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MANIÈRE DE BLASONNER PAR PRINCIPES

… On nomme l'émail du champ de l'écu, ensuite la pièce ou meuble qui se trouve au centre.

DES SOUVERAINETÉS, DIGNITÉS ET EMPLOIS. 245 Une famille porte :

Armes de Gramont.

D'or, au lion d'azur.

Une autre porte :

Armes de Choart.

D'or, au chevron brisé d'azur, accompagné de trois merlettes de sable.

Sil y a trois pièces ou meubles semblables dans un écu, ce qui arrive souvent, après avoir nommé l'émail du champ, on nomme les trois pièces et leur. émail. Exemple. Telle famille porte :

Armes de Berchem.

D'argent, à trois pals de gueules.

S'il y a plusieurs pièces longues, posées perpendiculairement à côté l’une de l'autre, la première est à la droite de l’écu, la dernière. à la gauche.

On doit éviter de nommer un émail qu'on a déjà nommé. Une famille porte d'azur, à la fasce d’or, accompagnée . de trois losanges d’or, on dit : accompagnée de trois losanges de même.

Une autre porte d'argent, à l’aigle d'azur, accom-

DES SOUVERAINETÉS, DIGNITÉS ET EMPLOIS. 247 pagné en chef de trois besans d'azur, et en pointe, de trois molettes d’éperon, aussi d’azur ; on blasonne : d'argent, à l'aigle, accompagné en chef de trois besans,

et en pointe, de trois moleltes d’éperon, le tout Dé

Une famille porte : d’or, au chevran Done chargé de trois croissants d’or ; il faut dire: chargé de trois croissants de l’émail du champ.

Mais pour mieux apprendre au lecteur à blasonner selon les règles usitées dans les livres d'armes, nous allons blasonner ensemble l’écu de la Trémoille. Cette maison joua, comme on sait, un grand rôle dans l'histoire de France, et ses armoiries se reproduisent très-souvent parmi les monuments du moyen âge.

Donc, si nous voulons blasonner ces armoiries, nous dirons : La Trémoille porte : |

Écartelé au premier d'azur, à trois fleurs de lis d'or, qui est de France; au deuxième contre-écartelé en sauloir, en chef et en pointe d’or à quatre vergettes de gueules, et en flancs d’argent à l'aigle de sable, qui est d’Aracon, Napies; au troisième d’or, à la croix de gueules, chargé de coquilles d'argent, et canitonné de seize alérions. d'azur, qui est de Monrsworency-Laval; au quatrième d'azur, à trois fleurs de lis d’or, au bâton de gueules péri en bandes, qui est de Bourson. Sur le tout, d’or, au chevron de gueules, accompagné de trois aiïglettes d’azur becquées et membrées de queules, qui est de La Tré- MOILLE; tenants, deux anges. L’écu timbré d’une couronne royale fermée et croisetée, et environné du manteau de pair, sommé de la couronne de duc.

Vous avez pu remarquer la marche méthodique que nous avons suivie, et qui consiste à énoncer d’abord le nom du titulaire, puis les divisions générales, puis les divisions particulières, en nommant d’abord le champ, puis les pièces les plus importantes, puis enfin les moins importantes, et en allant

toujours de gauche à droite.

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L'ordre de Saint-Jean de Jérusalem fut fondé l'an 4104, sous le règne de Baudouin 1°", frère ét successeur de Godefroi de Bouillon. Des guerriers qui s'étaient distingués pendant la croisade établirent près du temple de Salomon à Jérusalem un hospice pour les pèlerins, les malades et les blessés, et se dévouèrent à les soigner; tel est le pieux principe de cette hospitalière association. On y joignit par la suite le devoir de combattre les infidèles, ct l'Ordre devint ainsi à la fois charitable et militaire.

