après Hardy, E. M. 261. Nous avons beaucoup abrégé
fait avec réflexion et un esprit calme une inspiration et une expiration. En prenant longuement haleine par les fosses nasales, il remarque comment il a pris longuement haleine. En chassant ensuite longuement Thaleine par les narines, il remarque comment il Ta chassée. En respirant brièvement, il fait en lui-même la remarque correspondante. Quand il est arrivé à la claire conscience que le commencement, le milieu et la fm de toute haleine viennent du corps, il prend la résolution de faire avec réflexion une inspiration et avec réflexion une expiration. Après avoir arrêté un moment le mouvement de la respiration, il prend de nouveau haleine et en pensant comme il le fait, il maîtrise ses sens. Puis il expire de nouveau Thaleine, avec Tattention nécessaire. A ce moment, il se représente la félicité qui se rattache à la méditation du premier degré, et pendant cette méditation il fait encore des mouvements d'inspiration et d'expiration. De la même façon il répète Texercice, en ayant continuellement d*autres objets présents à Tcsprit, entre autres l'idée que la décomposition des Skandhas est suivie du Nirvana, et enfin Tidée que, en possédant la clairvoyance, il pourra, en pensée, s'exalter, pour ainsi dire, jusqu'au Nirvana. Pendant celte méditation aussi, il fait des mouvements d'inspiration et d'expiration. En continuant ainsi Texercice avec 16 objets divers, on dompte les sens. Afin de réussir, l'ascète doit observer soigneusement ses narines, pendant qu'il se sert de l'intelligence comme d'une rêne et de la sagesse comme d'un aiguillon ^ Dès qu'on aperçoit le signe {nimitta)y l'exercice a réussi.
2. Correction bouddhique des lignes poétiques de la Katha-Upaniihad :
Considère l'Ame comme le maitrc du char El le corps comme le char lui-môme.
L'intelligonco comme le conducteur du char Et la conscience (la volonté) comme la rêne. I^s organes des sens sont dits les chevaux, Ht lo terrain de leur activité la prairie.
Coiiip. Manu, 2, 88.
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* Nous croyons avoir prêté rattention nécessaire aux qua- 405 rante Karmasthftnas et à ce qui leur correapond dans TÉglise septentrionale. ,En dehors des Dhftranis, les éléments de la magie philosophique sont communs à tous les Bouddhistes, de sorte que c'est la façon particulière et systématique de les réunir qui seule pourrait être considérée comme postérieure à la séparation des deux divisions de TÉglise.
10. — Aperçu général du sentier de la vertu et de la sagesse.
C'est un des traits distinctifs du Bouddhisme qu'il recherche moins la simplification que Textension, qu'il s'efforce moins de trier les notions traditionnelles que de les concilier. Il s'efforce d^être large et libéral, et s'assimile par conséquent les éléments les plus hétérogènes, après leur avoir fait subir les modifications nécessaires. La façon dont il a élevé avec des matériaux divers un édifice majestueux témoigne d'une ingéniosité peu commune, et aussi d'une patience infinie dans le développement des plus petits détails.
L'aperçu le plus complet des qualités qui doivent distinguer la conduite de l'homme réellement sage et vertueux, se trouve dans le Lalitavistara. Ces qualités, au nombre de 108, y sont désignées par le nom de Dharmàlokamukhas, c'est & dire points principaux du domaine étendu du Dharma ^ Réunies, elles forment Tidéal, pour ainsi dire, d'une vie sainte. Elles ont aussi une origine céleste, ^ carc'estle Bodhi- 406 satva, sur le point de descendre sur la terre, qui les révéla aux anges dans l'assemblée des dieux, comme tous les Bodhisatvas l'avaient fait avant lui '.
1. Lalitav. 34. Âlokamukha est formé, d'^»rès nouf, sur le modèle de diiiffmukha, point principal des régions de lliorixon ; âloka « eipaee oavert •, autant qu on peut en déterminer le sens, est en fait synonyme de diçoif « les ditTércntes directions », l'espace dans toutes les direetiont.
