I. Les armoiries de souveraineté sont celles des
DES DIFFÉRENTES ESPÈCES D'ARMOIRIES. 17 maisons souveraines, papes, empereurs, rois, etc., considérés comme têtes couronnées ; elles sont inhérentes à la dignité souveraine, et sont regardées comme annexées aux États mêmes des princes.
J'aurais dû parler ici au passé; car les révolutions, en renversant les monarchies, bouleversent les us antiques et font disparaitre en un jour des signes glorieux consacrés par les siècles. Les fleurs de lis, symbole de la monarchie très-chrétienne, blason illustre que la France a porté pendant quatorze cents ans et fait triompher sur tant de champs de bataille, ont disparu, les fleurs de lis dont la céleste origine était marquée par les anges qui supportaient l’écu, et dont le fond d’azur annonçait la protection divine.
$ XXVI. — Armoiries de Prétention.
IT. Les armoiries de prétention sont celles que les souverains ajoutent à celles de leurs États propres, en vertu des droits qu'ils prétendent sur certains royaumes ou sur certaines provinces que la force des armes a bien pu leur ravir, mais auxquels ils n’ont jamais formellement renoncé. Les rois d'Angleterre, pendant quatre siècles, ont pris le titre de roi de France et écartelé les armoiries de France de celles d'Angleterre. Le roi de Sardaigne porte les armes des anciens rois de Jérusalem, comme héritier des Lusignan. |
S XXVII. — Armoiries de Concession.
Les armoiries de concession ou d’augmentation d'honneur sont des armoiries entières, une ou plusieurs figures accordées par le prince en récompense de quelque belle action ou de quelque service signalé.
I y aurait ici un volume tout entier à faire si je rapportais les traits héroïques qui ont valu à tant de familles francaises l’honneur d'ajouter à leurs armoiries des fleurs de lis, comme témoignage de la reconnaissance du monarque et marques d'admiration et d'estime pour leur dévouement et leur valeur. Nous n’en citerons que quelques-uns ‘. Les armoiries des Châteaubriant, cette noble famille qui a recu, à notre époque, de lillustre auteur du Génie du Christianisme, une consécration nouvelle, un nouveau genre de gloire, sont de concession. Avant le combat de la Massoure, en 1250 , ils porlaient écu de gueules semé de pommes de pin d’or, et depuis ils le portèrent semé de fleurs de lis d’or avec cette devise : Mon sang teint les bannières de France. À cette funeste bataille où disparut le frère de Louis IX , qw'oncques on ne revit plus , dit le chroniqueur, Godefroy V de Châteaubriant se signala par de tels prodiges de valeur que le saïnt roi lui octroya les fleurs de lis de son blason, pour le récompenser
‘ Nous en rapporterons une foule d’autres au dictionnaire, ne voulant pas ici interrompre la suite rapide des descriptions héraldiques.
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et transmettre aux âges à venir le souvenir de ses hauts faits.
Gardons-nous d’omettre le glorieux blason de cette jeune fille inspirée de Dieu , de cette libératrice du sol de la France, qui dut à son noble enthousiasme, reflet de lenthousiasme guerrier et religieux du peuple entier, de recevoir de Charles VII des armes significatives. Laissons parler le bon Paradin dans ses Devises héroïques, d’après Eugène de Monstrelet : L’épée couronnée, ensemble deux fleurs de lis, reluisant jadis en l'enseigne de la Pucelle d'Orléans, est un perpétuel monument de la défense et protection de la France. | : |
Si les Romains ont fait si grand cas d’une vierge, Clélie, qui se sauva elle-même au travers du Tibre,
combien devons -noùs faire plus d'estime de cette Jeanne de Vaucouleurs, providentiellement adressée de Dieu pour encourager Charles VIT, redresser les . affaires de France et sauver de prise et de sac la cité d'Orléans, laquelle garde la mémoire de sa délivrance tant par sa statue de bronze sur le pont de la Loire, que par le discours de ses faits enregistrés en l'hôtel de cette ville. Elle estoit aussi chaste en son cors qu’innocenie du crime de sorcellerie à elle mis sus par les Anglais, qui à tort la firent brüler vive à Rouen. Cest à Meung-sur-Yèvre que Charles VIT, en décembre 4429, accorda à Jeanne d’Arc et à toute sa famille des lettres de noblesse, « afin, dit le roi, de rendre gloire à la haute et divine Sagesse des grâces nombreuses et éclatantes dont il lui a plu nous combler par le célèbre ministère de notre chère et bien-aimée la Pucelle Jeanne d'Arc, de Domremy, et que par le secours de la divine Providence nous avons espérance de voir s’accroitre encore. » Par une fort remarquable exception, les lettres d’anoblissement données par Charles VII comprenaient les mâles et les femelles à perpétuité. On ne conçoit pas les motifs qui engagèrent le parlement, en 1614, à restreindre la noblesse dans la famille Dulys aux mâles seulement. | | | Les armes des Dulys, que la Pucelle ne porta pas sur son écu, étaient d'azur à une épée d’argent en pal, croisée et pommetée d’or et côtoyée de deux fleurs de lis d’or. | EL
DES DIFFÉRENTES ESPÈCES D'ARMOIRIES. 81 $ XXVIIL. — Armoiries de Communauté.
IV. Les armoiries de communauté sont celles des archevèchés, évèchés, chapitres, universités, sociétés, compagnies : corporations.
8 XXIX. — Armoiries de Patronage
V. Les. armoiries de patronage sont celles que les gouverneurs de province, les intendants, les chatelains, ajoutent à celles de leur famille, comme une marque de leur supériorité, de leurs droits, de leur ‘juridiction. a |
$ XXX. — Armoiries de Faille.
VI. Les armoiries de famille ou nobiliaire - - personnelle-héréditaire , sont celles qui appartiennent à une maison et qui servent à la distinguer des autres.
& XXXI. — Armoiries d'Alliance.