‹ Histoire du blason et science des armoiresChapitre 29 sur 39 · OBORES FRANÇAIS DE CHEVALERIE · texte numérisé non relu

OBORES FRANÇAIS DE CHEVALERIE

par GuilkiiiDe Fliastre, évèque de Tournay, abbé de Saint-Bertin , chancelier dudit Ordie ; deux volames in-folio, Paris, 1M7.

Le Masùn des armmries de tous les ehe^aUers de V ordre de la Toison-d^Or, avec les noms, surnom», litres el quartiers, éloges, etc., par Maurice, héraut et roi d'armes de Sa Majesté Cathoh'que; iu-folio, la Have, 1667.

Le Mausolée de la Toison-d'Or, ou les Tombeaux des ehevaUers de ce noble Ordre, eomUenant leurs éloges, inscriptions, devises, épitaphes, alliances et eris de guerre; iihi^^ Amsterdam, Desbordes, 1689.

Ordre û» Saiat - Michel.

Les historiens, en parlant de riiisLilulion de cet Ordre, assurent que Charles YII, après rapparition sur le pont d'Orléans de Tarchange saint Michel, qui lui annonça rexpulsion définitive des Anglais, prit pour son oriflamme Fimage de cet archange avec deux devises tirées des prophéties de Daniel, Tune portant ces mots : Ecce Michael , unus de principibus prhms, et verni ixi ac(pUorium meim; Tautre portant ceux-ci : Nemo est atffiOùr meus èi omnibus nisi Michael, princeps noster; et qu'il fit vœu dès lors d'instituer, dès qu'il serait paisible possesseur de ses États, un nouvel Ordre de chevalerie en l'hon-, neur de cet archange, qui est le gaidien du royaume

m OUDRES F1U.NÇA1S DE CU£YAL£Ri£.

de France. U en fit peindre Timage sur son étendard

ou bannière, semée de (leurs de lis sans nombre. Ce prince n'ayant po mettre à exécution son vœu avant sa mort, Louis XI, son fils, pour remplir la volonté de son père, établit cet Ordre le i**"" août ii69, et lixa ie nombre des ebevaliers a trente-six. La preliëre promotion fut de quinze, parmi lesquels on trouve Jean et Louis de Bourbon , André et Louis de Lâval, Georges de La iiénioille, Charles de Bmnol, Antoine et Gilbert de Chabannes.

Dans le serment que faisaient les chevaliers, ils promettaient de soutenir de tout leur pouvoir les droits de la dignité de la couronne de France et l'autorité du roi envers et contre tous. Suivant les anciens statuts, les chevaliers doivent être gentilshommes de nom et d^armes , et sans reproches. Le roi s^exprimait ainsi dans le préambule de ces premiers statuts : • Pour la très-parfaite et singulière amour qu^ivons au noble état de chevalerie, à la gloire de Dieu et de la Vierge Marie, et à Thonneur et révérence de monseigneur saint Michel, archange, premier chevalier , qui , pour la querelle de Dieu , batailla contre le dragon ancien , ennemi de nature humaine, et le trébucha du ciel : Nous, le premier jour d'août 1469, la neuvième année de notre règne, en notre château d'Amboise, avons créé et constitué un Ordre de fraternité, ou amiable compagnie sous le nom de Saint-MicbeU etc. »

Cet Ordre ne fut d*abord donné qu'aux grands seigneurs de TÉtat, tels que ceux que j'ai nommés

UADRËS KilANÇAlS D£ CUËVALËRIE. %b9

ci-dessus; et Louis XI ne remplit jamais le nombre

de Lrenle-six chevaliers qu'il avait fixé.

Dans la suite, ce titre d'iionneur fut trop fadiement communiqué. 11 fut même, sous Henri III, avili au point (jne, par une espèce de proverbe, on appelait le collier de cet Ordre le collier à toutes les bêtes. Les grands du royaume n*en voulaient plus depuis qu'il était devenu vénal sous le règne de Henri II, et que Catherine de Médicis, sous François 11 et Charles IX , Tavait fait donner sans égard à la naissance , ni aux services.

De temps en temps on y fit des réformes, et Louis XIV donna en 1661 et 1665 des déclarations très-précises et très-propres à maintenir la dignité de cet Ordre, qui s appelait VOrdre du Roi, de même i|ue celui du Saint-Esprit, Ce monarque réduisit le nombre des chevaliers è cent, parmi lesquels il doit y avoir six magistrats des cours supérieures, et six ecclésiastiques, prêtres, et constitués en dignité d*abbés ou de charges principales dans le chapitre; et quatre-vingt-huit d'épée, qui font preuve de dix ans de service et de trois degrés de noblesse paternelle. Ils portent la croix d'or émaillée et fleurdelisée, attachée à un cordon noir moiré. Il est à remarquer que dans ce nombre de ces cent chevaliers on ne comprenait pas ceux de TOrdre du Saint^ Esprit; car on doit savoir qu'il était d'usage que, la veille, le roi conférait Tordre de Saint-Michel aux seigneurs qui devaient recevoir de Sa Majesté, le jour suivant, le cordon bleu.

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