‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 12 sur 196 · Même détail Uddna, 5, 2, et Mahâvaslu. II · texte numérisé non relu

Même détail Uddna, 5, 2, et Mahâvaslu. II

3. Ce détail, en apparence absurde, mais par cela même authentique, de la légende, se trouve Lalitav.t 112. Le sens du récit est plus nettement indiqué.

Le roi eut soin que des femmes d'une beauté extraordinaire, sans aucun défaut, fussent chargées, comme nourrices et bonnes d'enfant, des soins à donner au Bodhisatva *, et c'est ainsi que l'enfant, toujours entouré d'un nombreux personnel féminin, put croître au milieu de la splendeur et du luxe.

31 * 4. — Signes de facultés extraordinaires.

Un jour*, le roi Çuddhodana alla célébrer la fête du labourage, au commencement de l'époque des semailles. La ville entière, magnifiquement ornée, avait l'air d'une demeure des dieux. Tous les valets de ferme, laboureurs, etc., se réunirent à la cour, ayant endossé des habits neufs et ornés de fleurs et de guirlandes, tandis qu'à la ferme du roi on préparait un millier de charrues. Il y avait en outre 799 charrues, attelées de bœufs et ornées d'argent ; mais la charrue destinée au roi était ornée d'or et de pierres précieuses ; les cornes des bœufs, les cordes du joug et le bâton pour piquer les bœufs, étaient dorés. Entouré d'une grande escorte, le roi, prenant avec lui son fils, sortit de la ville.

Sur le champ destiné à être labouré s'élevait un jambû^ au feuillage touflu et donnant beaucoup d'ombre. C'est sous cet arbre que le roi Çuddhodana fit dresser pour son fils un lit, couvert d'en haut d'un ciel orné d'étoiles d'or et entouré d'un rideau comme d'un mur d'enceinte. Après y avoir laissé une garde, le roi, avec sa suite, se rendit à l'endroit où les charrues étaient prêtes. Là il mit la main à la charrue d'or,

Buddhacar. II, 18. MÂyâ (le crépuscule) disparaît spontanément lors du lever du Soleil. Une autre explication est donnée Mahâv. I, 199 = II, 3, analogue à Jdt. 52 (trad. 65) et à la version birmane, Bigandet, I, 27.

4. La sœur de Mâyâ, la matrone Gautaml, fut chargée d'élever Tenfant qui avait perdu sa mère.

1. Cinq mois après la naissance, d'après la version reproduite par Hardy, Manual of Buddhism^ 150.

les seigneurs de sa suite prirent les charrues d'argent et les paysans les autres. Alors, le labourage commence. Le roi poussa vaillamment sa charrue à travers les mottes de terre, de manière à traverser toute la parcelle, tantôt de bas en haut, puis de haut en bas. Bref, le travail avançait bien. Les bonnes d'enfant, à la garde desquelles le Bodhisatva avait été confié, curieuses de voir comment le labourage du roi marchait, quittèrent toutes la tente. Quand le Bodhisatva, regardant autour de lui, ne vit personne, il se leva subitement, se mit sur son séant, les jambes croisées, et se plongea, ainsi assis, dans la méditation philosophique, en retenant son haleine.

Cependant, les bonnes tardèrent tellement à revenir, * que 32 les arbres avaient déjà tourné leur ombre en sens contraire, à Texception de l'arbre jambû^ qui continuait à répandre son ombre en forme de cercle autour de lui. Lorsque les femmes se rappelèrent enfin qu'elles avaient abandonné le prince, elles revinrent effrayées, soulevèrent brusquement le rideau, et voilà qu'elles virent le Bodhisatva, assis sur son lit, les jambes croisées, tandis que l'arbre le protégeait de son ombre. Elles s'empressèrent de raconter ce miracle au roi, qui accourut, et qui, en le voyant, se prosterna respectueusement devant son fils, en disant : « C'est la seconde fois, mon cher enfant, que je me prosterne devant toi * ».

