‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 111 sur 196 · C'est-à-dire la Grande Histoire (éd. Senart · texte numérisé non relu

C'est-à-dire la Grande Histoire (éd. Senart

LE DIIARMA 337

primitive; la marche selon un plan fixe; la marche directe; la marche pendant laquelle on ne revient pas en arrière. Uommage à celui dont la bannière est invincible, au Tathâgata, au Grand-Maître, au parfait Sage (et : complètement éveillé) dans le voisinage duquel notre Seigneur Çàkyamuni pour la première fois a planté les bonnes racines, lorsque, dans sa qualité de Gakravartin, au commencement, il s'avança sur le chemin original (et : naturel) ». De ce passage il résulte indubitablement, — quelle que soit Topinion qu'on ait sur Torthodoxie plus ou moins grande du livre — que le Kuddha suprême est un être différent des Ruddhas inférieurs; que ceux-ci sont en nombre incalculable, ou du moins très nombreux, non seulement dans le passé et dans l'avenir, mais aussi maintenant. Donc ces IJuddhas ne sont autre chose que les planètes et les étoiles, en un mot les Arhats, les Sages, les Muktas, les Rshis, les Voyants célestes. Il en résulte, en outre, que Çàkyamuni est conçu comme distinct du Buddha suprème, mais non comme séparé : il est un Avatàra, une forme d'apparition (le cet Unique, de cet Âdibuddha, qu'on conçoive celui-ci |)ersonn(»llement ou comme un être mythique. Eniin, les Bodhisalvas sont, en général, les lumières célestes, dont l'orbite se divise en quatre époques, caryà ou cdra. La détermination exacte de ces époques est diflicile, vu que les cinq planètes montrent d'autres phénomènes que les étoiles fixes, que la lune en présente d'autres encore, et que toute tentative pour égaliser ces différences, ne peut que jeter de la confusion dans la d(Minition des quatre époques *. Mais il 320 (»st certain et indéniable <jue ces quatre périodes reposent sur une division astronomique, et qu'elles ne prétendent m^'^me pas, au moins dans le morceau cité, à être considérées comme autant de tournants dans la vie intellectuelle et morale dt^ Thomme. Nous ne nions pas que le système dogmatique se soit donné toute la peine possible pour donner un s<Mis mystique et moral a ces périodes qui mènent à la

disparition ^ Ces quatre époques, en effet, semblent être identiques aux quatre périodes qu'on désigne, d'un autre nom, comme les quatre degrés de sanctification * : celui du Srotaâpanna, du Sakrdâgâmin, de TÂnâgâmin et de TÂrhat ou Mukta.

Les Buddhas, dans le sens le plus élevé du mot, sont les formes phénoménales du Dieu du Jour et du Temps, formes qui, dans le système dogmatique, figurent, plus ou moins humanisées, comme docteurs suprêmes. Les Méridionaux en nomment vingt-quatre % à savoir : Dipankara (c'est-à-dire Faiseur de Lumière), Kondanna (sanscrit Kaun(}inya), MaAgala, Sumanas, Raivata, Çobhita, Ânavamadarçin, Padma, Nârada, Padmottara, Sumedha, Sujàta, Priyadarçin, Arthadarçin, Dharmadarçin, Siddhârtha, Tishya, Pushya, Vipaçyin, Çikhin, Yessabhû, Kakusandha, Konâgamana ^, Kassapa (sanscr. Kâçyapa ou Kaçyapa). D'après la source la plus authentique, le Buddhavamsa \ on dit d'eux expressé-ment ce qui suit :

« Ceux-ci furent les parfaits Buddhas, délivrés des passions, 32i zélés, * surgissant comme le soleil, et chassant la grande

Page 1