I. T, C, B, J, V : Lunna. — 2. L, T, C, B, J. V : croire
L'église abbatiale est encore sur pied, belle, élevée et bien bâtie à l'antique; ce n'est pas qu'elle ne se soit ressentie du malheur du temps des huguenots, aussi bien que l'abbaye qui est toute à bas et dont il ne reste rien que quelques vieilles masures qui font voir fuit Ilium et ingens gloria Dardaniœ. Mais la piété de ses habitants, qui sont fort humains, civils et courtois, n'a pas peu contribué à la maintenir et à la décorer, et c'est encore aujourd'hui une des belles églises qui soit à vingt lieues à la ronde.
La fondation de l'abbaye et des chanoines réguliers de Saint-Augustin est attribuée a Humbert II, seigneur de Beaujeu, l'an 1158 l, au sujet que je vais déduire. Ce prince était lié et attaché au monde par deux 2 chaînes, la jeunesse et les richesses (ainsi qu'écrit de lui Pierre le Vénérable, abbé de Cluny), et vécut ainsi en grande licence et liberté; mais, soit que Dieu en voulût faire un vaisseau d'élection, par les prières et sollicitations du même abbé, son beau-frère, et qu'il le voulût ramener au droit chemin de salut, permit qu'il prît un jour les armes contre quelques siens ennemis du pays de Forez, avec lesquels étant venu au combat, il perdit un de ses plus braves chevaliers nommé Geoffroy d'Idem. Après le combat achevé, chacun se retira chez soi et, à peine deux mois s'étaient écoulés, que le défunt Geoffroy lui apparut, l'avertissant de ne pas se trouver à l'expédition d'Ame, comte de Savoie, où il délibérait d'aller, pour ce que, s'il y assistait, il serait misérablement privé des biens et de la vie. Cette vision donna telle frayeur à ce jeune prince que, suivant l'avis de Guichard de Marzé, son principal conseiller, il voua d'aller en Jérusalem visiter le sépulcre de N.-S., où étant, il prit l'habit et l'ordre des Templiers (c'est ce que rapporte ledit Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, au 1. I des miracles arrivés de son temps, ch. 27) quoiqu'il eût femme et enfants 5, lesquels souffrirent beaucoup pendant son absence, d'autant que leurs
1. Le manuscrit C porte 11 59 et en note : « La fondation de l'abbaye de Belleville est de Humbert III ou II, seigneur de Beaujeu, l'an 1 1 59, confirmée par Guichard, archevêque de Lyon en 1179. Voy. aussi sur cette fondation tome 2, chap. 6, concernant Humbert III, 8e seigneur de Beaujeu, p. 260 et suiv. Quelques-uns prétendent que c'est Humbert II qui a fondé l'abbaye de Belleville; la commune opinion est que c'est Humbert III. » — 2. L, T, C, B, V : fortes. — 3. G : « Paradin. Hist. de Lyon, 1. 3. fol. 406, l'an 11 58. »
voisins, croyant que ce prince qui s'était lié par vœu à l'ordre des Templiers ne retournerait plus au pays, empiétèrent sur sa seigneurie, s'emparèrent de ses droits, travaillèrent ses sujets, sans que personne osât s'opposer à leurs violences. Sa femme s'étant plainte à Héraclius, archevêque de Lyon, et à Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, son frère, et les ayant priés d'interposer leur crédit auprès de Sa Sainteté pour faire retourner son mari, autrement que sa maison et ses enfants allaient prendre fin, ces deux prélats, considérant l'importance de cette affaire, en écrivirent au Saint-Père, afin qu'il lui plût de commander à ce prince de se déporter du vœu qu'il avait fait en la religion des Templiers et de venir défendre sa maison, sa femme et ses enfants, ce qu'il fit ; à quoi Humbert obéit et s'en retourna chez soi et, pour se délivrer du scrupule du vœu qu'il avait fait de vivre et mourir en la religion des Templiers, il fut persuadé par l'archevêque Héraclius, de mettre une compagnie et congrégation de chanoines réguliers de Saint- Augustin au lieu de Belleville, tellement qu'en l'année 1158, il commença à y bâtir une belle et somptueuse église, en l'honneur de la Sainte-Vierge, laquelle fut dédiée par Pondus, évêque de Mâcon, de l'ordre et consentement d'Héraclius, archevêque diocésain.
