‹ Histoire du blason et science des armoiriesChapitre 18 sur 48 · DA NA · texte numérisé non relu

DA NA

Celle de marquis est un cercle d'or à quatre fleurons alternés chacun de trois perles en forme de trèfle.

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. Celle de comte est un cercle d'or surmonté de neuf rayons pyramidaux terminés par de grosses perles. |

Celle de vicomte est un cercle d’or surmonté d'une rangée de perles en nombre indéterminé, tandis que pour la couronne de baron le nombre en cst fixé.

La couronne de baron n& diffère de celle du vicomte qu'en ce qu’elle n’a que six perles. Sur les écus et écussons on ne voit que le front de ces couronnes, de manière que celle des barons ne parait avoir que trois perles.

8 LXVIII. — 2% Les Casques ou Heaumes.

Ce n'est que depuis le xv® siècle que le casque se pose de front dans les armoiries ; auparavant il se plaçait de profil sur la pointe gauche de l’écu.

Le casque des empereurs et des rois est d'or, posé de front, ouvert et sans grilles. RTE ME AR

Celui des princes du sang, ouvert’ el avec onze grilles.

Les ducs lont d'argent , de front et à onze grilles.

Les comtes et vicomtes, aux deux tiers d'argent et à neuf grilles. ES it

Les barons, d'argent bruni, posé en trois quarts de front et à scpt grilles.

Les gentilshommes non titrés, d'acier poli, posé en profil avec visière, ouvert à trois grilles.

Les écuyers, d'acier poli, de profil et sans grilles.

DES ORNEMENTS EXTÉRIEURS DE L'ÉCU. 171 ‘Les anoblis, d'acier poli, de prolil, sans grilles et visière presque basse. |

Les bâtards, d'acier poli, de profil, tourné à senestre ou conlourné, sans grilles et visière baissée.

. Quand Napoléon rétablit les armoiries, il substitua à la couronne et au casque une -toque de velours retroussée de vair ou d’hermine, ou de contre-hermine et de contre-vair, selon le rang des personnages.

$ LXIX. — 3° Le Bourrelet.

Le bourrelet est un cercle d’étoffe rempli de bourre,

coloré commeles émaux et les picees de l'écu, et qui se posait sur le casque.

Celui des simples du . se nommait fresque , lorque ou tortil.

8 LXX. — 4° Les Lambrequins.

Les lambrequins représentent des morceaux d’étoffe-tailladés en feuilles , colorés des émaux de l’écu, entourant le casque et descendant aux deux côtés de l’écusson. Ils sont volet quand, découpés en lanières, ils paraissent voltiger au gré du vent; capeline, quand leur forme est celle d’une cape ; mantelet , si elle se rapproche de celle d’un manteau ; et lorsqu'ils ressemblent aux rubans que les dames attachaient aux casques des chevaliers, on les appelle hachements. Le lambrequin , qui, réduit à des proportions minimes, n’est plus qu'un ornement de blason , était autrefois un vélement de têle, soit pour préserver le casque contre l’action de l'air humide, soit pour empècher qu'il ne s’échauffàt trop aux rayons du soleil. Quelques héraldistes pensent aussi que les Jlambrequins symbolisent les branches de

feuillage que les chevaliers mettaient sur leur casque en signe de victoire. Enfin, on en a tiré l'étymologie de ce qu ls tombaient en lambeaux par'les coups que recevaient les chevaliers de leurs antagonistes dans les joutes , tournois et batailles.

S LXXI — 5° Le Cimier.

C'est ornement du timbre de l'éeu et la hi la plus élevée sur les armoiries. Cette pièce tire son nom du lieu élevé où on la mettait, comme on donne celui de cime à l’éminence d’une montagne.

Hérodote attribue aux Cariens la première invention des cimiers. « Ceux de cette nation, dit — il, furent les premiers qui portèrent des aigrettes et des plumes sur leurs casques, et les premiers qui peignirent des figures sur leurs boucliers ; et c’est à cause de ces cimiers que les Perses les appelèrent des cogs, parce qu'ils paraissaient crêtés comme ces Animaux. »

Au rapport de Diodore de Sicile , les rois d'Égypte portaient pour cimiers des têtes de lion, de taureau ou de dragon, pour marques de leurs dignités. Protée, roi d'Égypte, changeaïit tous les jours de cimier:; il portait en tête tantôt un mufle de lion, tantôt lu tète d’un cheval, tantôt celle d’un dragon, d’où les poëtes ont pris occasion de le faire passer pour un dieu qui changeait de forme à tout moment.

C'est ainsi que les premiers cavaliers passaient pour des centaures. ‘On trouve dans les poëmes d'Homère, de Virgile, duü Tasse et de l'Arioste, la description de plusieurs : -cimiers. “C'était ou poùr paraître plus grands ou pour se faire remarquer plus particulièrement dans le combat, ou pour inspirer de la terreur à leurs ennemis, que les cavaliers por-

taient des cimiers qui étaicnt des dépouilles ou la simple représentation des plus fiers animaux.

