‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 159 sur 196 · Exercices pratiques · texte numérisé non relu

Exercices pratiques

De môme que la science du médecin se compose de deux parties, théorie et pratique, la philosophie, chez les Indiens, est à la fois une science et un art. Le philosophe et rascète, chez eux, n'en font qu'un. Pour devenir un philosophe parfait, il faut donc s'exercer régulièrement, afin d'acquérir le vrai tour de main, l'habileté requise.

Dans le Yoga, on distingue 8 subdivisions ou parties nécessaires de la science, huit Yogftiîgas : 1. les cinq commandements moraux universels, que Thomme doit observer à 392 l'égard de ses semblables * ; 2. les cinq devoirs moraux de l'homme envers lui-même; 3. les différentes manières de s'asseoir tranquillement ^; 4. de retenir l'haleine; 5. Teffort pour détourner l'esprit de tout ce qui peut le troubler; 6. l'attention, la fixation de l'esprit sur un point spécial ; 7. la réflexion, la méditation, 8. l'attention interne, l'absorption dans la pensée *.

Ces subdivisions, dont les six dernières sont évidemment empruntées à la discipline scolaire, peuvent être considérées comme pendants des 6 Yedângas, les six subdivisions ou sciences auxiliaires du Ycda : science de la prononciation ; grammaire ; métrique ; exégèse ; liturgie ; astronomie. Il est vrai que ces disciplines ont un autre caractère, car ce sont de véritables branches d'études, de sorte qu^il semble au premier abord que les Yogàngas n'y soient pas comparables.

1 . Il y a (lix manières (selon d'autres écrivains il y en a davantage) de s asseoir d'une façon philosophique. Ces manières sont des imitations, soit de la faroii dont Brahnia et les autres dieux sont représentés assis; soit de la uianiôrc de s'asseoir des animaux : a s'asseoir comme un chameau », « s'asseoir comme un vanneau », etc.

2. (iest le sens donné par le systénîc; le terme employé signifie réellement « se mettre dans la tète, se souvenir ». L'élève doit bien se rappeler ce (fuc le maître dit.

Mais nous ne devons pas oublier que la philosophie indienne doit, non son origine certes, mais son développement, au désir de rendre inutile toute cette complication de sciences, et de monbrer à l'homme la voie du salut çans qu'il ait besoin de posséder aucune connaissance positive *• L^ascète était plus ou moins le rival du vrai brahmane des anciens temps, et bien qu'il ne se posât pas en ennemi de la classe savante \ il pouvait bien se permettre d'imaginer des subdivi» sions pour ses propres exercices, d'après un modèle existant et consacré par le temps.

Les exercices énumérès plus haut sont en petit nombre et simples *, comparés à ceux que connaissent les philosophes 393 bouddhiques. Au lieu de 8 YogftAgas, l'Église méridionale possède un cours de 40 KarmasthAnas, c'est-à-dire sujets ou points composant la pratique. De ce nombre sont : I . exercices dans les 4 BrahmavihAras ' ; 2. les quatre sortes d'attention pieuse, dirigée vers les sphères les plus élevées, les régions sans forme ; 3. les dix objets qu'il faut toujours ' se rappeler [anusmfti) : le Buddha, la Loi, l'Église, les commandements moraux, le sacrifice et la dévotion aux dieux; et aussi les objets auxquels il faut penser (rnifli) : la mort, le corps, la respiration et le repos; 4. la conscience qu'il est nécessaire à l'homme de prendre de la nourriture *, qu'il

3. Ceci est parfaitement d'aocord afec la doctrine de l*Bedéaiaato daaa r Ancien Testament, qui soutient que toute étude n*ett que toarmeiile de la chair.

4. Les renseignements des Grecs du if« iiècle avant notre toe montcent aieei de quelle considération jouissaient alors Iet Brâhmanet. De même, dent letv écrits bouddhiques les plus anciens, nous trouvons na respeet presque sapei^ stitieux des Brahmanes; entre autres lfaAdM|ff«, i» S. Sien plus laid, le Bouddhiste iliuen Thsang déclare à leur sujet : c Ce sont des kommes d*mM ?ic sans tache. Us observent la vertu et se conduiseal avee lioonéleté. La ploe grande pureté est le principe fondamental de leur coadalte. • Vêf, ém Pèi. Bouddh., 11, 80.

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