CHAPITRE r
ANTiaUlTÊ DES SYMBOLES
§ I. — Origine des Symboles.
Le mot blason exprime à la fois les figures emblématiques qui couvrent Técu d'un gentillioauue et la science qui a pour objet de nommer, d'expliquer ces mêmes figures et d^en régler la disposition.
Le i^lason , les armoiries existent depuis que les hommes se sont divisés en congrégations particulières ; car dès lors il y a eu lotte entre ces congrégâtions, il y a eu collision , il y a eu vainqueurs et .Ytiineus; et Tarmoirie n'étant qu'un signe extérieur qui avait mission de raviver sans cesse le souvenir du fait passé , souvent le vainqueur a dû se parer du symbole de sa victoire. De plus, ces congr^a*.
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14 HlSfOmS mj BUBON.
lions furent régies pnr des chefs dès Tinstant de leur formation, et les chefs, afin de se distinguer de la foule, portèrent des signes extérieurs, des emiiièmes de leur force, de leur puissance. L'un prit pour syoïhole m lion qnll croyait égaler en courage, 1 autre un serpent dont il prétendait avoir la ruse et la prudence : de là les armoiries, de là le Llason. Aussi un grand nombre d'auteurs qui noua ont laissé des traités sur celte matière, adoptent Tétymologie trouvée par un vieux linguiste qui fait dériver, à l'aide d'une ingénieuse metathèse, le mot blmon (lu mot hébreu fiohal porter), ont-ils attribué aux armoiries une origine aussi ancienne que le monde !
Les distinctions, dès les temps les plus reculés, comme au moyen âge, furent empruntées à deux genres distincts, les couleurs et les signes. Elles n'étaient point encore alors devenues un système, une science; mais elles existaient d^à , et Ton voit la haute antiquité en bire un usage constant.
§ n. * Les Couleurs.
En Orient, le blason du royaume, le symbole des castes qui le divisent , c'est la ville elle-même dans ses divisions; Eebatane, par exemple, aiix sept enceintes, aux sept couleurs. « Dejocès, dit Hérodote, fit bâtir par les Mèdes une ville grande et forte ; elle avait sept enceintes circulaires , s'élevant les unes au-dessus des autres et peintes chacune d'une cou*
ANTIQUITÉ DBS SYMBOLES. 1»
leur différente. La première était blanche, la seconde
noire, la troisième pourpre, la quatrième bleue, la cinquième écarlate; enfin les deux dernières étaient/ Tune argentée et Tautre dorée. »
Le ni oins oriental des peuples asiatiques , les Turcs, ont gardé quelque chose de ces traditions. Partis de la vie pastorale, ils ont fait de la tente immobilisée le synfibole de I cmpire. Celte tente a quatre colonnes, qui sont le grand visir et les trois principaux ministres. Elle a deux portes , la porte du gouvernement, la porte de la béatitude : les soins de la terre, le repos du ciel.
A Rome et à ConstanUnople , les factions du cirque étaient désignées par leurs couleurs : c'étaient les blancs et les rouges , et phis tard les bleus et les verts.
Les Juges à Athènes et à Platée , à Rome les candidats et presque tous les magistrats étaient revêtus d'une robe blanche : le pourpre était la couleur des dieux et des rois. Le Sdgneur dit aussi à Moïse : « Parlez aux enfants d'Israël, et dites-leur qu'ils mettent des franges aux coins de leurs manteaux , et quils y joignent des bandes de couleur d'hyacinthe, alin que les voyant ils se souviennent de tous les commandements du Seigneur. «
Mahomet avait un manteau noir, que les califes revêtaient, et qui est conservé dans le trésor de Constantinopie. Un turban vert désigne encore aujourd'hui, parmi les Turcs, un descendant du prophète. Au moyen âge les Juifs étaient astrdnts h
iir mtam du blason.
coutlre hur Rmh-s habits une rouelle de drap jaune.
Les peuples alTecUoniient aussi certaines couleurs ' pour leurs vêtements. Rome, dit MartiaU aime les
couleurs sombres :
Roma magis (mcis yestitur, Gâllia russis.