L'an 11 64, ce prince, désirant ériger cette congrégation de moines ' en un plus haut degré d'honneur et en dignité abbatiale, s'en alla à Lyon, où, en plein chapitre de la grande église, présent Drogon, élu archevêque après Héraclius, il fit concordat avec Etienne, prieur de Saint-Irénée, à savoir que la congrégation de ladite église de Belleville serait érigée et promue en abbaye, à condition de reconnaître pour supérieur le prieur de Saint-Irénée et ses successeurs canoniquement institués, et qu'il ne se ferait aucune élection en ladite abbaye de Belleville sans l'aveu ou consentement du prieur de Saint-Irénée, et le prieur Etienne en fut le premier abbé, à qui succéda un prieur de Pomiers, nommé Pierre, moine de Belleville, à qui succéda Landric,
1. Le manuscrit C porte en note : « Na. Les chanoines réguliers de l'ordre de Saint-Augustin de l'abbaye de Belleville étaient, dans leur origine, au nombre de trente et avaient à leur tête un abbé régulier. Ce nombre lut ensuite réduit à vingt, à cause de la dépense occasionnée au monastère par le séjour des légats du pape. En 15 10 environ, l'abbaye régulière ayant été érigée en commende, le nombre des vingt chanoines réguliers fut réduit ensuite à dix. »
chanoine de Mâcon, qui posa la première pierre au bâtiment de l'église, l'an 1168. Le quatrième abbé fut Pontius, sous lequel ladite église fut dédiée par Guichard, archevêque de Lyon, Etienne, évèque de Mâcon, et Josse, évèque d'Aire, l'an 11 79 '.
Environ l'an 1200, cette abbaye fit société et communion de biens spirituels avec celle de l'Ile-Barbe, au moyen de l'abbé Pierre de Belleville avec Jaucerand, abbé de l'Ile, ce qui est exprimé par la charte qu'en a rapporté M. le Laboureur dans ses Masures de F Ile- Barbe2. Le feu fut mis à ladite abbaye, le 16 novembre 1567, par l'armée des huguenots que menait le capitaine Pontremat 3.
Au trésor de Villefranche, dans un petit sac coté C. du premier coffre, sont trois pièces, l'une, lettres de madame Anne de France, duchesse de Bourbonnais, par lesquelles elle donne main levée au R. P. en Dieu frère Antoine Foudras, abbé de Belleville, du revenu temporel de ladite abbaye, après que ledit abbé eut reconnu que cette abbaye et les membres qui en dépendent sont de la dotation et fondation des seigneurs de Beaujeu et qu'à eux appartient le droit de garde, toutes les fois que vacation y était, datées du 17 juillet 15 17. La seconde est une procuration passée, le 28 avril desdits mois et an, par ledit sieur abbé, à Jean de Foudras, écuyer, son frère, sieur de Corsenay, pour présenter lesdites lettres de main levée à messieurs les bailli et juge de Beaujolais. La troisième est le procès-verbal sur lesdites lettres, du dernier juillet audit an, n° xxi, secundo 4.
1. C : « quels sont les seigneurs de Beaujeu inhumés dans l'église de Belleville. Voy. ci-après, p. 677. » — 2. G : fol. 127. — 3. sic, pour Ponsonnas? — C : Par lettres patentes de Louis XV, du mois de janvier 1767, enregistrées au parlement de Paris, le 29 janvier 1768, le chapitre de Belleville, composé de 10 chanoines réguliers de l'ordre de Saint-Augustin, a été uni à la congrégation de France dite de Sainte- Geneviève, à la charge par ladite congrégation d'entretenir et faire résider toujours, à Belleville, dix chanoines pour y faire le service divin. L'église est sous l'invocation de Notre-Dame. — 4. C : Na. En 1791, l'abbaye et chapitre de Belleville ont été supprimés, ainsi que tous ceux du royaume et tous les biens en dépendant ont été vendus au profit de la nation de France, pour subvenir aux besoins de l'Etat et pour en acquitter les dettes immenses. Le prix de la vente de ces biens a excédé six cent mille livres. L'abbaye et chapitre jouissaient outre cela d'un 5e du péage de Belleville qui a été supprimé; lequel 5e faisait un objet de 2500 1., tous frais faits; ils jouissaient outre cela encore des dîmes de la paroisse en blé et en vin et des dîmes de quelques autres paroisses, lesquelles dîmes ont été supprimées, ainsi que toutes celles du
Auprès de Belleville, s'est donnée autrefois la bataille de Gouchou, entre les Français et les Bourguignons; la place où se fit ce conflit est encore entourée de fossés.