Quelques-uns racontent ' que les membres plus âgés de la famille des Çftkyas proposèrent un jour au roi de faire porter

1. La version de cette belle légende dans le Lalilav, est très divergente. Il n est pas question de la fête du labourage et de la part qu'y prend le roi. On raconte seulement qu*una fois, au beau mois de mai, le prince fit avec ses camarades une excursion vers un village d'agriculteurs, appartenant à son père. Laissé seul, et assis À l'ombre d'un arbre 7am6i2, il se livre à la méditation. On décrit en détail en quoi consistait cette méditation. Le miracle de Tombre reste le même. Le roi, ne trouvant pas son cher fils, envoie en toute direction pour le chercher et va le trouver quand il a appris le lieu où il séjourne. A cette occasion, il rend hommage à son fils comme dans le texte.

2. Ce récit et le suivcuit sont empruntés à la tradition septentrionale.

Tenfant au lemple. Çuddhodana approuva fortement ce projet et donna ordre à la matrone Gautamî de revêtir le prince de ses vêtements de fête. Au moment où elle se livrait à cette occupation, Tenfant demanda à sa tante où elle voulait le porter, et quand il entendit : au temple, il se mit à rire de bon cœur et déclara, en vers, que ce n'était pas lui qui devait vénérer les dieux, mais que les dieux devaient le vénérer, lui, parce qu'il leur était supérieur : « les dieux et les hommes sauront un jour que je suis moi-même un dieu ». Néanmoins, le petit Bodhisatva, suivi d'une interminable escorte, fut porté au temple, en traversant les rues gaiement ornées. A peine était-il entré que les idoles sans vie se levè- 33 rent de leurs sièges et se jetèrent aux pieds * du Bodhisatva *. L'étonnement général que cet événement miraculeux produisit chez les spectateurs, hommes et dieux, fut partagé par la nature elle-même : la terre trembla ; une pluie de fleurs, descendit sur la terre et d'innombrables instruments de musique firent entendre d'eux-mêmes des sons délicieux.

Les mêmes sources racontent aussi l'épisode suivant. Lorsque l'enfant eut atteint l'âge requis pour commencer ses études, il fut conduit avec grande solennité à l'école. La splendeur qui sortait de lui était telle, que le maître d'écolo, Viçvâmitra, au moment où le jeune Bodhisatva entra dans la salle d'études, tomba la face contre terre, et il serait certainement resté dans cet état si un ange ne l'eût pris par la main et remis sur ses pieds. Les preuves que l'enfant donna de son habileté dans l'écriture, avant même que le maître eût eu l'occasion de l'instruire dans cet art, étaient tellement extraordinaires, que le maître d'école, qui, comme c'est d'ordinaire le cas avec les gens de sa sorte, était quelque peu vaniteux *, s'écria, dans une stupéfaction profonde : « Celui-ci

1. Pour comprendre ceci, il faut se rappeler que, d'après les idées indiennes, les statues des dieux, bien qu'inanimées en elles-mêmes, peuvent être animées par le dieu qu'elles représentent.

2. La vanité était le péché mignon des maîtres d'école dans Tlnde.

est plus haut placé que tous les dieux ; il est incomparable, sans pareil dans TUnivers ! » Plus tard, lors des exercices de lecture, le pouvoir miraculeux du Bodliisatva ne se démentit pas non plus. Quand, par exemple, les écoliers disaient a on entendait le son a-nityas sarvasamskârah ', « non permanent est tout ce qui est composé ». Si les élèves prononçaient / on entendait : îtibahulan jagat, « le monde est plein de misères ». De la môme façon, chaque lettre de Talphabet était suivie d'une parole édifiante et précieuse, tirée de la doctrine de celui qui serait plus tard le Buddha, de sorte que les âmes des 32,000 élèves, assis dans l'école, * furent prépa- 34 rées à recevoir plus tard les vérités salutaires que le Buddha devait prêcher.

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