Dans la Bretagne, comme dans l'Espagne , les vêtements noirs dominent ; les antres populations celtiques pi elereiit les couleurs éclatantes et bigarrées. Chaque clan écossais a un modèle particulier de tartan, aux couleurs spéciales, et il est admirable . que ces clans les aient cuiiservées, malgré les lois les plus sévè*es. Le mot tartan vient du gallique tarstin ou iarmân, de travers; de là le français tyretaùie^ qu'on trouve déjà dans le roman de la Aose comme faisant partie de Tbabillement des femmes. Le tartan écossais se retrouve chez les anciens
Gaulois :
SculaUB, virgat» vestes.
Chez les Irlandais et les Calédoniens, le roi avait le droit de porter sept couleurs, le druide six, le noble quatre.
En France, le blanc était réservé pour le deuil des veuves de rois. La veuve <ie saint Louis fut appelée Blanche à cause de son long veuvage. Dans un acte de i598, tiré des OUm du parlement, Charles VI appelle Blanche sa mère, Jeanne de Bourbon. Il semble que ce fut d'abord uiie chose, particulière aux Espagnols de porter le deuil en noir.
PIme le Vénérable témoigne sa surprise d'avoir
trouvé paiiiii eux cet usage.
Chez toutes les nations où avait lieu la division « en castes, chacune de ces castes était distinguée, selon son rang, par une couleur spéciale ; au moyen âge, certaines nuances étaienl parlkulièreuieut alleotées à désigner un ordre distinct ou une destination déterminée ; ainsi la couleur militaire de Tée^irlate, que les guerriers avaient eue chez les Romains, devint Tattribut exclusif du manteau long et traînant qui, enveloppant toute la personne, était uniquement réservé au chevalier, comme la plus auguste et la plus noble décoration quMl pût avoir lorsqu'il notait point paré de ses armes.
Plus tard les magistrats supérieurs et les docteurs participèrent, avec les chevaliers, au droit de porter rbabillement écarlate, parure qui a fait dire à un poëte :
Douce dame, jo viens de vous aprendre, Sa science est lousjuurs en riche habit, Vaillaoce aussi.
Cette question d'i^ustache Deschamps à dame Vérité foit entendre que de son temps ceux qui s'élevaient au-dessus des auU t s par la science et par la valeur, les chevaliers et les docteurs ou les magistrats, avaient le même costume lorsqu'on n'était point en guerre.
L'usage de Técariate , alïecté aux plus éminents
personnages, tant dans la guerre que dans les lettres,
le privilège de porter la couleur rouge réservé aux
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chevaliers et aux docteurs, introduisit probablement
dans notre langue le mot rouge pour hautain, arrogant, surtout lorsqu^on vit Artevelle, chef des Gantois révoltés et victorieux, se vêtir, dit Froissant ,
de sanguines robes et d'esemialfe. Dans un ou \ rage en vers du xv^ siècle , on lit : Les plus rouges y sont pris. Rouge est mis pour vain, fier, glorieux, et Brantôme s'est encore servi de ce mot dans le même sens en parlant de raiïaire des Suisses à Novare contre Henri de la Trémoille ^qidftUun grand explaii et un grand heur de guerre dont Us devmrent si rouges et si insolenls, qu'ils méprisoienl toutes naliom et pensaient battre tout le mande.
Cette acception du mot rouge en a formé un autre par une légère transposition de lettres. Rogue, au lieu de rouge, est employé pour arrogance, vanité^ insolence.
Le vert était la couleur des chevaliers errants, c'est-à-dire des preux qui allaient à la quête d'aventures pour redresser les torts, venger les opprimés, exterminer les hrigands qui dévastaient le royaume; ou plutôt, en dehors des fictions romanesques qui ont rendu si fameuse la Table ronde, donnons ce nom aux jeunes chevaliers qui se faisaient un devoir de consacrer les preniières années de leur installation dans rordre, à visiter les pays lointains et les cours étrangères, afin de s*y rendre chevaliers parfaits. Le vert dont ils étaient vêtus annonçait la verdeur de leur printemps, comme la vigueur de leur courage.