Les cimiers d'animaux sont fort anciens et ont donné lieu à beaucoup de fables. Les Assyriens représentaient Sérapis avec une tête d'épervier, parce que dans les combats il l'avait pris pour cimier. Jupiter Ammon fut représenté avec une tête de bélier, parce qu'il en portait une dans les combats pour cimier. Alexandre est représenté sur les médailles avec une tête de bélier, parce qu’il se disait fils de Jupiter Ammon, et sur d’autres avec un mufle de lion sur la tête. Géryon portait un triple cimier sur la tête, ce qui a fait dire au poëte qu'il avait trois têtes.

Les cimiers ont servi quelquefois à distinguer les factions : celle des Monaldeschi, anciens gentilshommes d'Orviète en Italie, se partageant en 15950, prit quatre cimiers différents : la biche, le chien, la guivre ou vipére, et l'aigle.

Les cimiers ont servi aussi à distinguer les ben: ches des familles; souvent ils n'ont été qu’une simple devise. Côme de Médicis, duc de Florence, portait pour cimier un faucon d'argent, tenant de la serre droite un anneau d'or garni d’un diamant avec le mot semper, qui était la devise.

Des maisons ont pris pour cimier une pièce de leur écu : le cimier des rois de France est une fleur de lis; celui de l'empire, un aigle; celui de Castille, un château; celui de Lyon, un livn. |

Les Colonnes, d'Italie, ont pris pour cimicr une

DES ORNEMENTS EXTÉRIEURS DE L'ÉCU. 175 sirène; les ducs de Brunswick, un cheval. Les Tartares portent sur leurs têtes des plumes de hibou depuis que le Zingi ou Chinsis fut délivré de ses ennemis par le moyen d’un hibou qui s'était perché sur l'arbre sous lequel ce prince s'était caché; ce qui fit croire à ses ennemis que personne n'était près de là, puisque cet oiseau y était en repos.

On parlera dans tous les lemps du cimier ou panache blanc de Henri IV.

Henri IV, après la mort de Henri IIT, avait été abandonné par la plupart des seigneurs de son armée, et Mayenne se faisait fort de l’amener aux Parisiens pieds et poings liés; mais Mayenne avait affaire à un adversaire qui ne dormait pas, et qu usait, comme disait le prince de Parme, plus de bottes que de souliers. Après avoir battu Mayenne à Arques, Henri de Bourbon le battit encore à Ivry. On sait les paroles qu’il adressa à ses troupes avant la bataille: Mes compagnons, si vous courez ma. fortune, je cours aussi la vôtre. Je veux vaincre ou mourir avec vous... Gardez bien vos rangs, je vous prie; et si vous perdez vos enseignes, cornelles ou guidons , ne perdez point de-vue mon panache blanc, vous le trouverez loujours au chemin de l'honneur el de la victoire. |

$ LXXIH. — 6° Les Tenants ou Supports.

Les tenants sont des ligures d'hommes ou d’ètres idéalement humains ; ils se placent de chaque côté

de lécu,.comme pour le soutenir. Quelquefois il n'y a qu'un seul tenant. |

Le bouclier du chevalier qui voulait figurer dans un pas d'armes devait d’abord être suspendu à un poteau pendant quelque temps dans l'arène, aux yeux de ses adversaires, qui avaient le droit de venir contrôler ses titres de noblesse. Ceux qui voulaient combattre venaient toucher l’écu, qui était gardé soit par des écuyers, soit par des hommes désarmés et déguisés en lions, en sirènes, en grilfons, en lévriers, etc., en êtres mixtes et fantasliques.

De là l’origine des tenants et supports dans les armoiries.

$S LXXII., — 7° Le Manteau.

Le manteau, qui d’abord n’appartenait qu'aux armoiries des rois, a été placé depuis dans les armoiries des princes et des ducs, qui couchent aussi leurs armes comme celles des rois, sous une tente ou un pavillon richement brodé ou frangé. L'usage des tournois, où l’on exposait sur des tapis précieux les

DES ORNEMENTS EXTÉRIEURS DE L'ÉCU. 177 armés des combattants, les pavillons et tentes que les chefs de quadrille se faisaient dresser pour attendre à couvert l'heure d'entrer en lice, sont sans doute représentés par le manteau et le pavillon des armoiries. Le manteau. armorial est cependant fréquemment donné à l'écu des femmes.

& LXXIV. — 8 La Cordelière.

Une guirlande de feuilles ou de fleurs entourant l'écusson d’une dame fut longtemps le symbole de son célibat ou de son veuvage. Mais depuis le xv° siècle on trouve cet ornement remplacé par une cordelière en filet à nœuds, et les écrivains les plus experts dans l’art héraldique ne sont pas d'accord sur l'origine de cet usage.

