Beal, Duddhisl Tripitaka, U
3. II a encore d'autres noms, comme Ma5JunàUia « Seigneur aimable ■; Manjusvara, synonyme de Manjughoslia; MàSjudeva « le cfepa aimable » etc. Voir sur lui, la dissertation détaillée de Burnouf, Loius, 498.
et Manjuçri sont uns, on peut admettre d'avance que le pendant féminin — dans un système imaginé par des moines il ne peut être question d'épouse — de ce dernier sera la déesse de la Sagesse. Sarasvati. Cette supposition est confirmée par les faits, car « le complément de Ma&juQrl est la divinité féminine Sarasvati ' ».
En dehors de Brhaspati, qui au fond n'appartient pas à la mythologie bouddhique, nous croyons devoir identifier MaSjuçri avec Ânanda. Il est vrai qu'il y a des raisons de croire qu'Ânanda répond plutôt à Mercure, mais, comme nous avons déjà eu occasion de le remarquer plus tôt, il y a quelque confusion dans les rôles de Mercure et de Jupiter *. Une diflférence d'opinions à ce sujet a été d'autant plus possible, que la planète Mercure, chez les Indiens eux-mêmes, s'appelle Budha ou Jna, le Sage; nom inexplicable si l'on fait attention au rôle que cette planète, ou le dieu qui la dirige, joue chez eux; mais qui s'explique très bien si nous nous rappelons que ce dieu est justement, chez les Babyloniens, les Grecs et les Egyptiens, le dieu par excellence des sciences et l'inventeur des arts. Le fait que Brhaspati, chez les Indiens, figure si particulièrement comme le Guru des dieux, s'explique en partie par la circonstance qu'il est le 328 compagnon inséparable d'Indra, le dieu de la foudre : * il est le conseiller d'Indra, la voix de tonnerre, l'oracle. Ceux, au contraire, qui ne reconnaissaient pas Indra, mais le dieu solaire, comme seigneur suprême du Ciel, pouvaient diffi-
\ . Vassilief, Buddh., 135.
2. Dans une phrase chez H.mly, M. o f H, 366, on voit percer l'idée que Pauteur df> la Hource cit^;e par celui-ci identifiait Ânanda avec Guru '^Jupiter). On y dit du Seigneur : « Quand il sortait avec son compagnon Ânanda, il ressenihlait à la pleine lune escortée de la planète Guru. » II y a ici une petite inexactitude : Jupiter est peu visible au moment de la pleine lune et le mot « pleine lune » est féminin en sanscrit. Le mot devrait être « la lune », tout court. Le fait que la lune est nomnu'e à la place du soleil se comprend, les deux astres servant à mesurer le temps. De même soma, la lune, signifie aussi Vishnu et Ci va.
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cUement lui adjoindre Brhaspati comme eompagnon constant et conseiller. Ce rôle de conseiller, parmi les planètes, était plus justement dévolu à Mercure, celui-ci étant toujours près du soleil. Comme le Buddha correspond au dieu du soleil et de Tannée, non à Indra, c^est Mercure qui devrait être son compagnon habituel. Cette différence supposée d'opinions a peut<^tre été une des raisons qui ont poussé une partie de TÉglise à placer à côté d*Ananda, Mâfijughoshà ^. II n'est pas étonnant que celui-ci occupe, dans les images du Buddha, la place d'Ânanda. Une preuve qu^on ne voulait pas nier Tégalité ou similitude de fonctions entre Ananda et » Ma&jucrt, se trouve, à notre avis, dans le choix du nom, car le mot mdnju «c aimable » fait songer d^ lui-même à ânanda « amabilité * ». i v .
Mâfijughoshà doit avoir été plus encore que le patron 6a le génie de la Sagesse, car un de ses titrés constants est Kumftra. Kumâra ou Skanda est, comme nous Pavons vu, Tannée nouvelle, et, par conséquent, le jeune printemps, pour ceux qui font commencer Tannée en mArs. Ja Genèse transformée qui se trouve au début du Mahftvagga montre comment on a cherché à établir un lien entre Téveil du jour, le commencement de Tannée et Téveil de tesprit humain. C'est ainsi qu'on s'explique comment le printemps nouveau» né, la jeune année, le jeune dieu solaire et éveiUeur de la vie et la source de toute science finissent à la fin par sldentificr, de même que TApoIIon grec réunit en lut tous ces rôles. • '•'
Le culte de Mafijucri est, autant que nous sachions, * aussi 329
i. Par Loiuê, 131, nous laToiif que la période d^Ànaiida •'«ppellera MmoJfiaçabilàbhigarjita « rempli d'un aimable tiniit de grondement •. ManolÛaçabda et Manjugliosha signifient la même eboie; eomme il eet évident qall est iel question du tonnerre, Ànanda, dana eette eoneeptioik, dolt'étre ub antre nom de la voix personnifiée du tonnerre, Bjiiaapati.
2. Assez souvent, Ànandk et Mafijucri lont mentionnli eoaaiDble, comme deux personnages différente; mais noni ne dteroni pas ee fdt pour proaver que les deux ne sont pas un en réalité, liien qa*oo les distingue eopeasée.
ancien et aussi général, chez les Bouddhistes du Nord, que celui d' Avalokiteçvara ", il avait pénétré jusque dans TArchipel Indien, où fleurit jadis une branche de TÉglise septentrionale. Il est le patron des savants et il fit preuve, en cette qualité, de l'intérêt qu'il portait à Huien-Thsang, auquel il apparut en songe, et, fidèle à son caractère d'oracle, révéla une prédiction dont les détails ont été transmis à la postérité dans le récit de voyage du pèlerin chinois \