ANTIQUITÉ DBS STMIIOLES. 49
Cette circonstance n'avait point été omise au tournoi que Charles VI donna en 1580 à Saint- Denis , pour la nouvelle chevalerie du roi de Sicile et de son frère le comte du Maine. L'auteur qui nous en fait la description représente ainsi les vingt-deux chevaliers qui furent les principaux acteurs des joutes , auxquelles on observa religieusement les formalités de Tan tique chevalerie:
Ils aifoient l'eseu verd pendu au col apee la devise gravée m or du roi des C ailes , el esloienl mivis chacun de leur eseuyer qui portoU leurs armels et leurs lances ; el afin d'enchérir pbislosl que de rien oublier de tout ce qui se publie de plus imu^nifiq^œ ^ desjofusies et des pas d'armes des anciens paLadhu et ehevaUers erranls, ils aUendireni les dames que le roi avoit destinées pour les ecnduire aux Uces, et qui s'y esloienl prépar ées avec des habils de la même livrée qui estait d'un verd brun , brodé d'or et de perles,
L^AUemagne barbare et féodale aimait le vert, la couleur de la torre, d'une terre verdoyante. La France féodale, mais non moins religieuse, a préféré les couleurs du ciel.
§ m. — Les Signes.
Les signes ont une anti({iiité [ion moins reculée. Pour Porigine des armoiries, eu elîet, on est allé jusqu^à Noé; je crois même qn^on a cité Adam comme l'inventeur du blason, et l'on pouvait h bon droit, comme conséquence extrême d'une logique
to HISTOIRE DU BLASON.
rigoureuse, remonler au premier homme, si Fadoption d'un symbole oonstitue Part héraldique; car, ainsi que je fai déjà dit, il y a eu lutte dès la formation d'une première société, et par suite enfantement d'emblèines ; en ne faisant aucune différence entre les emblèmes et les armoiries, des savants ont été loLit naturellement conduits à trouver le blason, tel qu'il se produisit au moyen âge, debout sur les tentes du camp des Israélites.
Déjà après Noé, effectivement, les enfants de Seth , pour se disUuguer de la race maudite de Cain, avaient pris pour symboles les figures de diverses choses naturelles, comme des fruits, des plantes et des animaux; et les enfants de Caïn s'étaient distingués par les instruments des arts mécaniques quils professaient. Tubal, le créateur des trompettes d'airain, portail pour signe tlistinclif une représentation figurée de l'instrument qu'il avait inventé.
On formerait une bibliothèque entière de livres consacrés à des controverses sur Télymologie du mot blason et sur l'antiquité de cette science. Tous les peuples anciens ont trouvé de zélés partisans qui leur voulurent faire honneur de l'invention des armoiries. L^Ëgypte, cette terre classique des hiéroglyphes et des emblèmes, dit l'un, est certainement rinventrice des images symboliques , des armoiries. — Non, reprend Tautre, c'est au peuple de Dieu qu'était réservé cet honneur. Lorsque les Hébreux, conduits par Moïse, échappèrent, par une suite de miracles, éclatante manifestation de la
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protection divine , à la tymunle des Pharaons , ne canipèrent-ils point par tribus ou familles, distin-
gut'os par leurs enseignes et drapeaux ? Les douze tribus ne portaient-elles pas des armoiries, ainsi qull résulte des expressions de Jacob, prédisant à ses enfants ce qui leur devait arriver après sa mort? La tribu de Juda portait un lion, puisque Jacob dit au chef de cette tribu , caiulm leam Juda; la tribu de Zabulon une ancre, Issacbar on âne, Dan un serpent, Gad un homme aimé, Siméon uiie épée, Aser des tourteaux, Nephthali un cerf élevé. Joseph n^avait-ii pas pour armoirie un soldl et une lune avec des pommes d'or, Ephraïm une tète de taureau, Manassès des cornes de riiiiiucéros, Huben des mandragores ?
Ouvrons le livre, ou, comme le dit Fauteur dans sa dédicace, le livret de Philippas d'Aquiu, aux eajUieaUons êu camp des IttroéHies, nous y trouverons une curieuse gravure sur bois représentant les douze tribus avec leurs drapeaux armoriés.
Chaque tribu avait sa pierre sur le pectoral du pontife; cette pierre précieuse, de couleur distincte, donnait le fond de chaque diapeau , et sur chaque drapeau il y avait Tun des signes énumérés tout à rheure, et qui rappelait un souvenir cher à la tribu.
