‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 27 sur 196 · MahavaggOj I, II, et · texte numérisé non relu

MahavaggOj I, II, et

4. Nom d'une montagne, d'un arbre, d'un lac et du prince des esprits aquatiques y demeurant; les esprits des eaux (nâgas) ont la forme de serpents. Dans le Lalitav, le nom a la forme Mucilinda ; c'est la cinquième semaine que le Bouddha passe chez lui. D'après Mahâvagga i, 3, c'est la troisième semaine, mais, quand on compte les trois veilles comme des semaines, la cinquième. Une autre tradition, encore différente, chez Hardy, M. of B. 182.

5. Les filles de Mâra n'avaient donc été que des nuages passagers, de formes fantastiques, puis s'éteignant comme de vieillesse.

sorte qu'il put se mouvoir sans être gêné, comme dans une chambre, et savourer, assis sur son trône royal, la conscience délicieuse de sa libération.

Les sept semaines ' étaient alors passées. Pendant tout ce temps, le Buddha n'avait ni fait sa toilette, ni rien mangé; mais alors il résolut de se laver de nouveau le visage. Indra, le roi du ciel, lui donna en outre de l'orpiment, dont le Maître se servit comme d'un cosmétique pour le corps. Puis le même Indra lui présenta une branche de bétel comme curedents, et de l'eau pour se laver la bouche. Le Buddha en fit usage, se lava la bouche (ou le visage) avec de l'eau du lac Anavatapta et resta assis sous l'arbre Râjftyatana.

A ce moment, deux marchands, les frères Trapusha ^ et Bhallika, se rendaient, avec une caravane de 500 chariots, d'Orissa au Pays du Milieu. Un ange, qui leur était apparenté ' arrêta brusquement les chariots, de sorte qu'il leur était impossible d'avancer, et les exhorta à ofiFrir de la nourriture au Maître. Les frères obéirent à cette exhortation et se rendirent avec un gâteau de farine et du miel près du Mailre, auquel' ils offrirent ce repas d'honneur, en lui disant : « Seigneur, faites-nous la grâce d'accepter de nous

1. Le total ne donne que six semaines. — D'après le Mahâvagga^ Buddha, après avoir séjourné pendant une semaine près de Mucalinda, serait resté pendant une semaine sous le Hâjàyatana, et place là la rencontre avec les deux marchands, rencontre dont nous parlerons à Tinstant. Le Lalitaü. divise le temps ainsi : cinquième semaine, séjour près de Mucalinda; sixième, près du Banian aux Chevricrs; septième, sous Tarbre Târâyana, où a lieu la rencontre avec les deux marchands. Bien que le Lalilav. contienne la tradition septentrionale, il est plus d'accord avec le Mahâvagga (d'origine méridionale) que ne l'est Tintroduction au Jâtaka.

2. En pâli : Tapussa. Le Jdlaka donnt^ Tapassu et Bhalluka, probablement par erreur, car le Mahâvagga lit Tapussa et Bhallika, et les formes altérées de la biographie birmane, Tabusa et Palekat, doivent avoir la même origine. D'après le Lalilav., les deux marchands étaient originaires du Pays du Nord et revenaient du Dekkhan vers leur pays d'origine.

3. Dans le Lalilav Çikhanclin, autrefois un brahmane, auquel il avait été donné de renaître dans le ciel suprême.

cette nourriture. » Le Buddha, dont le pot à aumônes avait disparu le jour mémorable où il avait reçu le lait préparc par Sujâtà, se dit en lui-môme : « Les Tathàgatas ne 80 reçoivent rien avec la main *; avec quoi accepterai-je maintenant ce qu'on m'offre? » A peine les quatre régents des quatre points cardinaux comprirent-ils ce qui se passait dans son âme, qu'ils lui offrirent quatre vases de saphir. Le Seigneur les refusa. Alors ils lui offrirent quatre vases en pierre précieuse couleur de fèves, qu'il accepta ; par attention pour les donateurs, et afin de ne chagriner aucun d'eux, il les réunit, de façon qu'en apparence il n'y eût plus qu'un vase. C'est dans ce vase précieux que le seigneur prit son repas, et après avoir mangé, il remercia les frères de l'avoir ainsi régalé. Ceux-ci firent alors profession de leur foi dans le Buddha et dans le Dharma, et furent admis comme adhérents laïques. Puis, ils dirent : « Donnez-nous, Seigneur, un objet que nous puissions honorer *. » Alors le Buddha arracha de la main droite quelques cheveux de sa tête, destinés h être gardés comme reliques, et les leur donna. Plus tard, revenus dans leur ville, ils enterrèrent ces reliques et construisirent un sanctuaire pour les recouvrir. Trapusha et Bhallika furent, par conséquent, les deux premiers adhérents laïques qui aient fait profession de leur foi dans le Buddha et dans la Loi, mais non dans la Congrégation, qui, d'ailleurs, n'était pas encore fondée à cette époque.

Le Parfait-Sage se rendit de nouveau vers le Banian des Chevriers. Dès qu'il se fut assis, il comprit combien difficile était la Loi dont il avait pu pénétrer le sens profond, et il devint, par conséquent, hésitant de communiquer à d'autres

1. Mahâv, I, 4, il est question seulement de vases en pierre couleur de fève, et il n*est rien dit d'un refus; il en est parlé, au contraire, dans iMlilav. 495, où l'on raconte que des plateaux en or, en argent et en autres matières précieuses, furent offerts et refusés ; le Buddha finit par accepter des vases d'émeraude (?).

LE BUDDIIA 89

cette Loi qui avait été observée par les Buddhas antérieurs et qui avait été découverte de nouveau par lui-môme. C'est alors que le puissant dieu Brahma se dit à lui-même : « Malheur, malheur, le monde périra! » et immédiatement il se rendit, accompagné des autres maîtres puissants de la nature : Indra, Suyâma, Santushita, Sunirmita et Vaçavartin TArchange, auprès du Maître, afin de supplier celui-ci de proclamer la Loi. Et le Maître promit de le faire.

En réfléchissant à qui il communiquerait d'abord la Loi, son choix tomba sur Ârâla Kâlâma, le sophiste, vu que celui-ci serait capable de s'approprier rapidement le sens de la Loi. Mais par intuition, il sut que le sophiste était décédé une semaine auparavant. Le Maître en fut chagriné, mais il n'y avait rien à faire. * Il songea alors à Udraka, 81 fils de Ràma, mais, par une autre intuition, il eut la certitude que celui-ci aussi était mort la veille au soir. Puis il songea aux cinq religieux qui lui avaient rendu tant de services, et dès qu'il se fut assuré par une combinaison mentale qu'ils se trouvaient alors à Bénarès dans le Parc aux Cerfs (Mrgadàva), il prit la résolution de s'y rendre et d'élendre l'empire de la Loi\

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