Les uns disent que, dès l’année 1470, us de La Tour d'Auvergne, veuve de Claude de Montaigu, tué dans un combat, avait pris pour devise une cordelière à nœuds rompus, avec ce jeu de mots bien conforme à l'esprit de l’époque : J'ai le corps délié. Les autres donnent la priorité à Marie de Clèves, mère de Louis XII, dont on voyait le blason ainsi environné sur les vitraux de l'église des Cordeliers de Blois.

. Ce qui paraît plus certain , c’est que la reine Anne de Bretagne, afin de témoigner Ja dévotion particulière qu’elle portait à saint François d'Assise, patron de son père, créa, pour les veuves et demoiselles

de sa cour, un ordre de /a Cordelière. De même que

le roi donnait aux chevaliers de Saint-Michel un collier à coquilles, cette princesse choisit pour signe distinctif de sa nouvelle institution un collier à nœuds, imitant le cordon des religieux franciscains : elle le conféra surtout aux nombreuses demoiselles qu’elle se plaisait à élever à ses frais dans son palais, et qu’elle nommait ses filles. Dès lors les dames de l'Ordre mirent le collier autour de leurs armoiries. La reine elle-même leur en donna l'exemple après la mort de Charles VIII, son premier époux, arrivée en 14498. En même temps elle adopta la légende déjà attribuée à Louise de La Tour d'Auvergne.

Des historiens trop médisants ont osé remarquer, à cette occasion, qu'elle fut mal inspirée dans son choix, puisqu'elle boitait et avait la taille très-peu déliée.

Bientôt après, la cordelière autour de l’écu fut généralement adoptée à la place de l’ancienne guirlande.

$ LXXV. — 9% La Devise.

La devise s'écrit au bas de l’écu. C’est la remembrance d’un nom, d’une seule ou de plusieurs actions mémorables.

Il y a dans la devise le corps et l'âme, ou plutôt le mot et la pensée. La devise est souvent allégorique, et l’on en trouve même qui ne sont composées que d’une seule lettre.

Le blason plaisait comme énigme, les devises

DES ORNEMENTS EXTÉRIEURS DE L'ÉCL. 179 comme équivoque. Leur beauté principale résulte des sens multiples qu'on y peut trouver.

Parfois la devise était l'explication de l'emblème armorial, souvent une allusion à une particularité intéressante pour le seigneur.

Un de Vergy, qui possédait les terres de Valu, Vaux et Vaudray, avait pris pour devise : J’ai Valu, Vaux et Vaudrai.

Les Quelen, dont le nom bas- breton signifie houx, adoptèrent ces mots de la vieille langue armoricaine : Enper emser quelen (le houx est toujours vert). ;

Marguerite de Provence, la vertueuse compagne . de saint Louis, avait pour emblème une reine-marguerite et ces mots: Reine de la terre, servante de la reine du ciel. La remuante et guerrière famille des Guises arborait des À dans des O, ce qui se traduisait par : chacun À son tour (chaque À son 0.) Ce chiffre parlant passa depuis en proverbe : on disait communément : C’est la devise de Monsieur de Guise, chacun à son tour. Et l'on sait que sans l'assassinat dont Henri III s’est souillé aux états de Blois, ces princes ambitieux montaient peut-être à leur tour sur le trône de France. La maison de Senecey portait: {n virtute et honore senesce.

Devise des Saint-John : Data fata secutus, j'ai suivi mon destin.

— Des Saltoun : /n God is all, tout en Dieu.

— Des Byrons : Croys Byrons.

On lit encore en France au-dessus du guichet de

la prison de la maïson seigneuriale de Tourville : Stleto et spera.

En Irlande, sur l’écusson qui surmonte la ne porte du château de Fortescue : F orte scutum , salus ducum.

En Angleterre, sur l'entrée principale du manoir hospitalier des comtes Cowper : T'uum est.

Beaucoup de devises affichaient un orgueilleux défi, une franche et brusque déclaration d’hostilité au premier venu. C’étaient comme des menaces hautaines que justifiaient l’héroïsme et l'audace. Dans un carrousel, un jeune seigneur aussi ambitieux que brave avait pris pour devise une fusée en l'air, avec ces mois :

Je veux bien durer peu, pourvu que je m'élève.

Dès le xn° siècle, les sires de Créqui portaient sur leur écu un buisson épineux et au-dessous : Que nul ne s’y frotte. | |

Les princes d'Orange Nassau, parvenus à force de persévérance à s'asseoir sur les trônes de Hollande et d'Angleterre, avaient pris pour devise: Je maïntiendrai ; et ils la conservent encore de nos jours, bien que des événements récents en aient un peu compromis l'exactitude, car le roi des Pays-Bas n’a pas su maintenir la Belgique. |

Voici une devise non moins orgueilleuse :

Je ne suis roy, ne duc, ne prince, ne comte aussy, Je suis le sire de Coucy. :

C’est celle que transmit à ses descendants le célèbre Enguerrand III de Coucy, un des plus puissants barons de Philippe - Auguste, de Louis VIII et de saint Louis.

