‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 126 sur 196 · Ilodgson, passage cité · texte numérisé non relu

Ilodgson, passage cité

1. Ilodgson traduit « détails ». Probablement, il y avait dans Toriginal un mot qui signiüc^a individualité, être distinct ».

quatre seulement des cinq Skandhas, et l'on met à part le cinquième, Yij&âna, « la conscience », parce que, dans la série des causes et effets, « nom-et-forme » naît de la conscience, et ne peut, par conséquent, comprendre celle-ci *.

Ailleurs, on rencontre une théorie en apparence matérialiste, d'après laquelle nom-et-forme est un composé des quatre éléments. C'est ainsi que le Buddha dit un jour : « Réfléchis en premier lieu sur ce point capital, que ce que nous nommons la personnalité ou le moi n'est que nom-etforme, c'est-à-dire un composé des quatre éléments, qui subit continuellement des changements, sous l'influence du karma (c'est-à-dire la somme des actions antérieures). Les vrais croyants savent très bien que ce qu'on appelle d'ordinaire un homme, une femme, des yeux, une bouche, ne sont que des distinctions trompeuses, qui disparaissent pour le Sage, * 341 qui ne voit dans tout cela que nom-et-forme, le produit de karma et viveka (distinction), c'est-à-dire de la première et de la seconde cause '. »

Si nous voulons comprendre la véritable nature du concept a nom-et-forme », nous devons retourner à la série des causes et effets, et nous rappeler qu'il est une conséquence éloignée de Tignorance ou fausse science. Si nous supprimons l'ignorance, nom-et-forme disparaît en même temps. Pour celui qui sait, il n'y a pas de nom-et-forme, il n'y a pas dindividus. Le Yedânta, lui aussi, nie l'individualité des choses, vivantes et non-vivantes, et aboutit à la négation de rexislcnce réelle des phénomènes; le monde perceptible n'a pas plus de réalité qu'un rêve; il est une illusion, une hallucination, une apparence. Seul le brahma^ l'être infini, existe réellement. Mais cet infini peut être conçu comme

2. Childers, Pâli Dict. 258. — Il est évident que la théorie de « oom-etfonne •> et celle des 5 Skandhas sont empruntés à des sources différentes et que tous les tophisinet possibles ne parviennent pas à les identifier.

1. Bigandet, II, 224. — On voit que karma Joue ici le même rôle que

rignorance.

rinfinité, et celle-ci n'est autre chose que l'espace vide infini et le temps éternel. Et cet infini, dans l'espace et dans le temps, qui est censé produire toutes choses, porte le même nom que le zéro; il est kha. Le zéro, le rien, l'abstraction pure, est le çûnyam^ et ce n'est au fond qu'une différence de mots, qu'on dise « sarvam çûmjam », tout est vide, vain, néant, abstrait » ou « le tout est brahma * ». En un mot, l'idéalisme philosophique des Bouddhistes et celui des Yedftntins a la même origine.

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