Il ne faut pas oublier ici un anniversaire qui se fait tous les ans audit lieu, le vendredi après la Saint-Denis du mois d'octobre, avec grande solennité et oraison funèbre que doit faire un cordelier de Villefranche, auquel assistaient autrefois tous les officiers et gentilshommes de la province, qui étaient défrayés dans ladite abbaye et avaient encore chacun cinq sous '. On y faisait aumône de pain à tout
royaume. En la même année 1791, on a démoli la tour ou auditoire de Belleville étant au carrefour de la ville, dont M. le Duc, baron de Beaujolais, était le seigneur haut justicier. Cette tour servait aussi de prison.
1. Le manuscrit C. porte ici en marge : u Pendant la vacance du siège archiépiscopal de Lyon, en 1269, Girard de Beauvoir ou de la Roche, qui avait l'administration de l'Église de Lyon, voulut favoriser les chanoines de Lyon, dans l'exercice de la portion de justice que ceux-ci prétendaient leur appartenir, depuis le partage fait sous l'épiscopat de Raynaud de Forez. Les citoyens de Lyon, qui souffraient impatiemment les vexations qu'exerçaient les officiers de justice du chapitre, se révoltèrent; c'est à cette occasion que Girard de Beauvoir ou de la Roche tint un concile à Belle- \ille en 1269, composé de l'archevêque de Vienne et des évêques du Puy, de Chalon et de Mâcon, où il excommunia les citoyens de Lyon et jeta un interdit sur la ville; la sentence de ce concile rappelle tous les excès des citoyens. Voy. Histoire de l'église de Lyon, par M. Poullin de Lumina, imprimée en 1770, ch. 3, épiscopat de Robert de la Tour d'Auvergne. — Nota. Avant la fondation de l'abbaye et chapitre de Belleville en 11 59, l'église paroissiale de la ville de Belleville était au hameau d'Aiguerandes, près de la ville, on ne sait sous quel vocable. — Il y a, dans l'église de Belleville, deux chapelles, dont Tune est sous le titre de Saint-Denis et à la nomination de M. le duc d'Orléans ; l'autre est sous le titre de Saint-Nicolas et est à la nomination du seigneur de L'Ecluse. — Edouard II, seigneur de Beaujeu et de Dombes, étant mort en 1400, Amé VIII, comte de Savoie, demanda à Louis II de Bourbon, donataire d'Edouard, l'hommage des villes et des châteaux compris dans cette donation, qui étaient situés dans le pays de Dombes et relevaient de sa couronne, suivant le traité de 1337. Louis de Bourbon refusa, sans raison ni prétexte, de rendre cet hommage. Amé VIII, irrité de ce procédé, résolut de s'en venger par la voie des armes. Dans cette vue, il envoya Amé de Viry, à la tête de mille chevaux, commencer des hostilités. Viry, en peu de temps, s'empara des villes d'Anse, Belleville, Chalamont, Lené (sic, pour Lent), alla former le siège de Thoissey ; mais Châteaumorand, à la tête des troupes de Louis de Bourbon,reprit Anse, Belleville, fit lever le siège de Thoissey, poursuivit Viry jusqu'à Ambronay, où il surprit et défit une partie des troupes ennemies. Le sujet de cette guerre ayant été mis en négociation, on envoya des députés au comte de Savoie, qui, après Hist. du Beaujolais. 16
venant, jusqu'à la valeur de sept ânées de blé et j'ai lu, dans le trésor de Villefranche, que, l'an 1507, il s'y trouva 348 prêtres, tous nommés par leurs noms et surnoms, qui y dirent messes comme ils sont marqués dans un rôle du sac C. 2 du icr coffre, à tous lesquels et aux officiers on donna à dîner au logis de l'Écu, qui coûta 8 livres, et encore fallutil compter 30 sous de poisson qu'on avait omis au compte de l'année précédente. Mais, depuis quelque temps, personne n'y assiste plus et Ton a joint les sept ânées de blé à la Charité de ladite ville et l'on dit seulement une grand'messe à diacre et sous-diacre et, après l'évangile, un père cordelier fait l'oraison funèbre de ce prince et, pour son payement, il a demi-pistole du fermier de Mademoiselle. Audit service peuvent assister tous les prêtres du voisinage et y dire messe, etc.