Le bienheureux Gérard lui donna des statuts, et eut pour successeur, vers l’an 4118, Raimond du Puy. | . |

La ruine du royaume de Jérusalem, après la funeste bataille de Tibériade et la prise de la ville sainte par Saladin (4187), entraîna la retraite des Hospitaliers. Ils se retirèrent à Margat, puis à Acre, qu'ils défendirent vaillamment en 1290; et ils sui-

virent Jean de Lusignan, qui leur donna dans son royaume de Chypre Limisso, où ils demeurèrent jusqu'en 1310. La même année, ils prirent Rhodes le jour de l'Assomption de la sainte Vierge , sous la conduite de leur grand-maitre Foulques de Villaret. Français de nation ; l’année suivante, ils défendirent cette ville contre une armée de Sarrasins , ‘avec le secours d’Amé [V, comte de Savoie. On dit que c'est de lui que ses successeurs ont pour devise quatre lettres : F, E,R, T, qui signifient : Fortitudo ejus Rhodum tenuit. Les Hospitaliers prirent de là le nom de chevaliers de Rhodes.

Le sultan Mahomet IT, le vainqueur de Constantinople, assiégea vainement cette île en 1480. Elle soutint courageusement un siége de trois mois, et lintrépidité du grand-maître Pierre d’Aubusson força les Turcs à une honteuse retraite.

Soliman II s’en rendit maître en 1522, après une héroïque résistance, et l’illustre grand-maître Philippe de Villiers de lisle-Adam, qui n'avait été vaincu que par la trahison d’un chevalier espagnol, l'Amiral, se retira dans l'ile de Candie, avec ses braves frères, et y passa l'hiver. De là il alla en Sicile,. et trois mois après, à Rome, vers le pape Adrien VI, qui donna à l'Ordre la ville de Viterbe pour résidence. | |

Six ans plus tard, en 1530, les chevaliers s'établirent dans l'ile de Malte, dont ils ont pris le nom. L'empereur Charles V la leur donna pour mettre son royaume de Sicile à l'abri des attaques des musul-

ORDRES FRANÇAIS DE CHEVALERIE. 251 mans. En 1565, Soliman vint attaquer Malte avec des forces immenses; mais la ville, vaillamment défendue par le grand-maître Parisot de la Valette, résista à tous les efforts des Turcs.

Les chevaliers sont restés en possession de l'ile jusqu’à la fin du siècle dernier, où Bonaparte s’en est emparé. L'Ordre alors fut dissous, au moins pour les langues de Provence, d'Auvergne et de France; mais il a été reconstitué depuis et a son siége dans la capitale du monde chrétien, dans la ville où réside le vicaire de Jésus-Christ, à Rome.

Le chancelier de l'Hôpital faisait remarquer à la reine Catherine de Médicis que l’ordre de Saint-Jean . de Jérusalem était éminemment Français et devait toute sa gloire à des Français. Fondé par un Français , il doit Rhodes à Foulques de Villaret, Francais; les trois fameux siéges qu'il eut à soutenir le furent sous le magistère de trois Français : d’Aubusson, qui défendit Rhodes; l’Isle-Adam, qui n’en sortit qu'après des prodiges de valeur et l’extermination de cent quatre-vingt-dix mille Turcs; et Parisot de la Valette, l’héroïque combattant qui fit lever le is de Malte en 4565. -

La croix de l'Ordre est d’or, à huit pointes émaillées de blanc: on la porte RLICNCe par un ruban moiré à la boutonnière de lhabit.

Les chevaliers profès portent encore sur le côté gauche de l’habit une croix de toite blanche.

Les grands-croix portent sur la poitrine une grande croix blanche, figurée sur une étoffe de soie qui est

rouge pour le général des galères, violette pour l'évêque et le prieur, et noire pour tous les autres.

Les principaux ouvrages qui traitent de l'histoire de l'ordre de Malte sont :

Histoire des chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, traduite de l'italien de Bosio :

Histoire de Malte, de d'Aisy; |

Histoire des chevaliers de Malte, par Vertot ;

Histoire du siége de Rhodes, du temps du ee are d’Aubusson, par le P. Bouhours;

Vie de Philippe de Villiers de l’1sle- Adam, dernier grand-maiître de Rhodes, par André Chevet;

La levée du siége de Malte par les Turcs, défendue par le grand-maître de la HO, in-8°, Paris, 1960

Ordres royaux de Saint-Lazare et de Notre-Dame du Mont-Carmel.

L'ordre militaire de Saint-Lazare fut établi par les chrétiens occidentaux à l’époque des premières croisades, vers l’an 1419. Il était différent des ordres des Templiers, des chevaliers Teutoniques et des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem. Son institut était d'accueillir et de soigner les pèlerins dans des maisons fondées dans cette destination, de leur servir de guides, et de les protéger et défendre contre les attaques des musulmans.

