‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 125 sur 196 · Mundaka Up · texte numérisé non relu

Mundaka Up

LE DIIARMA 359

est au juste Tidée que les Doctcurâ bouddhiques attachent à tndnarûpam, nous nous heurtons à toutes sortes de difficultés, entre autres celle-ci qu'il existait des différences d'opinion sur l'étendue de cette catégorie. Commençons par les Septentrionaux, afin de voir ce qu'ils entendent par nâmaràpam, surtout dans la série des causes et effets {nidânas).

Cette série bien connue est conçue comme une histoire du développement de l'individu humain, en douze actes, histoire qui commence ab ovo, ou plus tôt encore et qui se termine par la vieillesse et la mort *. Tout se ramène * en 339 dernière instance à 1. l'ignorance, définie comme l'illusion que ce qui est passager est durable. De l'ignorance naissent : 2. Tes humeurs *, comme affection, aversion, sottise ou aveuglement. De là naît : 3. la première conscience chez l'être qui est dans le sein de sa mère. De cette conscience subjective naît : 4. nom-et-forme ; ce mot signifie embryon ' ; par « nom » on entend les quatre éléments, la terre, etc. ; par « forme » ce qui est lumineux ou obscur de sa nature '. Alors viennent : 5. les six oi^anes des sens, qui ont pour domaine consécutivement la conscience, les quatre éléments et la forme. Par la combinaison mutuelle de nom-et-forme avec les organes des sens naît : 6. le contact. De là vient : 7. la sensation, agréable, désagréable, ou qui n'est ni l'un ni

2. Voir Govindànaiida sur le couimentaire du Vedànta-Sûtra par Çankara, p. r't'»9. Comparez Ilodgson, Esa. 19, où la uit^nie école, celle des KArmikai, fait (Irux upplicatioiiff, eiitirreiiicnt contradictoires, de la série. Une version plut simple, dont la parentt' avec le mythe est plus claire, se trouve dans le Jjutus, 109.

1. C'est ainsi, ou par « états dMme », qu*il faut traduire samskdra dans le pn's«*iit passage ; cela résulte des paroles qui suivent. Nous reviendront sur ec point à propos des Skandhas.

2. llod<;son, pasaafre cité, dit à peu près la même chose : « thence proceeds an or^'uniscd and dctinite, but archetypal budy, tbc seat of that conciousness. I.

:t. Chez l*'s Méridionaux, la définition est un peu différente : par « nom » ils oiitcnilt-iit li>s choses externes, et par • forme » les cboiei internes; Bigan-

drt, !, y.{.

Tautre.Dc là natt : 8. le désir sensuel, et, par suite; 9. Teffort * ; de là : i 0 . le devenir ou état ; puis : 1 1 . naissance, c^està-dire naissance corporelle, ou, ce qui revient au même, la réunion des cinq Skandhas, qui forment Toi^anisme '. Après la naissance vient le 12® terme : vieillesse et mort, deuil, lamentation, tristesse et douleur.

La signification de nâmartîpam dans la série suivante est 340 moins claire ' : « De la fausse science (naissent) * les impressions trompeuses ; de là les idées générales ; de là nàmarû" pam ^ ; de là les six organes des sens (ou le domaine de leur activité) ; de là, le contact ; de là la sensibilité et la sensar tion ; de là le désir ; de là la conception ; de là la naissance ; de là les distinctions de genre et d'espèce parmi les êtres vivants ; de là la décadence et la mort. »

Chez les Méridionaux, Texpression « nom-et-forme » est d'ordinaire employée de telle sorte qu'on peut la traduire à peu près par <( une chose individuelle, un individu, espritet-corps ». Comme, ainsi que nous le verrons tantôt, Thomme entier consiste en une réunion des 5 Skandhas, le « nom-etforme » est identique à ceux-ci. Un des cinq Skandhas est la forme, qui comprend les éléments et propriétés du corps. La « forme » étant écartée, reste donc « le nom » pour correspondre aux quatre Skandhas qui se rapportent à Tesprit. D'ordinaire, cependant, on fait correspondre nom-et-forme à

4. IIodgsoRf passage cité à « conception corporelle », mais ceci est en contradiction avec ce qui précède ; la conception a déjà eu lieu plus tôt. Cependant les Méridionaux aussi donnent parfois au mot le même sens ; c'est ainsi que Higandct, I, 93 dit : « Upddàna, thc attachment or the conception. It ii thaï state iu which thc désire adhères to something, assumes a shape. It is, in fact, thc bcing conceived. From the state of conception the being passes into that of existence. » — En voilà assez. Hardy, M. of B. 394 traduit le terme par : attachement à des objets existants.

a. Au lieu de a naissance », Ilodgson met « difTércntes générations et espaces »; jdli signifie, en cfTct, à la fois « naissance » et a génération ».

Page 1