L, T, C, B, V : primitive
moniaux qu'il possédait dans le Languedoc, à lui advenus de l'héritage de ses prédécesseurs/ issus d'Ansberg, le sénateur que toute l'histoire reconnaît pour chef de cette illustre race et encore ceux qu'il possédait dans l'Aquitaine, de la défaite des ducs Gaifer et Hunaud ; au moyen desquelles inféodations il établit un grand nombre de ces braves hommes appelés vassi, en leur inféodant des terres capables de les entretenir selon leur condition, afin que son fils pût être assisté de leurs armes, toutes les fois qu'il aurait besoin d'eux.
VI. — Depuis ce temps-là, nos rois, voyant que la principale force de l'état consistait en la valeur des gens de guerre et les voulant obliger d'exposer leur vie pour leur service toutes les fois qu'ils en seraient requis et mandés par la convocation du ban, continuèrent de leur inféoder les terres de leur domaine, à quoi ils se virent peu de temps après forcés par les infestations des Normands qui rendirent le service des gens de guerre absolument nécessaire.
VII. — A l'imitation de nos rois, ceux qui possédaient des biens en alleu £ ou du patrimoine de leurs prédécesseurs, ou qu'ils les eussent acquis par voies justes et légitimes, les inféodèrent à des hommes de valeur, et principalement les évêques et abbés en inféodèrent une grande partie, ou à des seigneurs qui, les tenant sous le nom de vidâmes ou d'avoués, étaient obligés de les défendre et les protéger, ou bien à d'autres gentilshommes, sous l'obligation de la foi ou de l'hommage et du service en guerre.
A cela faut ajouter la soumission volontaire de ceux qui ayant toujours possédé leurs biens en alleu les reconnurent volontairement en fief des grands seigneurs, soit que ce fût pour se mettre sous la protection, comme fit Pierre, comte de Melgueil, qui donna, à l'Église romaine, sa comté que lui et ses prédécesseurs avaient toujours tenue en alleu, de peur que le comte de Toulouse qui l'environnait de toutes parts ne lui cherchât quelque querelle pour l'en déposséder ; laquelle comté lui-même, comte Pierre, reprit en fief du Saint-Siège, sous la prestation 2 annuelle d'une once d'or et, par ainsi, de seigneur dominant qu'il était quant à la directité et utilité de son alleu,