Cest-à-dlre : elle aurait péché ttelle avait péelié
Cette démonstration du Père de l'Église nous permet — si nous savons y voir clair — de jeter un regard dans Vintérieur de la morale bouddhique; les préceptes résumés précédemment n'étaient que Técorce. Voyons maintenant c^qui est au fond de ces beaux dehors. Une certaine femme, dans des circonstances où mainte autre eût failli, ne manque pas à ses devoirs. Au lieu d'admettre qu'elle^ au moins, est une honnête femme, on maintient qu'elle ne constitue nullement une exception à la corruption générale de tout le sexe féminin. Parmi les motifs qui l'empêchèrent de faire le mal, on nomme son respect de la vertu, son sentiment du devoir. Pour le Bouddhiste, ne pas pécher par sentiment du devoir et ne pas pécher par ce que, par hasard, on ne trouve pas l'occasion propice, cela revient au même. Une autre raison, pourquoi Amarâ évite le péché est qu'elle sait qu'elle ne pourrait cacher le péché commis à sa conscience. Plutôt que de reconnaître qu'on puisse trouver une seule femme vertueuse, on enseigne qu'aucune femme n'évite de faire le mal par des raisons de pure moralité.
Bien différent de l'Eglise, dont la morale classe le sentiment du devoir et l'obéissance à la voix de la conscience parmi les raisons d'opportunité, l'Indien païen met l'appel à la conscience au-dessus de tout le reste. Quand le juge 448 exhorte un témoin devant le tribunal *, à dire la vérité, il lui adresse, entre autres, ces paroles * : « Notre âme est notre propre témoin; notre âme est notre propre refuge. Ne méprisez donc pas votre propre conscience, le témoin le plus élevé de l'homme ! Les criminels croient que nul ne les voit ; mais les dieux les regardent et leur propre moi au fond de leur âme » *.