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La Méditation et ses moyens

Ce que la méditation exige d'abord, est une entière attention spirituelle. Quand on prend garde à la nature capricieuse de rhomme, on voit qu'il est de la plus haute importance de laisser se développer cette attention spirituelle et de tout éviter qui pourrait détourner Tattention. Les moyens qu'emploient les penseurs bouddhiques et les Yogins pour assurer le bon résultat de leurs méditations, sont nombreux et multiples, comme nous le verrons dans la suite.

Quand un homme veut se livrer à la méditation et commencer les exercices spirituels, il ne doit pas manquer de penser à la splendeur du Buddha, à Tcxcellence de rÉcriture Sainte et aux vertus de TEglise. La préparation qu'exige le Yoga revient essentiellement au même : elle consiste dans la continence ou abstinence, dans Tétude et dans l'abandon 369 à la volonté de Dieu S vertus qui sont recommandées * parce qu'elles sont favorables à l'attention et réduisent à un mtmmum les défauts innés de l'esprit, les instincts irrationnels, les kleças.

Afin de purifier l'esprit et le mettre dans l'état de calme nécessaire, le Yogin doit cultiver, nourrir, développer les sentiments d'amitié (ou bienveillance), de pitié, de sympathie joyeuse et d'indifférence ou d*équanimité à l'égard des choses non saintes *. Ce sont justement ces quatre sentiments

t. D'ordinaire le mot employé, îçvarapranidhdna^ est compris comme s*il voulait dire qu'on donne à Dieu Thonneur de tout ce qu^on fait et qu^on renonce k toute espérance de ri^conipensc, car il faut faire le bien, non en vue de la récompense, mais parce que c'est le bien. Ce sens, bien qu'ancien, nVst pas le plus ancien : le terme lui-mi'me, aussi bien que le mot arpana employé pour Texpliquer, montrent que pranidhdna^ « l'action de fixer.», signifie « attention fixée, ferme », etc., Andacht^ comme disent les Allemands; pranidhdna, arpana et samddhi sont simplement des synonymes et expriment souvent l'idée de « prière intérieure ».

1 . Le terme employé est bhdvanâ, de hhdvayati, réchauffer, élever, faire croître, développer, favoriser (comp. le latin fovtre et faoere). Le mot ligni-

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que doit développer le philosophe de Técole de Buddha. Lui aussi les appelle bhàvanâs, ou encore Appaman&a '. Parfois on considère comme cinquième bhâvanâ ce qu'on appelle Vaçubha-bhâvanâ, la méditation de l'impureté et de Tinfection du corps, mais, dans ce cas, bhâvanâ a été pris dans un autre sens que tout à Theurc. Il est donc préférable de parler d'Âçubha-sanjnà, « sentiment de ce qui est impur et dégoûtant », comme le font d'ailleurs les Bouddhistes euxmêmes, ceux du Nord comme ceux du Midi '. C'est le sentiment dont fut pénétré le prince Siddhârtha, dans la nuit mémorable, où il observa comment la beauté ravissante des femmes était transformée en laideur par le sommeil \ Bien que la conviction de l'impureté du corps soit un moyen énergique pour conduire la méditation dans la direction nécessaire, elle est cependant d'une autre nature que le dé* veloppemont de la bienveillance, etc. On peut même soutenir qu'elle a pour base une autre conception du monde. Quoi qu'il en soit, les Bouddhistes eux-mèhies séparent les quatre premières bhâvands de la cinquième * par le fait qu'ils 370 réunissent les quatre premières sous le nom de brahma-vihdra^ c'est-à-dire vie en brahma, vie pieuse, spirituelle, ou encore vie des brahmanes *.

La méditation perpétuelle des impuretés et défauts de la chair ne peut que confirmer le penseur dans le sentiment de

fie aussi » appeler à Texistence, avoir présent à Tcsprit^ représenter, se convaincre ». Ces si||,miûcations sont perpétuellement confondues.

2. L'f'tymologie de ce mot n'est pas certaine ; en sanscrit boaddhique on dit apramdna, littéralement « illimité ». En pdli appamdna^samâdhiss appamaitita.

3. Ch<*z les Méridionaux on le considère aussi comme un kamuuthâna ; Toir plus loin.

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