‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 107 sur 196 · En mythologie, tout se fait eu un mouieut · texte numérisé non relu

En mythologie, tout se fait eu un mouieut

:î. VirvakarDian est rarchitcctc et 1 artiste du ciel; nous Tavons déjà rencontn'* ou qualité de coilTeur. Cela s'explique par le fait que le mot pour « roitfeur » et <( barbier », kalpiika, si^^nifie aussi « un homme qui travaille .quelque cti(»se) ». Dans la mythologie des Grecs, des liomains et des Germains, la ligure corr(^spündante est un forgeron.

3. La forme sanskrite doit être Amitratupanà « celle qui tourmente ses ennemis. »

4. Dans Tcstimation du narrateur, une femme a bien moins de valeur qu6 100 pit'cos d'or.

LEDHARIIA ttl

pour femme. Ceci réveilla la jalousie de ses autres femmes, qui persécutèrent violemment leur rivale , surtout ceitain jour qu^elle sortait pour aller chercher de Teau. Elle se fftcha et se mit en colère à son tour, mais Jûjaka, pour la calmer *, 310 promit d*aller chercher lui-même le bois à brûler nécessaire et de faire tout le travail dans la maison, pendant qu'elle se tiendrait tranquille. Amittatftpanà lui dit alors que le cbari* table Yiçvantara se trouvait près du mont YaAkaghri, el quesi Jûjaka allait le voir, le prince lui donnerait certainement un domestique pour la servir. Le brahmane fit quelques objections, parce que le chemin était long et qu'il était' lui-même vieux et faible, mais comme elle ne cessait de le harceler et l'accablait de reproches, il se résigna et entreprit le voyage. Il se rendit d'abord à Jayaturft * et demanda k voir Yiçvantara. Les boui^eois, furieux de ce qu'on osait encore demander des aumônes au prince, tombèrent sur lui avec des b&tons et des massues, et le chassèrent hors de la: ville. Fugitif et ne sachant où aller, il fut conduit par les dieux ' dans la direction de YaAkagiri. Arrivé près de cette localité, il fut vu par les gardes, que le roi de Gedi avait placées autour de la forêt, et sans doute il eût été tué, s'il n'eût imaginé un mensonge et raconté que les parents de Yiçvantara l'avaient envoyé pour prendre de ses nou<vclles. Plus loin, il rencontra l'ascète Acyuta, qui séjournait tout près du rocher Yipula. Il lui raconta qu'il avait ^té le précepteur du prince dans la jeunesse de celui-ci. C^était l'heure de midi, et comme il soupçonnait que le prince serait absent pour chercher des fruits et que MftdrI, qui empêcherait probablement qu'on n'accordât sa demande,

1. Ce détail ser&it absurde s'il ne s^agiiiall pas d*iin mythe; en effet, la femme avait dit que le prince le tronvatt à Vankafrlri. — Il y a une eeriyne analogie entre ce récit et la Tenii0 dn brahauuM Pi&gala Gâifya ehei BânM puur mendier, également à la demande de ta femme; Tolr Jldiiid^. U, tS, SI.

2. Le mot pour « dieu », deva^ tlgoifle dana la langue de llnde auül • aenti, urbane det sent •>,

serait seule à la maison, il résolut de se retirer dans une grotte voisine, jusqu'au lendemain matin. Cette nuit, la princesse eut un rêve pénible, et dès le lever du soleil, 311 elle se rendit à la demeure de son mari *, pour lui demander l'explication de ce songe. Le prince lui demanda pourquoi elle venait à une heure si indue, et elle lui raconta qu'elle était effrayée par un songe, dans lequel elle avait vu un homme noir qui lui coupait les deux bras et lui arrachait le cœur. Bien loin d'être effrayé, Viçvantara fut ravi, prévoyant que le temps était venu de réaliser les perfections de la vertu. Il se borna cependant à lui dire qu'elle avait jadis mangé de la nourriture exquise et dormi sur des lits moelleux, mais qu'elle n'avait maintenant à manger que des fruits et était obligée de coucher sur la dure; après l'avoir ainsi avertie d'une façon énigmatique, il la laissa partir.

A l'heure ordinaire, la mère mena les enfants près du père, et alla elle-même dans la forêt. Gomme le prince vit venir le brahmane, il ordonna à Jàlin d'aller au-devant du vieillard et de porter sa cruche à eau. Après que le brahmane eut mangé quelques fruits qu'on lui avait offerts, Viçvantara lui demanda dans quel but il était venu. Le vieillard lui dit qu'il était venu pour lui demander les deux enfants. En entendant cette requête, le prince fut ravi, et déclara que le brahmane était le meilleur ami qu'il eût jamais eu, vu que d'autres ne lui avaient jamais fourni l'occasion de céder autre chose que des objets d'aussi peu do valeur que Téiéphant ou le char. Cependant, la mère était absente et comme elle avait le droit de voir les enfants encore une fois avant leur départ, l'hôte serait obligé d'attendre jusqu'au lendemain. Jiijaka déclara ne pouvoir rester si longtemps, et que, s'il n'obtenait pas les enfants tout de suite, il serait obligé de partir sans eux. « Apporte-les h mes parents », répondit Viçvantara, « vous serez sûr d'obtenir une belle récompense ». — « Non », reprit le brahmane, « si je les emmène à la capitale, il m'en coûtera

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la vie dès qu'on saura de quelle manière je les aurai obtenus. Décidez donc immédiatement si vous les voulez donner, ou non. » Jàlin et Krshnâjinâ, qui avaient entendu ces paroles, furent tellement effrayés qu'ils prirent la fuite et se cachèrent sous les feuilles d'un lotus qui croissait dans un étang voisin.

Yiçvantara avait maintenant résolu de céder les enfants sans plus de retard *, et les appela. En vain : ils ne vinrent 312 pas. Sur ce, le vieux se mit à lui faire des reproches, et dit qu'en tout le pays il ne connaissait pas d'aussi grand menteur : il était évident que les enfants avaient été renvoyés exprès. Afin de découvrir où ils s'étaient enfuis, le prince se rendit lui-môme à la forêt, et appela, venu près de l'étang, son fils Jâlin. Dès que l'enfant eut entendu la voix de son père, il dit : « le brahmane peut venir me prendre; je suis prêt à devenir son serviteur : je ne peux supporter plus longtemps de rester ici en entendant- les appels de mon père. » Au môme moment, il déchira en deux la feuille sous laquelle il était caché, se redressa et courut en pleurant vers son père. Yiçvantara lui demanda où était sa sœur, et comme Jàlin disait qu'elle s'était enfuie avec lui et s'était cachée, le prince l'appela, sur quoi elle sortit, comme son frère, de dessous le lotus, et embrassa en pleurant ' les pieds de son père. Yiçvantara, qui comprenait fort bien que s'il n'abandonnait les enfants, il ne deviendrait jamais un Buddha et ne serait ainsi jamais en état de délivrer les êtres des misères de Texistonce, se maîtrisa, ramena Jâlin et Krshnâjin& avec lui à sa cabane et les donna au brahmane, en lui versant de l'eau sur les mains et en disant : « Puissé-je devenir ainsi rOmniscicnt! »

Lo brahmane prit les enfants avec lui, mais tomba en descendant d'une colline et resta en cet état, étendu avec le visage contre terre. Les enfants profitèrent do l'occasion

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