Les officiers de Belleville, juge, lieutenant et procureur fiscal ont chacun 31 sous 6 deniers pour leur assistance et tout prêtre qui s'y trouve, quand il yen aurait un cent, perçoit, ce jour-là, dix-sept sols six deniers et demi, à la place du dîner et des cinq sous, parce que chaque prêtre ou curé circonvoisin y menait avec soi son clerc qui faisait bonne chère à l'abbaye, les curés étant bien aises de faire du bien à leurs valets aux
quelques conférences, convinrent unanimement que l'hommage demandé par le comte de Savoie lui était dû incontestablement. Louis de Bourbon fut obligé d'en convenir, mais il demanda du temps et différa de rendre ce devoir, il demanda même une nouvelle journée à Villars, en Bresse, pour se procurer des éclaircissements. Il y eut des députés de part et d'autre, et comme il n'était pas possible de se refuser à l'évidence des droits du comte de Savoie, il fut convenu que Jean de Bourbon, comte de Clermont, fils aîné du duc de Bourbon, ferait l'hommage au comte Amé VIII, convention à laquelle le duc de Bourbon consentit. (Hist. universelle depuis le commencement du monde jusqu'à présent, tom. 82 et moderne tom. 42 ; Hist. de Savoie, page 233, éd. in-12 1785. Nicolas Gilles, Hist. chron. de Charles VI. Paradin, Chron. de Savoie.) — Le duc de Bourgogne avait fait un traité de ligue avec le duc de Savoie contre le duc de Bourbon par lequel ces deux confédérés résolurent de demander à Jean, duc de Bourbon, les hommages des fiefs qu'il tenait d'eux, s'engageant, dans le cas de refus, de leur faire la guerre, statuant que tout ce qu'ils conquerraient dans le Beaujolais et au-delà de la Saône demeurerait au duc de Bourgogne et que tout ce dont ils s'empareraient en deçà de la même rivière resterait au duc de Savoie. Ce traité conclu, le duc de Bourgogne rassembla ses troupes et fondit sur le Beaujolais, prit Belleville, plusieurs autres châteaux et ravagea cruellement le pays. Mais, pendant qu'il exerçait ces hostilités dans le Beaujolais, le duc de Bourbon commettait dans le Charolais les mêmes dévastations. (Hist. univ., tom. 82 et moderne 42. Hist. de Savoie, p. 29$. Hist. de Bourg., Chron. de Savoy e. Chieza.)
dépens d'autrui ; depuis que ce dîner a été converti en argent, chaque prêtre y va seul. Or le sujet pourquoi les officiers ni les gentilshommes n'y assistent plus est venu qu'une année, je ne sais précisément laquelle, M. de la Terrière, lieutenant général de la province, y assistant avec la cape et l'épée, comme on dit, botté et éperonné, voulut précéder à l'offrande tous les gentilshommes, ce qui mit le désordre, les gentilshommes disant que, s'il marchait en qualité de lieutenant général, avec sa robe et son bonnet, ils ne lui disputeraient pas le pas, mais qu'ils ne souffriraient pas qu'il marchât, en qualité de gentilhomme, qu'à son rang. Depuis cette année-là, personne n'a voulu y assister et les moines ont aboli le dîner et l'ont converti en argent. Il y a toujours un cordelier de Villefranche qui y va faire l'oraison funèbre; je n'ai pu trouver dans Belleville ni ailleurs la fondation d'une telle solennité; je crois pourtant qu'elle vient d'Edouard, fils et successeur de Guichardle-Grand, à ce que j'ai vu d'un fragment de son testament, et, dans le trésor de Villefranche, il y a lettre de mademoiselle de Montpensier sur la requête présentée à S. A. R. et à messieurs de son conseil par les consuls de Belleville et les officiers de l'association de la confrérie de la Charité par lesquelles S. A. unit et affecta, à ladite confrérie, l'aumône de sept ânées de blé seigle, payable par an par les fermiers de Beau jeu et de Tourvéon, la veille du vendredi avant la fête de Saint-Denis, de chaque année, en ladite ville de Belleville, en date du 12 octobre 1621.