Les papes lui donnèrent de grands priviléges et les princes, de riches possessions. Louis VIT fit pré-

ORDRES FRANÇAIS DE CHEVALERIE. 253 sent, en 4154, de la terre de Boigny, près d'Orléans, aux chevaliers de Saint-Lazare, qui y fixèrent leur résidence après que les chrétiens eurent été expulsés de leurs établissements en Terre-Sainte.

: Dans la suite, cet Ordre vit sa splendeur s'obscurcir; et Innocent VIII songea à Funir aux chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem: mais les chevaliers de Saint-Lazare de France obtinrent qu'il continuerait à avoir une existence propre et distincte.

Philibert de Nerestang, gentilhomme de rare vertu et capitaine des gardes du corps, conçut le dessein, après Aymar de Chat, chevalier de Malte, de faire refleurir cet Ordre, et il employa si heureusement son crédit auprès de Henri IV, que ce monarque l'en nomma grand- maître l'an 1608, et le souverain pontife, en confirmant sa nornination, accorda à l'Ordre des lettres très-avantageuses.

Les chevaliers , entre autres priviléges ‘avaient permission de se marier et de tenir des pensions sur les bénéfices consistoriaux. Une bulle du pape Paul V, en unissant l’ordre de Saint-Lazare à à Notre-Dame du Mont-Carmel, ajouta encore à son éclat et à sa prospérité. Louis XIV le prit sous sa protection spéciale en 1664, et un édit donné par Louis XV en 1767 en confirma les prérogatives € et en bi l'administration. . #

La croix est émaillée de pourpre et dé vert; bordée d'or, anglée de quatre fleurs de lis de même.

Le ruban est de pourpre moiré.

Devise: Dieu et mon roi.

Le principal ouvrage sur cet Ordre, et il peut tenir lieu de tous les livres écrits antérieurement, est celui de M. Gautier de Sibert, membre de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, intitulé :

Histoire des Ordres royaux, hospitaliers el militaires de Saint-Lazare à Jérusalem et de Notre- Dame du Mont-Carmel.

Ordre de la Toison-d'Or.

Philippe IT, dit le Bon, duc de Bourgogne et comte de Flandre, institua cet Ordre dans les fêtes qui eurent lieu à Bruges, lors de son mariage avec Isabelle, fille de Jean, roi de Portugal. Plusieurs motifs ont été assignés à l'établissement de cet Ordre fameux. Olivier de la Marche écrit « qu'on dit à Philippe le Bel, roy de Castille, père de Charles- Quint, que Philippe le Bon, son ayeul, avoit institué l’ordre de la Toison - d'Or en vue du bellier de Jason; maïs que Jean Germain, évesque de Chälon en Bourgogne, et chancelier de l'Ordre, eslant survenu, changea cette idée et déclara au jeune prince que cet Ordre n’avoit en vue que lhistoire canonique de Gédéon, fameux par sa toison arrosée. -» |

Un vieux chroniqueur assure qu’en instituant cet Ordre, Philippe le Bon avait en vue un double but : « 4° d'inspirer à ses prud'hommes un courage hé-

ORDRES FRANÇAIS DE CHEVALERIE. 255 roïque à l'encontre des mécréants, à l'exemple du noble et vaillant Gédéon, suzerain du peuple de Dieu, qui, sur l'assurance mystérieuse du miracle de la toison parachevé en sa faveur, défit avec une mince troupe de braves la moult puissante ost des Madianites; 2° d'engager ses loyaulx et alfectionnés subgets à prendre grand soin de leurs troupeaux, dont la laine faisait la principale richesse. » |

L'Ordre fut mis sous la protection de saint André,

Les statuts donnés par Philippe le Bon portaient que les récipiendaires prouveraient quatre générations de noblesse, tant paternelles que maternelles ; les armoiries des chevaliers devaient être placées dans l'église, au-dessus des siéges qu'ils occupaient. Le premier nombre fut fixé à trente-un, savoir, trente chevaliers et le grand-maitre; à présent il n'est plus limité. Au premier chapitre, le duc ne reçut que vingt-quatre chevaliers; le nombre des trente ne fut rempli que dans les chapitres suivants.