Celle des Rohan respire la même fierté :

Prince ne veux, roi ne puis, Rohan suis.

Citons encore celle de César Borgia : Aut Cœsar aul nihil; et celle de l’empereur d'Allemagne , Frédéric IIT, qui avait pris pour devise les cinq voyelles a, e, i, 0, u, qu'il expliquait ainsi : Austriæ est imperare orbi universo.

La devise des Bourbons offrait un augure de la haute fortune de cette maison; c'était une épée avec ce mot: Penetrabit (elle entrera).

Celle du duc de Bourgogne fait penser : « J'ai hâte. » Hâte du ciel ou du trône ? Cette maison de Bourgogne, si grande, si tôt tombée, semble dire ici son destin.

- Blanche de Castille, la mère de saint Louis, avait fait choix d’une fleur de lis naturelle, appliquée sur un champ semé de lis héraldiques et accompagnée de ce mot de la sainte Écriture : Un lis entre les lis.

J'aime encore le vague de la légende des seigneurs de Brimai : Quand sera-ce ? et l'excitation chevaleresque du Vas outre ! de Villiers de lisle-Adam, le célèbre grand - maître de l’ordre de Malte.

Mais je ne connais guère de devise plus triste et plus indigne d’un homme de cœur que celle-ci : A l'impossible nul n’est tenu. On la trouve inscrite

au-dessous d’un chameau succombant sous le faix. Elle appartenait à l'infâme Jean de Ligny, qui, séduit par l'or anglais, acheta Jeanne d’Arc prisonnière pour la livrer à ses bourreaux. Ne dirait-on pas qu’en faisant peindre cette devise sur ses armes il ait senti sa misère et prévu sa lâcheté ?

Tous les écussons n'offraient pas de belliqueuses sentences : maintes fois le galant chevalier recevait sa devise des mains de la dame de ses pensées. Ainsi un doux souvenir se rattachait sans doute à l’inscription armoriale des La Trémoille : Ve m’oubliez ! et à celle des comtes d'Estaing, qui, au xiv° siècle, portaient au-dessous d'une touffe de lis ct de roses : lots por eulx, tots por elles ! (tout pour eux, tout pour elles.)

Lors de l’arrivée à Paris de Maria Leckzinska, femme de Louis XV , un comte d'Estaing ressuscita cette vieille exergue de ses ancêtres. La galanterie fut trouvée charmante, et la reine ne put se douter qu’elle n’en avait pas les prémices.

Louis XI, n'étant encore que dauphin, parut au siége de Compiègne avec un moult bel etendart tout battu a or, ou avait un K, un cygne et une L. La cause estoit pource qu’il y avoit une demoiselle moull belle en lostel de la reyne qu’on nommoït Cassinelle , de laquelle le dit seigneur estoit lors enamouré.

8 LXXVI. — Les Devises historiques.

Un grand nombre de devises doivent leur exis-

tence à quelque événement historique. Dans les

DES ORNEMENTS EXTÉRIEURS DE L’ÉCU. 183 querelles sanglantes des Armagnacs et des Bourguignons, le duc d'Orléans avait dans ses armes un bâton noueux. Jean Sans-Peur mit dans les siennes un rabot. Sa devise était : Zch houd, je tiens; celle du duc d'Orléans : Je l’envie. Plus tard, quand le: rabot se fut débarrassé du bâton noueux, quand le duc de Bourgogne eut fait assassiner son rival, la malheureuse Valentine de Milan, veuve de la victime, prit pour corps de sa devise un arrosoir penché versant de l’eau en forme de pleurs, et pour âme de cette image : Rien ne m’est plus, plus ne m'est rien.

Le duc de Berri, oncle de Charles VIT, avait pour emblème un ours et un cygne, avec cette devise : Orsine, le temps venra. On la lisait naguère sur les vitraux de la chapelle souterraine de Bourges qu'il avait fondée.

Philippe le Bon, fils de Jean Sans-Peur, briguant la main d’Élisabeth de Portugal, inscrivit au-dessous de ses armoiries une conjugale et rassurante promesse : Autre n’auray; et ces mots furent arborés par le glorieux ordre de la Toison d'Or, qu'il fonda au milieu des réjouissances de son mariage.

