IV. — Représentations, impressions, états d'ame
Avant do faire connaissance avec les conceptions rangées sous ce groupe, il ne sera pas inutile de s'arrêter un moment aux sens donnés à ce terme très large de samskftra, qui donne son nom à cette division.
Saihakâra est la façon qu'on donne à une matière par quelque artifice et aussi à cet artifice môme. On donne ce nom à la façon que le potier donne à la terre glaise qu'il pétrit, et aussi à l'empreinte qu'on donne à de la cire et à crautres matières molles. Quand il s'agit de l'esprit, ^am^A^ra est l'opération de l'imagination, ou son produit; on entend aussi par ce terme la disposition naturelle de l'intelligence ou du caractère de quelqu'un. Employé au pluriel, le mot
désigne les états produits par des actes antérieurs, et aussi les impressions ou représentations produites par Faction du monde extérieur. Dans le Yoga, l'expression est très habituelle et désigne toute représentation ou impression, produite par des états antérieurs, qui repose dans Tesprit, mais peut être évoquée à volonté. A cette classe appartiennent les impressions qui doivent leur origine à la mémoire et aux instincts trompeurs, et, en outre, l'état moral d'un individu, * en tant qu'il est la conséquence de son mérite ou 346 démérite dans le passé '. Voyons maintenant quelles sont les notions que les Docteurs de l'Église méridionale ont rangées sous cette rubrique.
1. Contact; 2. première sensation, sentiment '; 3. conscience, état où Ton remarque quelque chose {sanjnâ). On définit ce terme comme la distinction faite entre des couleurs et formes d'espèce dififérente, et on l'explique en le comparant à Tacte d'un charpentier, qui fait une marque sur le bois afin de savoir comment il le doit façonner et travailler. Il est évident que cette comparaison n'est pas exacte, la marque étant différente de l'acte de faire une marque. On a évidemment confondu « remarquer, percevoir », avec « marquer, munir d'une marque ». En outre, sanjnâ ne signifie pas Taction, mais l'état produit.
Nous avons ensuite : 4. la pensée, qui, nous dit-on, agit plus rapidement que tout autre sainskâra. La façon dont elle agit s'appelle contact, bien qu'il n'y ait pas réellement de contact. Quand, par exemple, un homme placé sur le sol en voit un autre au sommet d'un arbre ou suspendu au bout d'une des branches, il ressent de Tangoisse et ses genoux s'entrechoquent ; de môme l'œil ne touche pas l'objet perçu, ni l'oreille l'instrument qui produit le son; cependant l'on voit et entend. Dans aucun de ces exemples, il n'y a de