Le collier de l'Ordre est d’or, émaillé de la devise du duc, qui était de doubles fusils et de pierres à feu entrelacées, avec ces mots: Ænie feril quâäm micat ,. il frappe avant d’avoir brillé. Au bout de ce collier pend la figure d'un mouton ou une toison d’or, avec cette autre devise : Prelium non vile laborum, prix des travaux qui n'a rien de vil.

L'ordre de la Toison-d’Or a toujours joui de trèsgrands honneurs et priviléges. Les chevaliers. ne cédaient la préséance qu'aux rois; Charles V, quittant volontairement ses États, s’ôta lui-même du

cou la Toison-d'Or, et la mit à son fils Phüippe, comme un précieux don, et lui dit, en mélant ses paroles avec des larmes : « Mon fils, recevez cet insigne collier de la Toison-d’Or, que j'oste moy-même de mon cou pour vous le donner. Notre ayeul Philippe le Bon, duc de Bourgogne, qui est l’instituteur, a voulu que ce fût un monument éternel de la fidélité que les chevaliers doivent garder à la sainte Église romaine. Et je vous prie de vous souvenir toujours de son institution et de ses statuts. »

: Charles le Téméraire, duc de Bourgogne et comte de Flandre, fils de Philippe le Bon, ayant été tué au siége de Nancy (5 janvier 4477), sa fille Marie épousa Maximilien d'Autriche et apporta le collier de l'Ordre à son mari. Philippe le Beau, son fils, ayant épousé Jeanné la Folle, fille de Ferdinand et d'Isabelle, et héritière du trône d’Espagne, les États de Bourgogne furent unis à cette monarchie, dont les chefs ont depuis conféré l'Ordre.

__ À la mort de Charles IT, roi d’Espagne 700) l'archiduc Charles d'Autriche, qui prétendait à° succession, ayant pris le titre de roi d'Espagne. quoique cette couronne eût passé à la maison de Bourbon, se déclara grand-maître de la Toison-d’Or. Depuis cette époque, les empereurs d'Autriche et les rois d’Espagne ont concurremment exercé le droit de nommer des chevaliers. |

Les principaux ouvrages sur l’ordre de la T oisond'Or sont les suivants :

Histoire de la Toison-d’Or, ordre de chevalerie,

ORDRES FRANÇAIS DE CHEVALER!E. | 987 par Guillaume Filastre, évèque de Tournay, abbé de Saint-Bertin, chancelier dudit Ordre; deux volumes in-folio, Paris, 4517.

Le blason des armoiries de tous les chevaliers de l’ordre de la Toison-d’Or, avec les noms, surnoms, litres et quartiers, éloges, etc., par Maurice, héraut et roi d'armes de Sa Majesté Catholique; in-folio, la Haye, 1667. | 7

Le Mausolée de la Toison-d’Or, ou les Tombeaux des .chevaliers de ce noble Ordre, contenant leurs éloges, inscriptions, devises, épiaphes, alliances et cris de guerre; in-12, Amsterdam, Desbordes , 1689.

Ordre de Saint - Michel.

Les historiens, en parlant de l'institution de cet Ordre, assurent que Charles VIT, après l'apparition sur le pont d'Orléans de l’archange saint Michel, qui lui annonça l'expulsion définitive des Anglais, prit pour son oriflamme l’image de cet archange avec deux devises tirées des prophéties de Daniel, l’une portant ces mots : Ecce Michael , unus de principibus primis, et venit in adjutorium meum ; l'autre portant ceux-ci : Memo est adjutor meus in omnibus nisi Michael, princeps noster ; et qu’il fit vœu dès lors d’instituer, dès qu’il serait paisible possesseur de ses États, un nouvel Ordre de chevalerie en l’hon-

neur de cet archange, qui est le gardien du royaume

de France. Il en fit peindre l’image sur son ‘étendard ou bannière, semée de fleurs de lis sans nombre. Ce prince n'ayant pu mettre à exécution son vœu avant sa mort, Louis XI, son fils, pour remplir la volonté de son père, étahlit cet Ordre le 4er août 1469, et fixa le nombre des chevaliers à trente-six. La première promolion fut de quinze, parmi lesquels on trouve Jean et Louis de Bourbon, André et Louis de Laval, Georges de La Trémoille, Charles de Brunol, Antoine et Gilbert de Chabannes.