Le P. Petra Sancla, 1 ingénieux inventeur, (ommc nous le verrons plus tard, de remploi des diUérents traits pour exprimer les couleurs, veut, lui, que ce soient les Assyi'iens qui les premiers aient trouvé les armoiries. J^iemrod, en effet, portait pour orne-
n HiSTomc DU blason.
ment et pour Hignuin de sa puissance un bélier ; les annes des rois d'Assyrie étaient une colombe dVgent , et c^est peuirètre à ce bîamn des rois et reines de Babyloiie, de ÎNiiuis, de Sémîramis et de Nabuchodono&or, que le prophète Jéréinie fait allusion dans ces paroles aux Juifs : DereHquU quasi leo umbraculum siium , cfuia fada est terra eorum in desolalionem , à fade irœ columbœ et à fade irœ furorù Janus portait un socq[>tre royal surmonté d*an œil ouvert; Anubis, un chien passant ; un aigle dor était le blason royal des Mèdes.
N'allez pas croire cependant que dès ces tempslà les armoiries et le blason existassent formés de toutes pièces. Non, ils n'étaient encore qu'à Tétat d'emblèmes; l'art héraldique ne les coordonnait pas encore et n^écrivalt point avec eux les relations des faits historiques comme dans le moyen âge. Il n'y avait là rien de fixe, d'assuré, d'héréditaire ; diaque guerrier faisait choix du signe qui s'adaptait le mieux à sa conformation physique ou à son caractère , et le lils n'était nullement tenu de conserver le signe paternel.
§ lY. — Les Emblèmes.
\j emblématique , car c'est le nom qu'il faut donner à cette mode, bien différente de l'art héraldique, traversa les républiques grecque et romaine, et y prit
de l'extension ; Eschyle nous décrit les boucliers des
AM'lQl ITK DES SYMBOLES. t3
sept chefs qui combattireDt devant Thèbes^ et tous les sept portaient un attribut distinctif :
Le peuple, dit le père de la tragédie grecque, dans ses ^pi Chefs, le peuple aux baueUers biancs , s^élance en bon ordre, en faisant entendre son cri
de guerre, au delà de nos reaiparU, marchant sur notre ville.
S^t chefs de Tarmée, distingués par Fédat de leurs armures giierrièree, sont à la tète des différents corps.
Le premier chef, celui qui doit attaquer les portes de Praetus, c^est Tydée.
Poussant des cris énen»iques, il agite trois aij^rettes ombreuses qui flottent comme une chevelure de son casque; des clochettes d'airain, suspendues à son bouclier, sonnent Tépouvante. Il a sur ce même bouclier cet emblème fastueux : le ciel ciselé « flam« boyant d'étoiles; puis, au milieu. Ton remarque plein d'éclat Tœil de la nuit, le premier des astres.
Le second chef qui attaquera la porte d Éiectre, c'est Capanée.
Il a pour emblème un homme nu, armé de feu, et dans les mains duquel brille une torche ; il crie en lettres d'or (voilà bien Fàme de la devise) : Je brûlerai la ville.
Le troisième chef porte un bouclier orné d'emblèmes extraordinaires : c'est un homme armé de •toutes pièces, qui monte lès degrés d^une échelle pour renverser la toui de l'ennemi ; et il crie en lettres d or : Que Mars même ne le rqioimerail pas»
«i HISTOIRE DU BLASON.
Le quatrième chef tourne un grand cercle lumineux , e'est Vùtbe de son boucHer.
Et ce n'était pas un mauvais peintre d'emblèmes qui a représenté sur son bouclier Typhon vomissant une noire fumée de sa bouche au souffle de feu ; puis autour du cercle creux de ce bondier sont incrustés des serpents entrelacés.
Étéocle opposera Hyperbius à ce cinquième chef ; Hyperbius qui porte aussi un emMème sur son bouclier :
Sur le bouclier d'Uyperbius on voit, fermement assis, Jupiter tenant un trait enflammé dans sa main.
Le cinquième chef porte aussi son omblème sur son bouclier d'airain, rempart circulaire de son corps : Le sphinx sanguinaire , opprobre de cette ville , doué et resplendissant d\m éclat qui éblouit. Le monstre tient un entant de Cadrnus sous ses griffes, qui sont autant de pointes acérées dirigées contre sa victime.
Le sixième chef est un devin plein de sagesse qui ne porte point d'emblème sur son écu ; il ne veut point s^annoncer pour brave , maïs il veut Fètre.
Le septième chef est le propre père d^Ëtéocle; voici la descripiion de son boudicar :
Il a un bouclier de forme nouvelle, bien fait, portant un double emblème habilement lixé qui représente une femme guidant un guerrier ciselé en or; elle modère ses pas et dit (dans Pâme de la devise ) : Je mm la justice , je ranimerai cet honanc ; je lui rendrai sa patrie et l'héritage de ses pères.