Il y a, dans le trésor, un dénombrement rendu par messire Philippes de Chiel l, abbé dudit lieu, pour rentes à prendre sur les héritages sis es paroisses de Saint-Lagier, Charantay et Oudenas, qui avaient été acquises es années 1528, 1529, 1531, 1532.
Les privilèges de cette ville furent confirmés, par lettres patentes de Sa Majesté, au mois de juillet 16 19, avec la création de deux foires par an que M. Jean, duc de Bourbon, leur avait accordées par ses lettres du mois de mai 1457, l'une desquelles est au jour de Saint- André et l'autre 2
Don de la châtellenie de Belleville et péage de Beauregard au comte Guido Ras Lyon >, chevalier de l'ordre, qui avait servi Sa Majesté en Italie, à La Balme en Dauphiné, le 13 avril 1537 ^.
1. Les mss. portent Déchiré. — 2. Blanc dans le texte des manuscrits. — 3. L, T, C, B : Rangon. J : Rarbon. — 4. G : fol. 210 du vol. 5.
Il y a lettres du don tait par le roi de la châtellenie, terre et seigneurie de Belleville et ensemble du péage de Beauregard, sa vie durant, au sieur duc d'Atria, chevalier de l'ordre, lequel, pour l'affection qu'il avait au service du roi, avait été dépouillé de ses biens au royaume de Naples, en tous leurs droits et juridictions, haute, moyenne et basse mère et mixte, impère, hommes, vassaux, vasselages, fiefs, arrièrefiefs etc., à Fontainebleau, le 23 février 1538 ' ; il eut encore les terres de Dracé et d'Amorges en toute justice, à Paris, le 2 juillet 1539.
La seigneurie- et prévôté de Belleville, de Dracé et d'Amorges fut aliénée par le roi François Ier qui en fit don, aussi 2 pour sept ans, au sieur Antoine Rançon 3, son maître d'hôtel, le 21 avril 1541 4.
Le même roi en fit don au sieur Pierre de Strozzy, chevalier de Tordre, conseiller et chambellan ordinaire du roi, à Fontainebleau, le 4 décembre 1543 , qui fut mis en possession réelle et actuelle par sentence donnée par M. le lieutenant général de Beaujolais, en l'auditoire, le 7 avril 1543, lequel sieur de Strozzy eut confirmation dudit don par Henri II, en l'an 1552, à Folembray, le 25 juillet.
Mgr de Montpensier l'a depuis retirée et en a fait une châtellenie et prévôté > à laquelle ressortent les paroisses 6
Les officiers d'aujourd'hui sont Me Jean d'Epinay, avocat en parlement, prévôt et juge; Me Aimé Tamisier, lieutenant, et Me Claude Mignot, procureur fiscal 7.
Il y a deux échevins pour l'administration des affaires de la ville.
Il y a, dans l'enceinte de cette paroisse, un fief noble, appelé Lamarlisière, qui appartient au sieur François Mignot, écuyer, lieutenant général civil et criminel au bailliage de Beaujolais.
Il y a un grenier à sel.
Le terroir est un très bon pays, non guère éloigné de la rivière de Saône qui lui fournit de très bons poissons en abondance, et le terroir
1. G : fol. 227 du vol. 5. — 2. L, T, C, B : donatif. V, J : don pour sept ans. — 3. J : Ravion. — 4. G : fol. 14 du 2e vol., fol. 263 du vol. 5 des enregistrements. — 5. Le manuscrit C. porte en note : « La prévôté de Belleville comprenait avant les années 1603 et 1604 les paroisses de Saint-Jean d'Ardières, Dracé, Taponas, Chiroubles, Villié, Lancié, Corcelles, Fleurie. » — 6. Blanc dans le texte; le manuscrit C. ajoute : « de Chiroubles et les parties dépendantes des paroisses de Saint Jean d'Ardières et de Taponas, situées en deçà de la rivière d'Ardières. » — 7. Ce dernier paragraphe manque dans les manuscrits T, C, B, J.
est si bon qu'après la récolte fixité on y sème des oignons qui suffiraient en un besoin pour pourvoir toute la province.