Dans le serment que faisaient les chevaliers, ils promettaient de soutenir de tout leur pouvoir les droits de la dignité de la couronne de France et l'autorité du roi envers et contre tous. Suivant les anciens statuts, les chevaliers doivent être gentilshommes de nom et d'armes, et sans reproches. Le roi s’exprimait ainsi dans le préambule de ces premiers . statuts: « Pour la très-parfaite et singulière amour qu’avons au noble état de chevalerie, à la gloire de Dieu et de la Vierge Marie, et à l'honneur el révérence de monseigneur saint Michel, archange. premier chevalier, qui, pour la querelle de Dieu, batailla contre le dragon ancien, ennemi de nature humaine, et le trébucha du ciel : Nous, le premier jour d'août 4469, la neuvième année de notre règne, en notre château d'Amboise, avons créé et constitué un Ordre de fraternité, ou amiable compagnie sous le nom de Saint-Michel, etc. » | |

Cet Ordre ne fut d’abord donné qu'aux grands seigneurs de l'État, tels que ceux que j'ai nommés

ORDRES FRANÇAIS DE CHEVALERIE. 959 ci-dessus ; et Louis XI ne remplit j jamais le nombre de trente-six chevaliers qu'il avait fixé. :

- Dans la suite, ce titre d’honneur fut trop facilement communiqué. Il fut mème, sous Henri IL, avili au point que, par une espèce de proverbe, on appelait le collier de cet Ordre Le collier à toutes les bêtes, Les grands du royaume n’en voulaient plus depuis qu'il était devenu vénal sous le règne de Henri II, et que Catherine de Médicis, sous François Il et Charles IX, | l'avait fait donner sans égard à à la naissance ; ni aux services. ——

- De temps en Rnb on y fit des réformes, et Louis XIV donna en 4664 et 1665 des déclarations trés-précises et très- -propres à maintenir la dignité de cet Ordre, qui s'appelait ’Ordre du Roi, de même que celui du Saint-Esprit. Ce monarque réduisit le nombre des chevaliers à cent, parmi lesquels il doit y avoir six magistrats des cours supérieures , et six ecclésiastiques, prêtres, et constitués en dignité d’abbés ou de charges principales dans le chapitre; et quatre-vingt-huit d'épée, qui font preuve de dix ans de service et de trois degrés de noblesse paternelle. Ils portent la croix d'or émaillée et fleurdelisée , attachée à à un cordon noir moiré. Îl est à remarquer que dans ce nombre de ces cent chevaliers on ne comprenait pas ceux de l'Ordre du Saint- Esprit; car on doit savoir qu'il était d'usage que, la Voille, le roi conférait l’ordre de Saint- Michel aux seigneurs qui devaient recevoir de Sa Majesté, le j jour suivant, le cordon bleu. :

Lorsque le roi donnait l'ordre de Saint-Michel à ceux qu'il voulait honorer de celui du Saint-Esprit, Sa Majesté était vêtue d'un habit et manteau ordinaire, un chapeau garni de plumes sur la tête, entouré des principaux seigneurs de sa cour, botté et éperonné, l'épée nue à la main, dont elle touchait le chevalier, ceint d’une épée et prosterné à terre.

Mais quand le roi voulait donner l'ordre de Saint- Michel seulement, il nommait des chevaliers du Saint-Esprit pour donner l’accolade.

Tous les célèbres artistes que le roi décorait du cordon de Saint-Michel étaient auparavant anoblis par Sa Majesté, et en obtenaïent des lettres de noblesse. |

Îl n'existe aucun ouvrage spécial sur l’ordre de Saint-Michel. La Bibliothèque Royale, section des manuscrits, renferme un grand nombre de titres et de rôles relatifs à cet Ordre et à ses statuts.

Ordre du Saint - Esprit.

