‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 142 sur 196 · Délivrance · texte numérisé non relu

Délivrance

Le Seigneur, comme les Buddhas antérieurs, est venu au monde pour délivrer les dieux et les hommes, par la révélation de la Loi, de tous les maux qui ont leur racine dans l'obscurité \ Cette délivrance est connue sous différents 362 noms, nirvana j nirvrti etc. * Dans un sens mythologique ou cosmologique, il y a un triple Nirvana ou extinction de la lumière; d*abord le coucher journalier du soleil en Occident; puis le temps du plus grand affaiblissement de la lumière, au jour le plus court de l'année; enfin l'extinction de Tannée, le dernier adieu du soleil au jour le plus court de Tannée. On

3. Ou pcut-Ctre : la théorie ésotérique de celle destinée au public.

4. Les anciens païens disaient, pour exprimer la même idée, que rillominateurdu Monde vient délivrer les créatures de robscurité et de ses monstres.

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retrouve ces trois extinctions de la lumière sons les noms de nirvârjMj parinirvâna, et mahâparinirvâjfa. Le dernier terme ne s'applique qu'au seul Buddha; les deux autres également aux Sages célestes, les saints Arhats ou étoiles. Pour abréger, on distingue aussi bien le coucher cosmique que le coucher héliaque par le simple mot nirvàça. Ce Nirvàpa céleste n'est pas expliqué directement et sans équivoque, mais est pourtant décrit dans la leende avec une clarté suffisante.

Gomme conception métaphysique, le NirvAga n'est pas spécifiquement bouddhique, mais généralement indien. U consiste, — pour exprimer la chose aussi généralement que possible — dans la cessation de tous les maux terrestres, et ne-diflCère pas essentiellement de moksha^ <c délivrance », çânii c< repos », et autres termes semblables ^ B y a deux sortes de délivrés : 1. ceux qui, déjà pendant leur vie, ont fait de tels progrès dans la sagesse, qu'ils sont devenus, pour ainsi dire, des morts vivants; 2. ceux qui, au moment de la mort, quand tous les liens du corps sont hriséSt déposent toutes les erreurs et tous les péchés. La première délivrance s'appelle d'ordinaire jtvanmukH^ la seconde, la délivrance proprement dite, simplement mukii, moksha. De même, les Bouddhistes distinguent, eux aussi, um NirvApa relatif, auquel l'homme peut déjà arriver pendant sa vie (upadhiçesha^ pâli upâdisesa) et un NirvànM^ définitif ou final.

1 . Il existe un grand nombre de moti lynonymet ; tinti par exemple (ktféhu 4, 5 : « le repos (éternel) est auiii désigné par les ciprewloi i^ùimijwm Immortalité (c est-à-dire mort étemeUe), BralMBS (e*Ml-è^^lra luÉitli s: néant) et Nirvana. » Dans le mène pauage, U néUvraiiee ett «xptkpiés p«r c état où Ton se trouve quand on échappe ans renalaiancei », et ead «Mri s applique parfaitement au Ninrdna bouddhique. Le terme hahitnei dus Im partisans du Nydya (logique) ett apawKrgm • in» aete flaal ». Daaa le Tifi^le terme technique habituel est kainal^ « iépantkm cempiète, déeompodMÉNM (par laquelle le corps est iéparé de la force rappoiét — nommée Ame ou personaiité {dtman, puru»km) — qui maintCMit l*aaiié de roifaBi«M)i Ghei les moines çivaîtes, la même idée etl «xprimie par le mol àiÊkkhâmië a du chagrin et des besoins. •

Ce dernier ne peut avoir lieu qu'au moment de la mort. Gomme la mort consiste dans la destruction de Forganisme 36«3 et de Tindividu, ou plutôt de Findividu apparent *, la délivrance est accompagnée de destruction absolue ; mais, au point de vue métaphysique, le Nirvana est une conception diff(^rente de celle de mort, car toute mort est suivie de destruction ; si Nirv&na et destruction signifiaient la même chose, tout individu ou semblant d'individu, quelque entaché de péché, quelque ignorant qu'il fût, pourrait arriver, au moment de sa mort, à la délivrance. Tout ce qu'il y a de sublime, d'édifiant, de précieux et de moral dans l'idée de Nirvana, se perdrait ainsi.

Il est facile à comprendre qu'une expression aussi sainte ne fera pas la môme impression sur tous les Bouddhistes ; chez tel individu, elle agira plutôt sur l'âme, chez tel autre sur l'intelligence. Cependant, on peut rendre exactement le sons indéterminé du mot en le traduisant par <c repos éternel », ou « repos bienheureux ». Le Nirvflna est la mort tranquille de l'homme de bien, non du méchant, car celui-ci no peut mourir tranquillement * .

Avec quelque subtilité, on pourrait soutenir que « repos étemel » n'équivaut pas à « anéantissement »• Il n'est pas impossible que de telles subtibilités aient été soutenues en eifet de temps en temps, au sein môme de l'Eglise. Nous trouvons au moins, dans les Questions de Milinda, un passage remarquable ^ au sujet de questions auxquelles il faut l'épondre par une fin de non-recevoir. On cite, comme appartenant à celle sorte de questions, celles-ci : « Le monde estil élernol? Le inonde n'est-il pas éternel? Le monde est-il fini? Le monde est-il infini? Le monde est-il î\ la fois fini et infini? Le monde est-il ni fini, ni infini? Leïathâgata exîstet-il apr(>s la morl?LeTalhagala n'cxiste-il pas après la mort?

1, Cost là iino croyance ])opulairc fort n'-panduc: dans le sermon cité plus haut, p. iiO.'i, on la met dans la bouche du Seigneur lui-ni^me.

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