Caraka.i
wj histoire du bouddhisme dans linde
Bû'D loin do voir dans ce dogme *' quelque chose de particulièrement bouddhique, on pourrait se demander s'il n'efst pas en désaccord avec le reste du système. Rapproché de la théorie des cinq Skandhas. " Nirvana » ne peut être qu'un autre mot pour <t mort •• : le méchant y atteint donc aussi bien que le bon. Déjà à l'époque prébouddhique, nous trouvons la théorie que l'esprit, par la mort, 363 est délivré de tous les maux ' *, sans qu'on distingue entre les bons et les méchants, les sages et les sots. Il n'est donc pas invraisemblable que, dès le commencement. Tidée de Nirvana ait été équivalente au sens littéral, à la mort « sans phrasf' », et, au figuré, à la mort vivante du Sage calme et imperturbable: mais que cette idée ait été enveloppée d'un brouillard métaphysique, en vue de l'action morale qu'elle pouvait c»xorccr. En outre, le mot joue un rôle si important dans la l<'»gcnde, que le son seul en devait produiiïî un effet édiliant et qu'il méritait déjà, pour cette raison, d'ôtre considéré comme particulièrement vénérable.
Dans cos circonstances, il n'est pas étonnant que les Docteurs cl les saints de l'Eglise parlent du Nirvana dans un ton particuiicrcmcnt onctueux, et se soient efforcés de l'entourer d'un nuage de mystère. Si Ton n'était pas averti, on croirait que sous ce « repos bienheureux » se cachent toutes sortes de profondeurs; mais quand on y regarde de plus près, on voit qu'il n'y a rien. En voici un exemple.
Dans une de ses conversations * avec Nàgasena, le roi Milind;i deniaiide : « est-ce que tous arrivent au Nirvana? » La réponse est : <' Non, o Roi ! tous n'arrivent pas au Nirvana ; mais celui (jui, étant bien doué (ou : ayant bien comnioucéi a|)prcnd à connaître tout ce qu'on doit connaître, é[)rouve tout ce qu'on doit éprouver, abandonne tout ce qu^on
i. Pour plus «1«; détails, nous renvoyons ;'i l'excellent exposé de Childerff,
•ô. (;»'sl (T fjii»; disait Yajnavalkya; voir plus haut, p. 7. 1. MU. P. iW).
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doit abandonner^ développe tout ce qu'on doit développer, réalise tout ce qu'on doit réaliser, celui-là arrive au Nirv&oa. » Et le roi dit : « Vous êtes très sage, Nàgasena • » -
On voit que les paroles du Père de TÉglise, bien que choi" sies pour produire Timpression que seuls les dévots arrivent, au repos bienheureux, n'expriment au fond que cette idée que tout homme meurt à son temps et qu'il a alors éprouvé tout ce qu'il pouvait . éprouver pendant sa vie«