Louis d'Anjou, roi de Jérusalem et de Sicile, avait institué à Naples en 1352, le jour de la Pentecôte, un ordre du Saint-Esprit, parce que ce jour-là était celui de son couronnement. Les Vénitiens possédaient l'acte original de cet Ordre et en firent présent à Henri III lorsqu'il passa par leur ville en revenant de Pologne. Il tint cet acte fort caché; et

en ayant fait tirer par M. de Chiverny ce qu “l jugea à propos d’en extraire pour son nouvel Ordre, il lui ordonna de le brûler. |

Mais ce précieux monument a été conservé; et après avoir passé de la bibliothèque de Philippe Hüraut, évêque de Chartres, fils de M. de Chiverny, dans celle de M. le président de Maisons, il se trouve aujourd’hui dans le cabinet des Ordres, Bibliothèque Royale, section des manuscrits. |

Henri II avait été élu roi de Pologne et était parvenu à la couronne de France, le jour même de la Pentecôte : c’est ce qui lui fit donner à l'Ordre qu'il institua le titre de l'ordre du Saint-Esprit.

” Son dessein fut d’en faire une marque de la plus haute distinction ‘et de retirer du parti calviniste, par l’espérance de cet honneur, les grands du royaume qui y étaient engagés. Il se déclara chef souverain de cet Ordre. La grande-maîtrise fut unie à la couronne de France. Le nombre des chevaliers fut limité à cent, y compris huit ecclésiastiques, savoir, quatre cardinaux et quatre qui devaient être archevêques, évêques, ou prélats. Le grand aumnier et ses suc- | cesseurs y furent incorporés en titres de commandeurs , sans être obligés de faire preuve de noblesse.

- Le grand collier de POrdre était composé de fleurs de lis, cantonnées de flammes d'or; émaillées de gueules, entrelacées de trois chiffres émaillés d’argent. |

Le premier chiffre est un H etun A (lambda), lettre grecque; ce sont les premières lettres du nom du

roi et de celui de la reine son ponte Louise de Lorraine.

© Les deux autres chiffres marquaient des noms que le roi laissa à deviner, et dont on a diversement interprété la signification. Depuis, on y substitua des symboles plus conformes à la valeur et à la religion de nos rois; et c’est le seul changement qu'on ait fait à ce collier.

Hors des cérémonies, les chevaliers portaient une croix d'or émaillée de blanc, attachée à un cordon bleu qui pendait sur la poitrine, comme les commandeurs actuels de Pordre de la Légion-d’Honneur portent leur décoration attachée à un ruban rouge. Le cordon bleu se portait comme aujourd'hui la grande croix de la Légion-d'Honneur, en baudrier de droite à gauche.

La première promotion des chevaliers du Saint- Esprit se fit le 1° janvier 1579 aux Grands-Augustins de Paris. Le nombre des ecclésiastiques fut rempli; celui des chevaliers laïcs ne fut porté qu'à vingt-sept, afin de laisser une espérance plus prochaine à ceux qu’on voulait gagner par lappât d’un honneur si distingué.

Ce fut à la promotion de 1584 ‘qu'Arnaud Gontaut de Biron, obligé de produire ses titres de noblesse pour être reçu chevalier dans cet ordre du Saint-Esprit, n'en présenta que cinq ou six fort anciens , et qu'il dit au roi: Sire, voilà ma noblesse ici comprise... La voici encore mieux, ajouta-t-il en montrant son épée. |

Outre les immenses recueils manuscrits composés par les généalogistes de l'Ordre et qui se trouvent au département des manuscrits dela BibliothèqueRoyale, il y a nombre d'ouvrages imprimés sur l’ordre du Saint-Esprit; entre autres, le neuvième volume de l'Histoire des grands officiers de la couronne, par le P. Anselme et ses continuateurs, in-folio;

Le Catalogue des chevaliers, commandeurs et officiers de l’ordre du Saint-Esprit, avec leurs noms, armes el qualités, depuis l'institution; in- folio, Ballard, Paris, 4760 ; |

- Et l'Histoire de l’ordre du Saint - Esprit, par M. de Saint-Foix, historiographe des Ordres du roi, Paris, 1767.

Ordre de Saint - Louis.

Cet Ordre royal et militaire fut créé en avril 1693 par Louis XIV, pour récompenser les ofliciers de ses troupes qui avaient donné des PU de leur valeur.

Le roi est chef souverain, grand-maitre de l'Ordre. Tous les princes du sang y étaient admis. Il y avait vingt-six grand-croix en broderie sur l’habit et cordon rouge, soixante-quatre commandeurs, quatre grands officiers de l'Ordre, créés en 1719, quatre officiers commandears , et huit autres officiers de l'Ordre.

