‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 187 sur 196 · Mahâ-bhârata, XII · texte numérisé non relu

Mahâ-bhârata, XII

2. Par exemple Bâna, Harshacarita, 212. Dans le Gîta-Govinda, 1, 10 et 13, Ilari (Krshna) est célébré comme ayant propagé la miséricorde dant ta nenvième apparition sous forme de Buddha. Il s'ensuit que la miséricorde est considérée comme la qualité essentielle du ills des Çâkyas. Dans leHarshaca-' rita, on dépeint la doctrine des Jainas comme « auxiliatrice, prête à faire le bien à tous ».

corrompu, doit naître d'elle-môme la tendance à adoucir la souffrance du prochain. Plus une personne est développée, plus elle subira cette tendance, et c'est pour cela que ceux qui ont atteint le plus haut degré de développement, * c'est-à- 443 dire les Buddhas *, s'apitoyent tellement sur les êtres, qu'ils prennent la résolution de les délivrer de la souffrance et de la douleur.

La conception mélancolique du monde, telle qu'on la trouve dans le Bouddhisme, n'est pas basée, comme on l'a parfois cru en Europe, sur l'observation de l'état, supposé misérable, des classes populaires ; c'est un pessimisme philosophique *. La vie est misérable : voilà une vérité proclamée par toutes les doctrines de salut prèchées dans l'Inde ^ ; mais bien loin que, dans ces systèmes, les pauvres et peu fortunés soient les plus misérables, ils doivent être considérés comme moins malheureux que les riches et ceux qui sont bénis de bien temporels, puisque, pour ces derniers, il est plus difficile que pour les premiers de se priver de jouissances et de vaincre rattachement à la vie. La pauvreté est la première condition requise pour se délivrer de cet attachement fatal, et c'est justement pour cette raison que celui qui recherche son salut quitte ses biens et tout ce qu'il possède, afin de choisir volontairement la pauvreté et la misère. Il n'y a aucune preuve que la doctrine du Maître ait été destinro on premier lieu ou surtout aux classes inférieures *. Au contraire, déjà les écrits les plus anciens, et aussi la légende, nous introduisent toujours dans la bonne compagnie; conti-

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