‹ Histoire du BeaujolaisChapitre 149 sur 216 · DE LA CHATELLENIE DE BELLEVILLE ET DE SA MARCHE ET ANNEXES · texte numérisé non relu

DE LA CHATELLENIE DE BELLEVILLE ET DE SA MARCHE ET ANNEXES

SOMMAIRE. — /. Belleville. — IL Dracé et le fief de Balleure. — III. Saint- Jean-d' Ardières , les fiefs de l'Ecluse et Piçeys. — IV. Taponas, le fief de Laye-Ponceton. — V . Saint-Lagier et le fief de la Pilonière. — VI. De Cour celles et de I arrière-fief de La Roche. — VIL De Cercié et du fief de La Ter r 1ère et de Tanay. — VIII. De Lancié. — IX. De Fleurie et de Ponde et du doyenné d'Arpayé. — X. De Vauxrenard et des fiefs de Thil, Salagny et Les Chenaux, et de Laissus, arrière-fief. — XL De Chiroubles. — XII. de Villié et des fiefs de Foncraine et de La Butinicre. — XIII. De Lantignié. — XIV. De Chesnas. — XV. D 'Emeringes et du fief de La Court. — XVI. Dejullié. — XVII. De fulliénas. — XVIII. De Cenves et Burne^ay. — XIX. UOuroux et de Nagu-Varennes et des prévôtés d'Allognet et de Coux. — XX. De Saint- Jacques-des-Arêts. — XXI. De Saint-Mammert et du fief Saint-fullien. — XXII. UAdvenas. — XXIII. De Trades. — XXIV. De la Che^e et Bussie. — XXV. De Saint-Christophe-la-Montagne et du fief Bacot . — XXVI. De Saint- Pierre-le- Vieux. — XXVII. De Montsous. — XXV III. D'Aigueperse et de son chapitre, et par qui il a été fondé, et de la paroisse de Saint-Bonnet-tf Aigueperse. — XXIX. De Matour. — XXX. De Dom pierre. — XXXI. De Saint-Igny-de-Vers . — XXXII. De Proprières.

I. Belleville, 26e paroisse. — J'ai dit dans le titre de ce chapitre le mot de sa marche pour autant que toutes les paroisses qui sont dans l'ordre du département des tailles, depuis Belleville qui est au n° 26, jusqu'à Beaujeu qui est 59, ne sont pas toutes de ladite châtellenie, bien loin de là, la plupart ont leur seigneur en toute justice, et

quelques-unes ressortent en première instance audit Beau jeu, mais je crois que comme Belleville est le long de la rivière de Saône, tirant en haut vers le Maçonnais, on a mis tout ce qui était compris entre ces deux provinces et tiré tout le long de la lisière ' vers le couchant, auparavant que de venir à Beaujeu, et partant, laissant à part cette difficulté qui pourrait naître en l'esprit de ceux qui n'auraient pas toute la connaissance de la chorographie 2, je suivrai mon premier dessein et dirai que Belleville, du diocèse de Lyon, ne serait pas mal nommée si elle était un peu mieux habitée, car on en pourrait bien dire ce que dit saint Jérôme, de la ville de Verceil en Piémont : raro habitatore semiruta, ce qui est pourtant grand dommage. Je ne sais d'où lui peut provenir ce mal, si pour être trop proche de Villefranche 3, ou à cause de la malignité des eaux qui rendent la ville (à ce que l'on dit) malsaine, il ne serait pas difficile de la repeupler et de la mettre en bon état, soit en desséchant ou nettoyant ses fossés et rendre l'eau coulante, ou en y logeant le bureau de l'élection du pays qui est à Villefranche, qui s'en pourrait bien passer, la ville étant assez puissante d'ailleurs, et cela rendrait Belleville une autre bonne ville du Beaujolais qui est assise et située en un très bon pays, même produisant des oignons en quantité pour fournir partie de la province. Elle est en une belle plaine, sur le chemin de Lyon à Villefranche et de Villefranche à Mâcon et par toute la Bourgogne ; elle est éloignée du côté du levant d'environ de 200 pas de la rivière de Saône qui sert aux habitants d'une agréable et jolie promenade l'été après souper. L'enceinte de la ville est ronde, garnie de bonnes murailles et de larges fossés remplis d'eau vive ; elle a quatre portes, celle qui regarde Villefranche en porte le nom, celle qui va vers Mâcon de même, celle du couchant et qui mène à Beaujeu s'appelle pareillement la porte de Beaujeu, et celle qui conduit à la rivière s'appelle la porte de Vivier.

i. L, T, C, B, V : rivière. — 2. L, T, C, B, V : géographie. — 3. Le manuscrit C porte ici en note d'une écriture du commencement du siècle : « Dans les anciennes cartes de la France on voit une ville près de la rivière de Saône, entre Mâcon et Anse, appelée Luna ; on présume avec quelque fondement que c'est Belleville. Cette ville est beaucoup plus ancienne que celle de Villefranche; en 1 1 59, lors de la fondation de l'abbaye de Belleville, il n'y avait qu'une tour à Villefranche, où le prince levait un péage et un petit hameau. »

L'histoire remarque qu'elle n'a pas toujours été en si petite considération qu'elle est puisqu'il s'y est tenu un concile provincial sous saint Louis, au rapport de Paradin, en l'histoire de Lyon, fol. 208.

Il y avait, outre la maison abbatiale et l'abbaye ou monastère des moines, une autre maison des Templiers qui avaient une portion sur le péage dudit lieu, comme appert d'une requête qui est au fol. 47 du 1. de l'an 1369, de la part des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, demeurant en ladite maison du temple à Belleville, à Jean de Thelis, seigneur de l'Espinace, lieutenant de M. de Beau jeu et général gouverneur de la terre dudit seigneur demandant d'être payés de ce qui leur était dû sur le péage de Belleville qui avait été donné à leurs prédécesseurs templiers par les seigneurs de Beau jeu, ce qui leur fut accordé à Villefranche, le dimanche devant la Saint-André, de l'an 1369, en présence des gens du conseil dudit seigneur. J'oserai croire que le crédit et la puissance des princes de Beaujolais qui y faisaient leur séjour et qui étaient alors proches parents des rois de France faisaient considérer cette ville-là plus qu'elle n'est pas aujourd'hui, ou que les malheurs qu'elle a soufferts sous les huguenots qui l'ont détruite et gâté tous les tombeaux des princes qui étaient dans l'église abbatiale, l'ont empêchée de se relever; outre que la seigneurie de Beaujolais étant passée dans la maison des ducs de Bourbon qui faisaient leur séjour à Moulins, cette ville s'en est ressentie, comme Avignon de la retraite des papes à Rome, de Poitiers, depuis qu'il est sorti des mains des ducs de Guyenne, de Pamiers, depuis que les comtes de Foix ont cessé, de Béziers de même; ainsi que beaucoup d'autres qui auraient été des tanières de loups et de renards si nos rois n'avaient érigé des cours de parlement, ou des présidiaux à la place du séjour des princes qui y demeuraient auparavant que ces villes fussent réunies à la couronne. Josias Sincerus (au rapport de Severt, en ses Evêques de Mâcon, fol. 140) dit que cette ville était l'ancienne Lionna l des géographes, par ces mots de Severt : Ea urbs secundo, patrix Bellijocensis Lunna vociiabatur.

J'ai fait voir au chapitre de Villefranche ce que l'on en peut voir 2 et conjecturer.

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