Aueun ne peut être pourvu d'une place de cheva-

lier dans l’ordre de Saint-Louis , s'il ne fait profession de la religion catholique, apostolique et romaine, justifiée par l'archevèque ou l’évêque diocésain; s’il n’a servi sur terre ou sur mer pendant vingt ans, et s’il n’est actuellement encore au service. Cependant le roi peut accorder la croix à un jeune officier qui dans une affaire se distingue d’une manière éclatante.

. Tous ceux qui composent l’ordre de Saint-Louis portent une croix d’or sur laquelle il y a l'image de saint Louis. Ce saint est cuirassé d’or, couvert de son manteau royal, tenant de sa main droite une couronne de laurier, -et dela gauche, une couronne d'épines et les clous de la Passion en champ de gueules; un petit cercle d'azur est sur la tête du saint, avec cette légende: Ludovicus magnus instituit 1693. Au revers est un médaillon de gueules; on y voit une épée flamboyante, la pointe passée dans une couronne de laurier, liée de l’écharpe blanche: sur un autre cercle d’azur qui l’environne, se trouve la devise en lettres d'or : Bellicæ virlutis prœmium.

Louis XVI, par son édit de 1779, opéra dans l'ordre de Saint-Louis des réformes qui furent jugées si avantageuses, que l’on a consacré cet événement par des médailles. On y voit d’un côté l'effigie du roi, et de l’autre, le ruban de l'Ordre entouré de ces mots: Lud. magnus instiluit 1698, Lud. XVI tlllustravit 1779. |

Les grand-croix la portent attachée à un ruban éouleur de feu, qu’ils mettent en écharpe; ils ont de

ORDRES FRANÇAIS DE CHEVALERIE. 265 plus une croix en broderie d’or sur le Jhstaueor ps ou sur le manteau. Fu «

Les commandeurs portent seulement le naine en écharpe avec la croix, qui y cst attachée.

Les simples chevaliers la portent sur la poitrine , attachée avec un petit ruban couleur de feu.

Ordre du Mérite - Militaire.

Louis XV a créé par ordonnance du 40 mars 1739 l'ordre du Mérite-Militaire en faveur des officiers nés dans les pays où la religion protestante est établie.

Ïl y a deux grand-croix, l'un Allemand et l'autre Suisse, et quatre commandeurs, dont deux Allcmands et deux Suisses. Le cordon de cet Ordre est bleu foncé, sans être ondé. La croix est d'or; sur un côté est une épée en pal, avec la légende : Pro virtute bellica; sur le revers, une couronne de laurier et cette légende : Ludovicus' XV inslituit 1759.

En 1844, Louis XVIII ordonna que la décoration de l'ordre du Mérite - Militaire serait attachée à un ruban tout à fait semblable à celui de l'ordre de Saint - Louis.

Grdre de la dis d'Honneur.

L'institution de l'ordre de Ja Légion-d'Honneur date du 19 mai 1802. me :

: L'inauguration en eut lieu le 14 juillet 4804, dans l’église des Invalides. Un décret impérial avait statué sur la décoration des membres de la Légion-d'Honneur, laquelle se composait de grands officiers, de commandeurs , d'officiers et de chevaliers. Peu de temps après, il fut créé un cinquième grade, supérieur aux premiers, celui de grand-cordon.

La croix consistait dans une étoile à cinq rayons doubles, dont le centre, entouré d’une couronne de chêne et de laurier, présentait d'un côté la tète de l’empereur, avec cette légende: Vapoléon, empcreur des Français; et de l’autre, l'aigle français tenant la foudre, avec cette légende: Honneur et patrie.

La décoration est en or pour les grands officiers, les commandeurs et les officiers, et en argent pour les légionnaires.

Le ruban est rouge moiré.

A l'époque de la Restauration, Louis XVII se plaça à la tête de la Légion-d'Honneur, dont il se déclara le grand-maitre. Ïl changea les ornements de la croix, et substitua au grade de grand-cordon celui de grand-croix.

L’effigie de Henri IV remplaça celle de Napoléon, avec cette légende : Henri IV, roi de France.et de Navarre. À l'aigle on substitua trois fleurs de lis. L’exergue resta la mème. La croix fut surmontée de la couronne royale. |

La révolution de 1830 donna encore à la croix de la Légion-d'Honneur de nouveaux insignes; les fleurs de lis se virent détrônées par des drapeaux tricolores.

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