‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 175 sur 196 · La traduction de ce mot n*eit pas sûre · texte numérisé non relu

La traduction de ce mot n*eit pas sûre

1. C'est là, soi-disant, le sens, parce que c^eit par TattenUon {êomâdki) que le penseur s'identifie, pour ainsi dire, avec Tobjet de sa pensée. La traduction véritable et grammaticale est : « la consdenee (du bon écolier) qull doit travailler régulièrement », ne pas passer brusquement d^une élude à une autre.

— Ceci ressemble à un règlement de discipline pour écoliers, dont les Yogins et les Bouddhistes auront fait un ensemble de qualités nécessaires à celui qui veut arriver à la sagesse suprème.

75-82. Après avoir quitté Técole, nous nous transportons dans la société, et plus particulièrement dans celle des bons bourgeois. Les huit règles que doit observer quelqu'un qui veut se conduire comme un « honnête homme » {àrya) et avoir du succès dans le métier qu il a choisi, dans sa carrière {mdrga), reviennent à ceci * : bonne compréhension, bonne pensée, bon discours, bonne activité (ou : bon métier), bon commerce (ou : bonne profession), bon effort, bonne mémoire et bonne attention. Ces règles dévie et de conduite, à l'usage des gens de la ville et de la campagne, pouvaient difficile-» ment, quelqu'excellentes qu'elles fussent en elles-mêmes, servir de ligne de conduite pour un saint moine, sans être idéalisées. Cette transformation amène une certaine obscurité, mais, vu le but que se proposent les frères spirituels, celleci est plutôt un bien qu'un mal. Du point de vue ecclésiastique ou philosophique, la bonne compréhension conduit dans le bon chemin ; la bonne pensée, ou l'état d'âme nécessaire, nous amène à abandonner toutes les fictions, altema- 414 tives ' et hypothèses. * Par le bon parler * on comprendra quelle est la réponse convenable à faire toutes les fois qu'on entend une syllabe, un bruit, un cri, un discours. Par la bonne activité, la bonne œuvre portera de beaux fruits; par une bonne manière de gagner sa vie ou une bonne profession, on sera content de tout gain. Le bon effort fait qu'on atteint l'autre rive (c'est-à-dire un bon port) ; une bonne mémoire, qu'on prend h cœur les choses auxquelles il faut

2. C'est là le célèbre ârya-ashtâhgika-mârga, ce qui signifie littéralement : « l'honnête octuple chemin »> (c'est-à-dire « carrière »).

3. Vikalpa ; signifie aussi : cas possible ou supposable, dilemme, permutation, dillérence d'opinion, doute, etc.

1 . On entend par là : le don ou la faculté de parler à propos.

toujours penser. La bonne attention, enfin, tend à obtenir Tinaltérable abstraction spirituelle '.

L*accord dans Tordre où sont placés les groupes des bodhù pakshika dharmas par les deux divisions de l'Église, accord qui se retrouve dans le nombre et les définitions des unités qui composent les groupes [comp. plus haut, p. 301-302], nous prouve que ces 37 signes distinctifs d'un Ârya, d'un Arhat, d'un Saint, appartiennent à la loi fondamentale de l'Église. Le système n'en est pas moins une compilation, et l'ordre dans lequel sont placés les différents groupes n'est rien moins que systématique. Pour ne citer qu'un exemple, il est singulier de voir mentionner d'abord les quatre subdivisions de la puissance miraculeuse d'un saint et de n'entendre parler que plus tard de l'intelligence exacte qui doit conduire dans le droit chemin, de la manière honnête de gagner sa vie, etc. Il est tout aussi singulier d'entendre mentionner d'abord la puissance miraculeuse, et immédiatement après des qualités très ordinaires : la mémoire, etc. Et cependant on peut expliquer cet ordre, pourvu qu'on ne se soucie plus de l'odeur de sainteté qu'exhale la liste. — Le premier groupe (52-55) est emprunté à l'obstétrique, et contient une théorie du développement graduel de l'embryon dans le corps de la mère. Le second groupe nous conduit dans la chambre de Taccouchée, où l'on prend des précautions convenables [samyakpreulhâna) pour laver l'enfant et le purifier en général de toute souillure. Lors de la croissance {fddht) de l'enfant, il faut faire attention à tout ce qui peut favoriser ^ la santé et la force du corps et de l'esprit, kàyorcutor 415 laghutd. Peu à peu, les facultés se développent chex l'enfant ; il accorde sa confiance, sa foi, à ce que lui disent

2. Ici, comme plusieurs fois plus haut, la tendance attribuée à ime qualité n'est autre chose que la définition de cette qualité elie-mème. L'explication de ce fait doit probablement être cherchée en ceci que rexprenioB « tendre à quelque chose » peut être remplacée louTent par Texpresaion plus liniple • être quelque chose ».

des personnes plus âgées, il est, par conséquent, facile à conduire pour d'autres {aparapraneya) ; il devient plus fort ; il prouve qu'il possède de la mémoire ; montre de Fattention et de Tintelligence. Toutes ces facultés, énumérées dans le quatrième groupe, atteignent dans le cinquième un développement plus complet, deviennent plus fortes, et s'appellent par conséquent des forces [bald). Dès que le garçon a atteint l'âge requis, il va à l'école. L'écolier doit se conduire d'une façon convenable et intelligente, d'après le règlement de discipline scolaire, que nous avons appris à connaître sous le nom de hodhyaàgas. Après avoir quitté l'école, le jeune homme choisit un métier, un moyen d'existence ; les règles de conduite qu'on lui donne sont les huit éléments d'une carrière honnête et honorable. Maintenant l'ordre observé est explicable. En l'idéalisant, on en avait fait un chaos. Nous suivrons maintenant le Sage, ou plutôt Tapprenti devenu maître, dans le reste de sa carrière.

83-86. Ces qualités sont : l'esprit de sagesse, le caractère, l'effort industrieux et la pratique. La première qualité est nécessaire pour que la tradition des Trois Joyaux * ne périsse pas; la seconde, pour qu'on ne recherche pas le bas chemin ; la troisième, afm qu'on s'appuie sur le sublime Dharma des Buddhas; la dernière, pour qu'on accomplisse toutes les bonnes choses. Si nous retraduisons ce langage monastique en celui de la vie ordinaire, nous apprenons que le mattre, pour exercer son métier, doit avoir l'esprit éveillé, du caractère, l'industrie et l'amour de sa profession, et mettre en pratique ce qu'il a appris. De cette façon, il empêchera son métier ^ ot sa famille de péricliter; évitera le chemin de la bassesse, les pratiques louches; s'en tiendra aux règles

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