‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 109 sur 196 · Très apocryphe · texte numérisé non relu

Très apocryphe

C'est ainsi que se termine ce récit, dit un jâtaka^ aussi bien que, par exemple, la fable donnée plus haut, do la grue malfaisante. Cependant, il n'échappera à personne qu'il y a peu d'analogie entre les deux récits quand on fait, attention à leur nature essentielle. Notre « histoire » est un mythe, expression de phénomènes naturels, le tout orné de quelques détails romanesques et teinté d'une couleur sentimentale ; la fable, au contraire, est un récit fictif, basé sur l'observation des habitudes des animaux. La première sert à édifier, à toucher le cœur; l'autre, à nous inculquer une leçon, à agir sur rintelligence.

L'histoire du Bodhisatva Viçvantara appartient à une certaine classe de récits édifiants, qui, sans avoir un nom spécial, se distingue cependant des autres. Nous leur donnerons le nom de « légendes des Bodhisatvas. « Dans chacun de ces récits, on glorifie une des « Perfections dans la vertu » (Pàramitûs) que possède le Bodhisatva, dans un des trois degrés dans lesquels une Perfection peut être exercée *. C'est 318 ainsi que, par exemple, la vertu simplement parfaite de la bienfaisance consiste dans le sacrifice des membres, le degré inférieur dans le don des biens et le degré supérieur dans le sacrifice de la vie *. Comme il y a dix Vertus parfaites et

1. Tout ceci n'a rien d(î commun avec la vertu; ce qui le prouve, c'est que 1p ini'nie esprit <lc sacrifice est montré, par exemple, par le roi des géants, Havana, le gt'-ant do rhiv«T, qui, en fait do sacrifice des membres, fit encore bien autre chose que le Bodhisatva : il se coupa avec le plus grand sangfroid les dix cous (il avait dix cous et dix têtes). Aucun Bodhisatva, avec la meilleure volonté du monde, ne pourrait en faire autant, vu qu'il n'a qu'un cou. Par suite d'une évolution progressive, on a donné un sens spirituel, moral, à de tels récits, (|ui n'étaient originairement que des mythes exprimant des phénomènes naturels. Les Bodhisatvas, eux aussi, ont été de plus en plus humanisés. Cependant, leur humanité est plutôt extérieure qu'intérieure : une âme réellement humaine leur manque. L'esprit de sacrifice, tel que nous le comprenons, manque au Bodhisatva : il fait don de ses enfants au premier mendiant venu, comme on donne de vieux sous ou de vieux habits; ou plutôt, il sacrifie les pauvres petits, afin de pouvoir sauver le monde, une fois qu'il sera devenu Buddha, d'après lo principe bien connu : le but

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que chacune est divisée en trois degrés, il suffit de trente « légendes du Bodhisatva » pour mettre en lumière la grandeur de celui qui était destiné à devenir un jour Gautama- Buddha, considéré dans Taccomplisssement de chaque subdivision des 10 Pâramitâs *.

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