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Les Argonautes, qaî, soiis la conduite de Jason, prirent part à la eonquète de fa Toison d'or, avaient tous adopté un symbole particulier.
Alexandre le Grand, voulant honorer ceux de ses capitaines et soldats qui s'étaient distingués par quelques actions d'éclal, leur accorda certains emblèmes particuliers qu'ils devaient porter sur leurs armes ; il défendit expressément au reste de ses sujets de prendre ces distinctions sans une autori- . sation formelle de sa part , et se réserva exclusivement le droit de les conférer.
Virgile et Ovide nous représentent leurs héros portant sur leurs boucliers et sur leurs casques diverses figures qui les faisaient aisément reooiinaltre dans les combats.
Enée est monté sur un rocher après une tempête qui a dispersé sa flotte, et il cherche s'il ne reconnaîtrait pas quelques-uns de ses navires aux signes distinctils , aux symboles ( arma ) peints sur la poupe de celui de Lapys, par exemple, ou de celui de Caïcus.
On voit qu'^ïrmff ne veut pas dire ici directement armes de guerre offensives, mais bien insignes , et le mot arma me semble en c« sens bien significatif.
Les Saninites , dit Tite-Live , s'ingénièrent à relever rédat de leurs troupes par des armes ornées d'emblèmes nouveaux. Ils formèrent deux légions, dont l une était armée de boucliers d'argent, et Taulre de boucliers d'or.
HiSTOIRB DU BUSON.
§ Y. — Les EnseigneB ontionales.'
Tous les peuples ont eu des symboles ligures ou enseignes nationales ; pour étendards ils avaient çënéraleinent adopté 4e8 figures d'animaux, soit pour rappeler d'anciennes traditions, soit pour inspirer la terreur:
Les Athéniens avaient une chouette;
Les Thraces, une mort;
Les Carthaginois avaient une téte de cheval;
Le symbole des Daces était un dragon ;
Celui des Saxons , un coursier bondissant ;
Celui des Gotlis , un ours ;
Le. chef des druides avait des cerfs pour emblème ; les druides du collège d*Antun (apparemment à cause de la vertu qu'ils attribuaient à Tœuf du serpent), avaient, disent nos vieux biasonneurs, pour symbole, d'azur, à deux serpenté argent surmonté d'un gui de chêne, garni de ses glands de slnople, (Pardon, si je me sers ici de termes que vous ne comprenez peut-être pas encore; mais veuillez vous donner la peine de me lire jusqu'au bout, et j'ose espérer qu'ils ne seront plus pour vous une énigme. )
Les Romftins eurent la louve , le corbeau , puis raigle.
Les légions avaient, chacune, un symbole particulier, une ligure emblématique qui lui était propre et exclusive.
Il y avait, entre autres, la légim foudroyante et
AirriouTTÉ mss symboles. s?
la légion dniyoïmaire , ainsi nommées parce que les soldats de Tune avaient un foudre sur leur boudier, et les soldats de Tautre un dragon. C'était m même temps le symbole fixé au sommet de l'étendard de chacune.
Les Gaulois , auxiliaires de César , avaient pour signe lalouette, hiéroglyphe de la vigilance. Leurs boucliers étaient aussi ornés de figures d'animaux.
Les Parlhes, pour se distinguer, dessinaient des lettres sur leurs habits.
Aux ThermopyleSf dit Pausanias , les Gaulois ne pouvaient se reconnaître, la nuit étant trop sombre pour qu'ils distinguassent les figures peintes sur leurs boucliers.
Les Germains, selon Tacite, avaient de semblables Ogures.
Les légions bretonnes, au service de Rome, portaient sur leurs boucliers l'étoile, le croissant, le grillon, le dragon à deux tètes, le serpent à deux tètes, et autres figures héraldiques.
Les premiers Gaulois qui parurent à Rome comme gladiateurs avaient un poisson (un di-agon?) au cimier de leur casque , et étaient appelés mirmUons.
Les races celtiiiues qui habitaient les montagnes (le la Caiédonie connaissaient, de temps immémorial, l'usage des armoiries. Les clans écossais se cueillaient sur leurs landes et dans leurs montagnes des armoiries végétales dune triste et vivace verdure : llf funèbre, le pin aux feuilles en flèches, le houx piquant comme une clayuiore, le ^ui qui