Toutes les confréries militaires avaient leur devise particulière. Voici l’origine de celle des chevaliers de la Jarretière, créée aussi pendant une fête et en l'honneur d’une dame. Un beau soir que l’on dansait et s’ébattait joyeusement au palais d'Édouard III d'Angleterre, la jolie comtesse de Salisbury laissa tomber une jarretière bleue. Le galant monarque

s'en aperçut et s'empressa de la ramasser. Mais cet accident fit rire les courtisans, et la comtesse se prit à rougir et à verser des larmes. Aussitôt le prince de s'écrier : « Honny soit qui mal y pense ! Je jure que tel qui s'est moqué de cette jarretière s’estimera heureux d’en porter une semblable! » Et ainsi arriva-t-il.

S LXXVIL. — Les Devises de circonstance.

Les inscriptions héraldiques se transmettaient ordinairement comme un héritage d'honneur ; mais d’autres fois elles n'avaient qu’une existence éphémère, quoique souvent très-brillante. Ainsi les souverains avaient l'habitude d’en choisir une à l’époque de leur majorité, de leur avénement, ou de quelque autre circonstance solennelle.

Îls aimaiïent encore à garder celles qu'inventaient pour eux l'enthousiasme et la flatterie. Édouard III avait inscrit au bas de son écu, où se trouvaient accolées les armes de notre pays et celles de son royaume, cette devise exprimant ses prétentions à la couronne de France: Dieu et mon droit.

Un de ses successeurs, Henri VITT, choisit l’image d’un archer bandant son arc et cette fière exergue : Qui je desfends est maître.

: Le prince de Galles, héritier présomptif de la couronne d'Angleterre, portait attachée à son écusson la devise : Zch dien (je sers), dont l’origine se rattache à une période célèbre de notre histoire.

DES ORNEMENTS EXTÉRIEURS DE L'ÉCU. 185 Le 25 août 1346, l'armée française combattait dans les plaines de Crécy, de funeste mémoire. Au milieu de ses rangs on voyait servir comme de simples chevaliers Jean, roi de Bohème, et son fils Charles IV, empereur d'Allemagne. Le vieux roi, qui était aveugle, se trouvait à l’arrière-garde. On jui rendit compte des événements. « Et où est Monseigneur Charles, mon fils? » dit-il. On lui répond qu'il combat vaillamment, qu'il a déjà reçu trois blessures. Jean, transporté de joie et de courage, presse ses compagnons de marcher au secours de leurs amis et de l'emmener avec eux: « Vous êtes mes fidèles, s'écrie-t-il je vous requiers que vous me meniez si avant que je puisse férir un coup d'épée. » Alors les chevaliers, pour ne pas le perdre dans la mêlée, lièrent son cheval aux freins de leurs chevaux et mirent le roi tout devant, et ainsi s’en allèrent ensemble sur leurs ennemis. Le roi de Bohème, conduit par ses chevaliers, pénétra jusqu’au prince de Galles. Ces deux héros, dont l’un finissait, dont l’autre commençait sa carrière, essayérent plusieurs passades de lance pour illustrer à jamais leurs premiers et leurs derniers coups. La foule sépara ces deux champions si différents d’âge et d’avenir, si ressemblants de noblesse, de générosité et de vaillance. | | __« Le roi de Bohème alla si avant, qu'il férit un coup de son épée voire plus de quatre, et recombattit moult vigoureusement, et aussy firent ceulx de sa compagnie, et si avant se boutèrent sur les An-

glais, que tous y demeurèrent et furent le lendemain trouvés sur la place autour de leur seigneur et tous leurs chevaux liés ensemble. »

Vrai miracle de fidélité et d'honneur ! Les muses, qui sortaient alors de leur long sommeil de barbarie, s'empressèrent à leur réveil d'immortaliser le vieux roi aveugle ; Pétrarque le chanta, et le jeune Édouard prit sa devise, qui devint celle des princes de Galles. C'était trois plumes d’autruche avec ces mots tudesques écrits autour : Zch dien, je sers. Il n’appartient qu’à la France d’avoir de pareils serviteurs.

8 LXXVIIT. — Les Devises royales.

Voyons les principaux emblèmes et les plus remar— quables devises adoptés par nos rois.

Louis XI, devenu le compère d'Olivier le Daim ou le Diable, son barbier, et de Tristan, l’exécuteur de ses hautes œuvres, avait pris pour devise un fagot épineux : Qui s’y frotte s'y pique. Il y a loin de là à l’étendard de Cassinelle.

Louis XIT eut un porc-épic avec cette devise : De près et de loin ‘; et dans la guerre contre les . Génois, il eut un roi des abeilles entouré de son essaim : {Votre roi ne se sert pas d’aiguillon.