II. Dracé, 27 e paroisse. — Dracé, très bon pays et des meilleurs, est une paroisse du diocèse de Lyon, dépendant de la collation du prieur d'Arnas qui en est le décimateur; le chapitre de Beaujeu y a le droit des dîmes dans l'enclos appelé les Condamines de Beaujolais \
Le seigneur de L'Écluse en est seigneur haut justicier, à cause de son château de L'Écluse qui est en cette paroisse qui était autrefois dans la châtellenie de Belleville, mais qui en a été aliéné par les tuteurs de feue madame de Montpensier.
Outre quoi il y a un fief, nommé Baleure 2, appartenant au sieur de La Plaigne, duquel il y a un dénombrement rendu, le 12 mars 1539, par Delmas Germanet, écuyer, seigneur de La Plaigne, pour sa maison assise à Dracé, près Belleville, avec le pourpris, grange, colombier, jardin, terre, prés et bois, etc.; l'an 1541, appartenait à damoiselle Claude, dame de Chanains, de La Taissonière, Vuillion et Reyrieu, puis, en 155 1, a Philibert et Antoine Naturel, frères.
Autre dénombrement rendu, le 17 mars 1539, par noble François de Salornay, aux villages de La Maison-Blanche, Dracé, Percieu, Massieu, Reyrieu et Pollieu.
Un dénombrement, du 12 mars 15 3 9, par la veuve'Robert Bailly, des cens et servis que Audry et Claude Bailly, ses enfants, possédaient, tant en grains, argent, poules, que poussins, es paroisses de Dracé, Lancié, Saint-Didier, Mognens et autres paroisses.
Autre, du 5 avril 155 1, par Claude Bailly, des cens et servis qu'il possédait es paroisses de Dracé, Courcelles, Lancié, Romanêche, Saint- Jean-d'Ardières, Fleurie, Saint-Romain, Charantay, Saint-Georges-de- Rogneins, Belleville et Taponas ; et, le 6 juin, ledit Bailly ajouta à ce dénombrement : porter en franc aleu, en la paroisse de Dracé, une maison haute et basse, avec les granges, cours, jardins et verchères y joignant, assis près du chemin 3 tendant de l'église de Dracé à Preuvel 4, avec une autre maison assise proche la précédente, en un bois assis joignant la terre du seigneur de La Plaigne de matin.
1. De Beaujeu. — ■ 2. L, T, C, B, V : nommé La Plaigne, appartenant au sieur Belet de Tavernos, de quoy il y a un dénombrement. — 3. L, T, C, B, J, V : assis près de Cercié, tendant. — 4. L, T, C, B, J, V : Preyvel.
III. Sainl-Jean-d 'Ardière, 28e paroisse. — Est du diocèse de Lyon, bon pays et des meilleurs, est prieuré dépendant de l'Ile-Barbe, dont le prieur est décimateur avec le chapitre de Beaujeu, au mas de Pormia ' qui lui fut donné, l'an 1223, au mois d'octobre, par Hugues Borde, chanoine dudit Beaujeu, par testament, avec cent sous pour son enterrement.
Cette paroisse appartient, en toute justice, au seigneur de L'Écluse, comme aussi Dracé et Taponas.
Il y a un moulin dépendant de la commanderie de Belleville.
Le château de Piseys est en cette paroisse, comme appert d'un dénombrement, du 8 mars 1539, par Guillaume de Nanton, pour le château et maison forte de Piseys en la paroisse de Saint-Jean-d'Ardière.
Autre dénombrement, du 13 mars de la même année 1539, par noble Jean de Garadeur, seigneur de L'Écluse et de Solly en Beaujolais, pour sa maison forte de L'Écluse, en la paroisse de Saint-Jean-d'Ardière.
Vente faite, à noble Renard de Sainte-Colombe-Nanton, seigneur dudit lieu de Sainte-Colombe, par les sieurs commissaires de M. le duc de Montpensier, le 21 février 1604, des cens, servis, droits de justice et autres droits seigneuriaux, dus par les sujets sur les héritages situés au deçà de la rivière de Saint-Jean-d'Ardière, qui demeurent audit seigneur et des cens, servis, rentes, droits de justice et autres droits seigneuriaux appartenant audit seigneur sur la paroisse de Saint-Ennemond-de-Piseys, dépendant de la châtellenie de Beaujeu, à la réserve des ban et arrière-ban, foi et hommage et ressort de justice 2.