1. On ne peut attribuer aux fils de Baddha rafflraiatlo& que toole vérité
Dans cet aperçu général, on découvre facilement plusieurs groupes, dont chacun contient plusieurs articles, en nombre inégal. Un certain nombre de ces groupes ont déjà été mentionnés dans les pages précédentes, et nous pourrions par conséquent nous dispenser de les traiter de nouveau, si nous ne trouvions dans la liste plusieurs termes avec un sens différent de celui qu'on leur attribue ailleurs. Parfois la liste semble en contradiction avec elle-même, et la portée qu'on donne à telle qualité ou vertu n'est pas d'accord avec le sens que le Dharmàlokamukha devrait avoir d'après le contexte ^ Nous examinerons maintenant la liste, article par article.
1-4. L'énumération des quatre premières qualités n'a évidemment d'autre but que de faire ressortir qu'un homme qui va entreprendre une tâche doit le faire avec bonne humeur et dévouement, s'il veut avoir chance de réussir. Ce sont : plaisir (et foi '), bonne humeur, gaieté et joie. On explique ainsi pourquoi sont requises ces qualités : la foi conduit à une résolution inébranlable ; la bonne humeur éclaircit l'esprit troublé; la gaieté conduit au succès, et la joie à la purification de l'esprit.
5-7. Trois choses qu'il faut maîtriser : le corps, le langage et rame. Par l'assujettissement {sarnvara) du corps on reste libre des trois péchés corporels ; en maîtrisant la langue, on évite les quatre péchés qu'on commet en parlant ; en domp-
commence avec le dernier Tathâgata. C est là une théorie qui leur a été gniftuitement prêtée par des savants européens, mais que le Bouddhisme ii*a jamais soutenue.
2. Ceci peut avoir été causé, en partie, par des changements postérienn dans le texte.
3. Çraddhd, la signification « foi >• ne s'accorde pas bien avec ce qui suit; cependant reffct qu'on attribue un peu plus loin à cette qualité, prouve que le réducteur de Taporru prenait le mot dans ce sens. En d'autres termes : on a admis dans la liste un groupe de mots, pris on ne sait d'où, sans bien comprendre ce que le premier mot voulcdt dire.
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tant Tàme on se gardera de la convoitise * du bien d'autrui, des mauvaises intentions * et des vues erronées. Les trois 407 péchés corporels sont Thomicide, le vol et l'adultère ; les quatre transgressions du parler sont le mensonge, la médisance, la brusquerie et le bavardage oiseux. A part le mot safnvara, pour lequel on emploie ailleurs d'ordinaire le synonyme samyama^ cette trinité de péchés, avec la définition de chaque vice, a été prise dans Manu S de sorte qu'il n'est pas étonnant que les Méridionaux aient absolument la même division '.
8-43. Il faut toujours être rempli de la pensée (onu^nif/t) de six objets : le Buddha, la Loi et l'Église ; le renoncement, la moralité et les dieux. En ayant le Buddha toujours présent à Fesprit, on parvient à une compréhension juste ; la pensée continuelle de la Loi donne de la clarté quand on proclame la Loi; la pensée de l'Église nous conduira dans le droit chemin. En songeant toujours au renoncement, on arrivera à se défaire de toutes les hypothèses (nécessaires à certains égards, mais au fond inutiles) ' . Penser aux préceptes moraux est surtout utile quand il s'agit de remplir des devoirs pieux, et la pensée des dieux élève l'esprit. Tandis que le groupe précédent nous montre brièvement et essentiellement nos devoirs à l'égafd de nos semblables et nous impose la nécessaire dominatioii de nous-mêmes, on voit commencer ici la liste des choses que nous devons faire : il ne suffit pas de ne pas faire le mal, il est encore nécessaire de développer le bien. Il faut supprimer les branches trop luxuriantes, et développer les bons germes, c'est-à-dire les ten-