Ràma, au contraire, se prépare à partir tout de suite
4. Rctma, au contraire, dit à SItd qu'elle doit distribuer ses biens et choses précieuses aux mendiants ou aux moines, et aux serviteurs. Quand il Tint la
pria de réunir tous ses biens, la dot qu^elle avait apportée Dans cette conversation, le prince insista sur ce qu'il y avait de méritoire dans la distribution des aumônes, et elle lui déclara qu'elle partageait entièrement ses sentiments ^ Puis il la mit au courant de l'exigence des bourgeois, mais il la pria de continuer à jouir des avantages attachés à sa position et de se charger de la tutelle de leurs deux enfants. En entendant ceci, elle déclara qu'elle aimerait mieux marcher avec lui à la mort que rester en vie sans lui *. La reine, qui avait appris sur ces entrefaites la nouvelle de Texil prochain du prince', s'efforça vainement de faire revenir son mari sur sa décision, bien qu'il lui promit, ému de sa douleur, de rappeler leur fils, après que celui-ci aurait passé quelque temps dans le désert.
Le lendemain, après que les différents trésors, chacun de 700 pièces, eurent été réunis, Viçvantara donna ordre de réunir les mendiants, et il leur distribua toutes ses richesses : éléphants, chevaux, taureaux, buffles, vaches, jeunes filles, jeunes gens, fillettes et garçons; puis de Tor, de l'argent et loufcs sortes de joyaux et de perles *. Dès que les portes du trésor furent ouvertes, la foule des mendiants se précipita
voir pour lui communiquer la nouvelle de son exil, c il ne put maîtriser sa douleur ». Chos«; reuiarquable : le commentateur de ce passage du Rdmâyana, II, 26, 1, fait tout son possible pour diminuer la force de ces paroles; évidemment, parro que, d nprôs cet excellent homme, il ne convient pas que RAma, qui est un avec Vishnu, rr.tre Supn^me, sente si humainement. Le Bodhisatva du récit bouddhique r^'pond parfaitement à cet idéal du commentateur dévot.
1. Le mAnic récit so trouve, quant & ressonticl, Rdmdy. II, 30; le ton du po(''inc est à la fois plus mondain et plus sérieux.
'1. Comparez le beau discours de SttA, dans le Râmây, II, 27. Sttà est la tcrr«> nourricii're; MAdrt doit l'trc la mAme chose, dans sa qualité de femme du Bodhinatva. Comme Viçvantara ctSiddhArtha sont de nouveau deux noms pour !(' im'ino <*tro, leurs deux femmes doivent également être identiques. Fn ptr^t, MâdrI est identifiée expressément avec YaçodharA, et nous avons tl»''j<i vu, d'aprrs d'autres données» que cette dernière est la terre.
'{. Dans 1«' Hdmmiann, Kauçalyà, la mère de Ràma, apprend la nouvelle de la i»uurht> d«* flon fils.
». Hâuia et Sitâ distribuent leurs biens et leurs trésors: Rdmdy, 11, 32*
307 avec cupidité, semblable à des abeilles * qui volent vers un bois dont les fleurs viennent de s'ouvrir *. Quelques-uns prirent des étoffes de soie, des guirlandes, des vêtements ; d'autres choisirent des bijoux, des anneaux ou des couronnes. Puis Mâdrî, elle aussi, distribua ses vêtements, ses pierres précieuses et autres objets de valeur.
Quand les époux prirent congé de leurs parents *, la reine fit un dernier efl*ort pour amener Mâdrî à rester auprès d'elle, vu qu'elle aurait à supporter tant de misères dans le désert ; mais la princesse répondit qu'elle aimait mieux vivre avec son mari dans le désert que sans lui à la cour. Le prince lui-même lui dépeignit les dangers dont les bêtes féroces et les serpents la menaçaient, mais elle déclara que cela ne Tcfirayait pas ^. Alors il désira qu'elle laiss&t au moins les deux enfants, qui, au lieu d'avoir des lits luxueux, seraient obligés de coucher sur la roche dure ^; et, au lieu d*unc nourriture exquise, devraient manger des fruits ^. Mais elle répondit qu'elle voulait avoir ses enfants avec elle, aussi bien que son mari. Les courtisans et d'autres personnes présentes se lamentèrent à haute voix, comme se lamente un bois d'arbres Sâl, quand un vent violent l'agite. Les courtisans amenèrent alors le char % et Màdrt y monta, avec sa fillette au bras et son fils à la main.
Après que Viçvantara out salué respectueusement ses parents, il fit partir les courtisans et donna de bons conseils
1. Ici, comme si souvent ailleurs, la comparaison contient ]e véritable sujet. En réalité, les abeilles sont le principal. Le départ pour le désert, le vivdsa, a donc lieu au printemps. Dans le Ramàyana l'exil dure quatorze ans, probablement la moitié i^cs saisons lunaires (27 ou 28 en tout), donc un ayana^ • semestre >». De là le titre, « Vayana de Kâma ».