‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 124 sur 196 · Il, 2, a · texte numérisé non relu

Il, 2, a

3. Manas si<^niQc « sens, dmc, pensée, représentations, imagination. »

au ciel. » Ce que signifie ici proprement le brahma reste un peu obscur; en tout cas, c'est la Raison suprême, ou, ce qui revient au môme, la Lumière créatrice. Dans la suite, il est dit : « Ensuite le brahma atteignit la partie plus lointaine (ou : plus élevée). Après Tavoir atteinte, il se demanda : comment pénétrerai-je (ou : comprendrai-je) ces mondes distinctement? Alors il les pénétra (ou : comprit) distinctement * par 3S7 ces deux : par le nom et par la forme. » Où faut-il maintenant placer le siège de la Raison suprème? Selon la conception mythologique, probablement dans la source suprème de la lumière; mais selon la conception philosophique, dans rhomme lui-même: Tcsprit humain, en effet, est le véritable créateur des choses comme telles. La conséquence du système mène à la conclusion : il n'y a pas de Raison plus haute que TEsprit humain, et il n'y a pas d'autre Dieu que notre raison *.

Dans le même ouvrage, nous rencontrons aussi la doctrine que ce monde consiste en Nom, Forme et Action *. « Ceci (ce qui existe) est triple : nom, forme et action. » Le fondement des noms est le langage, car de là sortent tous les noms; lo fondement des formes est Tœil; celui des actions, Tàme (àtman, notre sens intérieur, la personnalité). Cette trinité, con(;ue comme unité, est identique à l'âme, et l'âme, étant une, comprend la trinité. « C'est donc là le toujoursvivant, ce qui est caché sous l'existant. Le toujours-vivant est Tesprit vital (le souffle, la vie); l'existant sont le nom et la forme; sous ceux-ci l'esprit vital est caché '. »

1. On s'explique ainsi que les partisans du VcdÂnta, malgré des difTórencei d'opiuiun a d'autros égards, s'attachent tous au dogme que le brahma et l'Âme huinaiiit' sont uns. Dans le Taittiviya-hrahmana, 2, 2, 9, 10, on Ut : « Du noii-cxisUnt fut riérc l'iniaginatiDn {manaa). L'imagination créa lo Créateur. Le CrùMti-ur cr*'-a los cré.itures. *> Ici encore les deux conceptions de lumière cclrstr et dc luiiiiiTc intiTÎeure ont été entremôléei d'une manière très subtile.

•1. rat. lir.. H, 4, l, 3.

'i. L original porte umrta, c'est-à-dire • immortel » et « non-mort •. L'im-

Si Tâme, la personnalité, coïncide avec le nom, la forme et l'action, et si toutes choses sont comprises dans cette trinité, alors il est évident que la personne, le sujet, Tobservateur, comprend en lui toutes choses. En effet, Yàjiiavalkya donne à entendre assez clairement ^ que Vâtman, c'est-à-dire chez lui : le sujet, est tout. En se connaissant soi-même, on connaît le tout. Tous les Yedas, toutes les sciences, sont une 338 émanation, ou, comme il dit, une expiration * du Moi ou de TEsprit. De cette sorte d'idéalisme à la négation du monde extérieur, il n'y a qu'un pas.

C'est par le nom et la forme que chaque objet se manifeste comme tel, comme individu. G*est pourquoi le composé ndmarûpam^ « nom-ct-formc » prend le sens d'individualité. C'est ainsi que nous trouvons le terme employé dans une des Upanishads ' : « De môme que les fleuves, quand ils coulent dans l'Océan, perdent leur nom-et-forme et disparaissent, de même le Sage, délivré de son individualité, atteint l'Esprit suprême et céleste. »

C'est ce terme nâmarûpam qui a passé dans la philosophie bouddhique. On y doit avoir attaché d'abord le sens d'individualité, d'individu, soit chose, soit personne, car dans la série des causes et effets, nflmartipam est représenté comme produit de la conscience claire, de la pensée. Mais la même série prouve aussi qu'on avait fini par ne plus appliquer le mot iiâmarûpain aux objets non-humains, car, dans le chainon qui suit immédiatement, on dérive du nâmarûpam les six sens ou sièges des sens. On peut comparer la limitation qu'a subie cette idée avec celle quonl subie chez nous les mots « individu » et « organisme ». En effet, d'ordinaire on ne les applique qu'à des êtres humains.

Quand il s'agit de dire en termes moins généraux quelle

mortalité de l'âme, d'après la doctrine qu'on voit vaguement le dessiner Hmif le texte, consiste en ceci que l'Ame ou l'esprit vital est actif et non inerte,

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