Si vous visitez le magnifique château de Chambord, l’élégant hôtel de Bourg-Theroulde à Rouen, le

1 Parce qu’on attribuait alors au porc - épic le pouvoir de lancer ses dards au loin,

. DES ORNEMENTS EXTÉRIEURS DE L’ÉCU. 187 joli manoir de Moret transporté à Paris aux Champs- Élysées, ou les galeries de Fontainebleau, vous retrouverez mille fois peintes et sculptées sur les voûtes, les murs, les parvis, des salamandres au milieu des flammes. Ces animaux fabuleux, dont le feu était, disait-on, l’aliment et la vie, sont surmontés de la couronne de France et appuyés sur leurs queues tressées en cordelières; au bas on lit dans un lambrequin : Vutrisco et extinguo (je nourris et je détruis) ; c'était l'emblème de François Ier, qui voulait dire par là : Je récompense le bon et je punis le méchant.

Le rival de ce prince, Charles V, avait adopté pour devise les colonnes d’'Hercule, avec cette légende : On ne peut aller outre.

À Brou, en Bresse, sur le tombeau de Marguerite d'Autriche, enterrée près de son époux Philibert le Beau, qu'elle pleura si longtemps, on voit la devise de cette princesse : Fortune, infortune, fortune.

Chez une autre veuve, dans la maison de Louise de Savoie, mère de François Ier, à Angoulême, on lit encore ces deux devises placées dans sa bibliothèque : Libris et liberis, mes livres et mes enfants, ferendum ac sperandum, souffrir, mais espérer.

On voit partout sur les murs de la chapelle si curieuse et si mondaine de Saint-Gelais à Angoulème : Spero, j'espère.

Une autre reine vraiment digne de pitié, la douce et triste Louise de Vaudemont, épouse négligée de Henri III, avait révélé ses douleurs en choisissant

188 | . SCIENCE RÉRALDIQUE.

l’allégorie d’un cadran sous le soleil : Regardez-moi, afin qu'on me considère.

Marguerite de Valois, la première femme de Henri IV, elle

Qui vist fleurs et lauriers sur sa teste sécher, Et par un coup fatal les lys s’en détacher, Espouse sans espoux et royne sans royaulme,

avait fait graver sur son sceau et sur sa vaisselle une tige de vigne, avec ce vers du Tasse :

L'ardor temo, e gelo m'offende.

Je crains l’ardeur, et la froideur m'offense.

Marie de Médicis enfin, qui mourut aussi loin du trône, victime de l'implacable politique de Richelieu et de la faiblesse de son fils, avait fait représenter dans les médaillons formant les angles de sa tapisserie à Bruxelles , une cascade et ces mots :

De mi caida mi candor.

De ma chute ma blancheur.

Puisque nous en sommes au chapitre des reines exilées, ajoutons que Christine de Suède, fuyant un beau jour les glaces du Nord et les ennuis du rang suprême, pour achever son aventureuse carrière sous le ciel de Rome, choisit lemblème de l’hirondelle et cette devise: Pour chercher mieux.

Christine, à ce qu’il paraît, ne trouva pas ce mieux

DES ORNEMENTS EXTÉRIEURS DE L’ÉCU. 189 qu’elle cherchait: car elle reparut plus tard au milieu de ses anciens sujets pour leur redemander la couronne : mais il n’était plus temps. Îl lui fallut, confuse et rebutée, s’en retourner d'où elle était venue. | . Sur une foule de monuments du xvi° siècle apparaissent des D entrelacés avec des H, puis un médaïllon où domine un croissant, surmonté de la couronne de France et entouré de carquois, de flèches, et au-dessus une devise que les Français du temps de Henri IT espéraient bien le voir remplir : Viendra ung temps que la pronostique sera accomplie et plus Henry n'aura à sa devise un croyssant, car lout le croyssant sera rempli, et il ne dira plus : Donec totum impleat orbem. Les astres promèllent toute lTialie de brief.

Ces emblèmes décorent la facade du joli manoir d'Anet transporté en partie des bords de l'Eure à Paris, dans la cour des Beaux-Arts. Ils s’entrelacent jusque sur les frontons du Louvre. C'est la devise de Henri IT et de Diane de Poitiers.

‘ Le jour de la naissance de François-Il fut remarquable par une éclipse de soleil, ce qui lui fit doriner pour devise un lis entre un soleil et une luné, avec ces mots: /nler eclipses exorior ; flatterie de cour qui n'eut pas l'approbation des gens de goût; ce qui fit qu’on lui donna dans la suite cette autre devise : Unus non sufficit orbis, allusion à‘ son APE avec Marie Stuart , reine d'Écosse. |

Henri IV au moins, s’il est aussi galant; : ne sacric

fie pas dans sa devise la dignité royale. Il avait choisi une massue d’'Hercule, et autour: Pour la valeur point d'obstacles.

Charles IX, deux colonnes couronnées et ces mots : Par la piété et la justice.

