‹ Histoire du blason et science des armoiriesChapitre 7 sur 48 · ON Y LIT D'UN CÔTÉ · texte numérisé non relu

ON Y LIT D'UN CÔTÉ

Sigitlam Guidonis de Mu-

nois, monachi sancti Germani

Autissiodorensis.

S. G. DE MVNOIS MOACH

Singe — air — main — dos — serre.

C'est-à-dire : Sceau de Gui de Munois, moine de Saint-Germain-d’Auxerre.

Dans le champ de ce sigillum se trouvent des figures qui ne sont que la reproduction symbolique, une sorte d’idéographie ou les armes parlantes de la légende.

D'abord l’espace compris entre les deux lignes elliptiques de l'inscription, et limité lui-même par un léger cordon formant une autre ellipse plus petite, concentrique à celle qui embrasse le contour du cachet, offre évidemment la représentation idéographique du ciel ou de l'air figuré par la lune et les étoiles. Immédiatement au-dessous du croissant lunaire et entre deux étoiles se trouve un singe encapuchonné, tenant d’une main un bâton et de l'autre se serrant la partie postérieure du corps jusqu’au bas du dos.

Et en songeant au sureau d'Agnès Sorel ou Sur'el, à l’abricotier du médecin de Louis XI ( Coictier }, qui s'était mis loin de la cour à l’abri des soudains et terribles revirements de la fortune, si communs

DES DIFFÉRENTES ESPÈCES D'ARMOIRIES. 87 en ces temps-là, surtout dans la sphère élevée où il s'était placé; en me rappelant encore parmi la foule innombrable des armes parlantes le chat armé d’un maillet de la famille Maille Chat, les trois épis d’orge montants des d'Orgemont, les trois limaçons d'argent rayés et ombrés d'or, de Robert Le Maçon, chancelier du roi Charles VI, et mille autres encore; j'ai été amené à trouver l'interprétation suivante, comme la seule raisonnable que puissent admettre les figures décrites plus haut : le singe dans l'air, qui d’une main se serre le dos, me paraît symboliser ces mots : SINGE—AIR—MAIN— DOS — SERRE , que nous lisons en les assemblant ou les décomposant au besoin : Saint-Germain d'Auxerre.

$S XXXVIL. — Droit d’aînesse.

L'armoiriè, à quelque catégorie qu’elle appartienne parmi celles que nous venons d’énumérer, est vraie ou fausse : les roys d'armes, les juges d'armes étaient chargés de la vérification. Elle est aussi ou pleine ou brisée : l

Pleine quand les ainés de famille la conservent telle qu’elle a été créée par leurs ascendants ; brisée quand un cadet, un puiné, un bâtard y introduisent d’après les règles une modification, un surchargement de pièces.

Esto dominus fratrum tuorum ( sois le seigneur de tes frères), disait Isaac à son ainé. Ces quatre mots sont la devise du droit d’ainesse ; les ainés de

famille ne l'ont pas oubliée pendant le moyen âge, et ils ont ordonné à leurs cadets de porter sur l'armoirie patrimoniale une marque, un signe, une brisure. Cette brisure peut se faire par le changement de toutes les pièces en conservant les émaux, par le changement des émaux en conservant les pièces, par une nouvelle partition, par une nouvelle écartelure (V. ces mots), par une mutation dans les ornements extérieurs, par des diminutions et par des accroissements. Les écus accolés, c'est-à-dire mis deux à deux, le flanc droit de l’un près du flanc gauche de Pautre, appartiennent aux femmes mariées ;-les écus en losange appartiennent aux demoiselles et aux abbesses.

Le lambel, la bordure, le bâton péri, le canton

KX | NS | Le NN KSS

Page 1