‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 102 sur 196 · La vraie forme sanscrite de ce mot est Kûshmâmia · texte numérisé non relu

La vraie forme sanscrite de ce mot est Kûshmâmia

ont leur analogie dans la mythologie d^autres peuples. Nous devons nous arrêter un moment devant les autres.

Au premier abord, les Pratyekabuddhas semblent une création du Bouddhisme. Le mot pourrait signifier « un Buddha spécial, particulier » ; c'est là du reste Tcxplication oificiclle du mot, bien que ce sens ait tout Tair d'un nonsens. Tandis que les Buddhas laissent briller leur lumière pour les autres créatures, illuminent le chemin qui mène à Nirvana, les Pratyekabuddhas ne luisent que pour euxmômes; ils peuvent bien arriver au Nirvana, mais sont entièrement dépourvus du pouvoir de délivrer d'autres créatures des maux de l'existence. En outre, c'est un signe distinctif, constant d'un Pratyekabuddha, qu'il ne vit jamais en môme temps qu'un Buddha; il se révèle exclusivement pendant la période qui s'écoule entre le Nirvana d'un Buddha et l'apparition d'un autre, c'est-à-dire entre le coucher et le lever du soleil. Par conséquent, le Pratyekabuddha ne peut briller que pendant la nuit; pendant le jour, sa lumière faiblit devant celle du Buddha Unique. Si nous nous rappelons que le misérable Devadatfa, après sa disparition à la tin du mois, renaît, après un kalpa (c'est-à-dire : un jour) comme Pratyekabuddha, nous reconnaissons * dans ces per- 296 sonnages nos vieilles connaissances, les six hérésiarques, les cinq planètes et la Lune. Il devient dès lors évident que le nom, très ingénieusement trouvé, du Pratyekabuddha, doit se décomposer, non en pratyeka et buddha, mais en praty et ekabuddha^ de sorte qu'il signifie « pendant » ou « adversaire du Buddha Unique ». Nous pouvons donc très bien le traduire par Antibuddha.

Après le Soleil, la Lune et les planètes, viennenties étoiles. (k'Iles-ci, dans la mythologie bouddhique, sont désignées par le terme d'Arhal, c'est-à-dire « magister, magistrat »; la traduction « un saint » n'est pas mauvaise; elle répand une teinte édifiante sur ces figures de la mythologie monastique, et rend assez bien l'impression que le mot fait sur l'âme du

fidèle. Les Arhais s'appellent aussi Muktas « délivrés * » et Aryas, « maîtres, vénérables ». Il y a aussi des Arhats terrestres, ou, comme disent les autres Indiens, des Çshis, des Gurus; il va de soi que, dans l'énumération qui nous préoccupe, il ne s'agit que d^Arhats surhumains; on n'a qu'à parcourir la liste : l'homme en est soigneusement exclu.

Tous les Arhats se distinguent par des dons extraordinaires. D'abord ils possèdent un quadruple talent surnaturel ' pour (la pénétration) du but, de l'intention ou de la chose (en question) ; pour (la pénétration) de la Loi (du Dharma) ou de la nature des choses (des dharmas) ; pour l'exégèse, la définition et l'étymologie des mots ; pour la présence d'esprit dans 297 la parole et dans la dispute ^ * En outre, ils sont doués de cinq ou six sortes de connaissance supérieure (Abhijfift), telles que : 1. puissance magique ; 2. l'oreille céleste, de sorte qu'on puisse entendre tous les bruits de l'univers * ;

3. la faculté de deviner ce qui se passe dans l'âme des autres;

4. la connaissance d'un état antérieur; 5. l'œil céleste, par lequel on voit tout ce qui se passe sur la terre ', et par lequel on sait comment les divers Êtres dans les différents mondes meurent et renaissent. La 6** Abhij&â est la science par

1. A une époque plus ancienne, mukta doit avoir aussi signifié simplement « un sage, un philosophe », comuie nous Tavons déjà vu plus haut.

2. Le mot est Patisamhhidd^ et il est difiQcile de l'expliquer avec certitude, vu qu*il ne se trouve jamais dans un contexte déterminé. Étymologiquement, le mot signifierait aussi bien « distinction » que « combinaison particulière ». Les Septentrionaux emploient le mot pratisamvid « conscience »; ce n'est certainement pas le mot original, comme Childers Ta déjà compris {Pâli Dict.^ 367). Sambhidd est peut-rtre une transposition de samhidhây de aamvidhtjati, « percer, pénétrer ». Dans les deux cas, le mot composé serait synonyme de moksha ou mukti, dans le sens plus ancien de sagesse approfondie, de préparation, et en mrme temps dans celui de délivrance, de déliement. Comme mukta et yukla peuvent coïncider dans un sens et que sambheda = samyoga^ on peut admettre que patisamhhidd = pralisamyoga.

3. Dans Milinda Panhd, 340, il semble qu*il soit question de Thabilcté dans la dialectique.

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