Henri III, qui avait été roi de Pologne, prit deux couronnes à terre et une troisième en l'air, avec la devise : La dernière m’attend au ciel. 11 ne parlait pas de celle dont le menaçait la sœur du duc de Guise. Cette princesse, en effet, portait toujours à sa ceinture une paire de ciseaux d’or, et se plaisait à répéter : « Voici de quoi tailler à Henri de Valois une der. nière couronne.» Elle entendait par là une fonsuüre de moine. |

Louis XTIT avait pour emblème deux Hercules ou seulement quelquefois la massue du héros, avee une exergue latine signifiant : Les méchants éprouveront la force, allusion à lhérésie et à la rébellion qui troublèrent son règne.

Le symbole de sa veuve, Anne d'Autriche, était au commencement de sa régence une lune se levant au coucher du soleil et les mots : Par toi, sans toi: et plus tard, quand son fils, jeune encore, marcha contre les rebelles de la Fronde, un cadran sous un soleil dont les nuages interceptent les rayons: Les nuages me le dérobent.

Gaston de Foix portait : Qui m’aimera, je l’aimerai; et Montluc, qui cite cette devise dans ses commentaires, ajoute: « Si je n’avais eu une autre devise, j'aurais pris celle-là volontiers. »

$ LXXIX. — Les Devises dégénèrent.

La devise, on la pu voir, survécut longtemps à la chevalerie... Mais aussi elle finit par ne plus parler que le langage des courtisans. L’Italien Mazarin se plut surtout, comme quelques-uns de ses compatriotes, à en faire matière de subtilités et de raffinements, et les remit en grande vogue; dès lors elle perdit sans retour ses mâles et franches allures, pour prendre un air coquet, prétentieux, alambiqué. Ce ne fut plus

Que jeux de mots, qu'affectation pure.

Belles dames habituées de l'hôtel de Rambouillet, écrivains de ruelles, ducs ou marquis appelés à figurer dans un ballet ou un carrousel, tous ceux enfin qui prétendaient attirer les regards soit à la cour, soit à la ville, se crurent obligés d’avoir une devise, et l'on s’inquiéta peu de ce précepte donné par Henri Estienne, qui s’est aussi occupé à fixer les règles de la science des devises ou phtlosophie des images : L’asme de la devise doibt louis jours estre assez modeste, pour que celuy qui l’arborre en puysse faire application sur bluy-méêéme sans vanité malséante.

‘Louis XIV lui-même violait ce principe avec une outrecuidance exagérée. Quoi de plus ambitieux que son soleil avec cette devise si connue : Mec pluribus

impar ! mots assez énigmatiques qu'on peut rendre ainsi : Je suffirais à éclairer plusieurs mondes. Le grand roi avait choisi ce symbole pour figurer dans le fameux carrousel dont les Parisiens ont conservé le nom à la place qui en fut le théâtre. Aussitôt ce fut autour de lui une pluie de devises se rapportant toutes à ce soleil suprême. Le duc de Sully para ses armes d’un miroir ardent : Je brûle sous son regard ; l'amiral de Beaufort, d’une lune et de cette inscription : Elle obéit au soleil el commande aux flots.

Tous les autres firent de même.

Depuis Louis XIV, la devise eut encore des chances bien diverses. On la vit tour à tour tomber dans loubli, reconquérir la vogue dans les salons et les bureaux d'esprit du siècle dernier, puis formuler sur nos monuments, autour du bonnet rouge ou des faisceaux républicains, les nee maximes de la liberté. |

Aujourd’hui on ne la trouve plus bonne qu’à envelopper les délicieux produits de nos confiseurs. On la fabrique en gros, par centaines. Quelle chute! Elle était pourtant digne d’un meilleur sort. « Je voudrais, dit Mme de Genlis dans ses mémoires, que l'usage de prendre une devise füt universel. Chaque personne, par sa devise, révèle un petit secret ou prend une sorte d'engagement. »

Mme de Genlis, préchant d'exemple, avait fait graver sur ses livres une vignette représentant une lampe allumée, avec ces mots au-dessous : Pour éclairer je me consume. |

$ LXXX. — 10 Le Cri de guerre.

Le cri de guerre est placé au-dessus des armoiries du chef de la famille; il lui est propre, et les cadets ne l’ont pas. Le cri de guerre est aussi nommé cri d'armes.

