des officiers de la maison de S. A. qui m'a commandé d'expédier, audit sieur de la Barmondière, le présent brevet qu'elle a, pour marque de sa volonté, signé de sa main et fait contresigner par moi, son conseiller et secrétaire des commandements, maison et finances de S. A. l. Certifions, à tous ceux qu'il appartiendra, que ledit sieur de la Barmondière a prêté le serment auquel il étoit tenu pour raison de la susdite charge, à Lyon, ce XI1II décembre 1658. Guilloire 2. »
1. L, T, J : Signé, Anne-Marie-Louise d'Orléans. Guilloire. Nous soussigné conseiller et secrétaire des commandements, maison et finances de S. A. R. certifions
2. D : Guilloreau; J ajoute : « Suit la teneur d'une copie de la donation de la terre de Rognains, faite au proffit du sieur de Larbuisie, par feu monseigneur François de Bourbon, duc de Monpensier, en sa datte :
« A tous ceux qui ces présentes lettres verront, le prévost à l'hôtel du roy et grand prévost de France, juge conservateur du scel royal créé et établit par ledit seigneur aux contrats faits et passés en sa cour et suitte et salut, sçavoir faisons que par devant Jean Chesneau, notaire de ladite cour et suitte, fut présent en sa personne très haut et très puissant prince, monseigneur François de Bourbon, duc de Monpencier, pair de France, seigneur et baron de Beaujolais, lequel voulant et pour se conformer en toutes chosses à la volonté et bon plaisir du roy et de facilliter et commender autant qu'il luy sera possible les affaires de Sa Majesté, reconnaît et confesse par devant nous avoir, ce jourd'huy, par le commandement dudit seigneur roy, ceddé, quitté, délaissé, transporté, tant pour luy que pour les siens, dez maintenant et à toujours pour héritage à M. Antoine Guillermin, chevallier de l'ordre de Sa Majesté, sr de l'Harbusie, ses hoirs, successeurs et ayant cause, nous notaires soussignés, stipulant et acceptant pour ledit sr de Lharbuzie absent, la seigneurie et justice haute, moyenne et basse de Rogneins, membre dépendant de laditte baronnie de Beaujolais, ainsi qu'elle se poursuit et comporte avec le greffe et tout autres émoluments d'icelle justice, sans aucune choses en retenir ni réserver, pour en jouir par ledit sr de Lhartuzie, sesdits hoirs successeurs, en ayant, et ce à l'avenir et à perpétuité, tout ainsi qu'il en a cy-
devant jouit et jouissait auparavant, ce retient que ledit seigneur duc en peut
sur luy et ses enfants, comme en tenant par engagement du domaine
dudit Beaujolais. La présente cession faitte gratuittement et sans aucun prix de finance ou autre condition profitable dudit sr de L'Hartuisie, envers iceluy duc, rend pour se
qu'ainsi » — Note moderne du même ms. J : « Tout cet article et
ce qui précède la famille Bottu semble prouver que ce manuscrit a été copié vers l'an 1730, par un membre de la famille Monspey. Comme on le voit par un rapport détaché à la fin de ce volume, la famille de La Vallière n'a jamais eu la haute justice à Rogneins, elle appartenait au duc d'Orléans. »