Le cri de guerre ou d'armes remonte , comme le blason, suivant les anciens héraldistes, à la plus haute antiquité. Le cri de guerre de l'armée de Gédéon , dans le combat qu’il donna contre les Madianites , élait : Domino et Gedeoni. Joseph Acosta dit qu’à la bataille que les Mexicains livrèrent aux Tapanègues, sous la conduite du roi Iscoalt, ils crièrent tout d’une voix : Mexique, Mexique. |

1 y a plusieurs sortes de cris d'armes, et entre autres le cri d’invocation, le cri de résolution, celui de désir, celui d’exhortation et le cri du nom, c’està-dire cri de ralliement. Îl fallait être gentilhomme pour avoir un cri, Car le cri suit la bannière, et les gentilshommes seuls ont le droit de porter bannière aux tournois et aux combats. Il y a une variété infinie de cris. Les uns crient leur nom propre, d’autres celui de leur maison; les citoyens d'une ville, le nom de cette ville. Notre-Dame de Bourgogne est un cri d'invocation; celui de Godefroi de Bouillon, Dieu le veut, est un cri de résolution; l'ancien cri de guerre de. nos rois, Montjoie et saint Denis, est un cri de ralliement et d’invocation; nos

anciens rois avaient saint Denis pour patron et por-

taient son image sur leur bannière; l’armée devait la suivre partout ; elle était le jalon qui leur indiquait la route. Or en ce temps-là les bornes indicatives qui aidaient au voyageur à reconnaitre son chemin étaient des tas de pierres, qu’on nommait montotes. |

8 LXXXI. — Les cris d’armés.

Les cris d'armes, moins nombreux que les devises, sont probablement plus anciens, sans que nous les fassions cependant remonter à Gédéon mème; chaque nation, chaque grand fief, chaque grande maison féodale avait son cri: | “à

Franceis crient : Monjoe;

Normans crient : Dex aïe;

E Flamens : Asraz ;

E Angevin : Valie':

Les seigneurs de Montmorency : Dieux aient: ou selon les autres: Dieu aide au premier chrétien;

Les Bauffremont: Bauffremont au premier chrétien ; Les ducs de Bourgogne: Nostre-Dame de Bour gogne ; | a

Les ducs de Bourbon: Bourbon Nostre-Dame :

Les comtes de Foix : Nostre-Dame Biern ou Bearn :

Les Vergy : Vergy à Nostre-Dame ;

De mème les comtes d'Auxerre, de Sancerre, et Du Guesclin ;

‘ Robert Wace, roman du Rou. .

DES ORNEMENTS EXTÉRIEURS DE L’ÉCU. 195 Le roi de Portugal : Vostre-Dame Portugal; Le duc de Gueldres: Nostre-Dame Gueldres ; Les sires de Coucy: Coucy à la merveille, ou Place à la bannière ; on encore, Nostre'- Dame au seigneur de Coucy; Le comte de Hainault : Nostre- Dame Hainault ; Les papes : Vostre-Dame saint Pierre ; Les rois de Castille : Santiago ; Les rois d'Angleterre : Saint Georges ; La maison de Vienne en Bourgogne : Saint Georges au puissant duc ; Les ducs de Bretagne : Malou ou Saint Malo au riche duc ; Les comtes de Champagne et de ne Passavant li meillor, ou Passavant la Thibaut :

Les ducs de Brabant : Lembourg à celui qui l’a conquis ; La maison dAnsiuté: Saladin ou Din:

Les Chauvigny en Berry : Chevaliers pleuvent; Le vicomte de Villenoir en Berry : À la belle ; Les anciens seigneurs de Préaux en Normandie : Gésar-Auguste; : | Les chevaliers du Temple : Beauséant, Beauséant; L'empereur Othon à Bouvines : Rome ; Les Gascons : Bordeaux ; Le sire de Saint-Sévère : Brosse ; . Le sire de Prie porte pour timbre une tête d’aigle et crie: Cans d’oyseaux ; Le sire de Lalant : Nostre-Dame au pigne. d'or; Le sire de Vauldenay : Au brul :

Le sire de La Châtre: À l'attrait des bons chevaliers: | | Le sire de Bars : Au feu, au feu;

Le sire de Jarse : Rochechouart ;

Le sire de Vervins: Roussy à la merveille ;

Le sire de Genlis : Au quel, au guet;

Le sire de Boulogne : Boulogne belle ;

Les sires d’Aufremont et de Gaucourt: Clermont ;

Le sire de Waurin : Mains que le pas;

Le sire de Saint-Pol: Lesignean; et sur son heaume un serpent qui se baigne ;

Le sire de Tournon : Au plus dru ;

Charles Ier, duc de Bourbon: Montÿjoie saint Denis. | |

Quelquefois il y avait deux cris généraux dans une même armée; mais c'était lorsqu'elle était composée de deux différentes nations. Ainsi, en la bataille qui fut donnée en 1369 entre le bâtard Henri de Transtamare et le roi don Pèdre le Cruel, on cria de la part des Espagnols du parti de Henri: Custille au roi Henri; et de la part des Français qui étaient venus à son aide sous le commandement de Bertrand Du Guesclin, on cria : Notre-Dame Guesclin.

Le roi Charles VIT ayant établi des compagnies d'ordonnance vers l'an 4450, et ‘dispensé les | gentilshommes bannerets d'aller à la guerre et d'y conduire leurs vassaux, l'usage du cri d'armes à été aboli; mais il s’est conservé dans les armoiries, auquel on joint souvent le cri de la maison.

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