‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 42 sur 196 · D'après Bigandet · texte numérisé non relu

D'après Bigandet

4. Nous avons déjà rencontré celle-ci plus haut, p. 104, comme la fiancée de Nanda. Dans Avadâna-Kalpalatd^ X, ce n'est pas d'Ânanda, mais de Nanda, qu'il s'agit. Le fait que Nanda et Ânanda sont, sinon identiques, du moins souvent confondus, ressortira tantôt encore avec plus de clarté.

de la tournure favorable que les choses avaient prise, convoqua ses disciples et dit : « Autrefois, moines, Ânanda ressemblait à une maison mal abritée, dans laquelle les penchants impurs pénétraient comme des torrents de pluie; maintenant, il ressemble à une maison bien couverte, inaccessible aux influences du dehors )>. et le Maître raconta à ce propos une histoire d'une de ses existences antérieures, quand Ânanda demeura sur terre sous forme d'âne, sa fiancée comme ânesse, et lui-même, le Buddha, comme ânier. D'autres * racontent à peu près la même chose sur Nanda. Un jour que celui-ci, déjà devenu moine, songeait à sa femme Sundari, il ne put s'empêcher de dessiner l'image de celle-ci sur une plaque de marbre. Afin de guérir Nanda de son 'amour, le Maître lui ordonna de prendre le bout de son vêtement, l'emmena ainsi au mont Gandhamâdana, où il lui montra une horrible guenon, et s'efforça de prouver qu'il n'y avait aucune différence essentielle entre la femme de Nanda et cette vilaine bête. Après avoir prononcé un sermon sur ce sujet, il emmena Nanda au paradis. Là Nanda vit, dans une maison céleste abandonnée, une nymphe d'une beauté incomparable. Sur sa demande qui était cette belle, il entendit la réponse : « Si Nanda, le frère du Seigneur, observe son vœu de chasteté, il renaîtra ici après sa mort et sera reçu par nous ». • En entendant ces paroles, il s'empressa de retour- 122 ner auprès du Maître, et oubliant Sundarikâ, sa femme, il résolut de vivre en chasteté, afin d'obtenir plus tard la beauté céleste \ Le Seigneur retourna avec lui à Jetavana et défendit aux moines, et aussi à Ânanda, de vivre avec Nanda. Alors celui-ci demanda à Ânanda : « Pourquoi donc m'évites-tu? nous sommes cependant si étroitement appa-

1 . La biographie tibétaine chez Schiefner, 267, et VAvaddna-Kalpalatd de Rffemendra, X. La confusion entre Nanda et Ânanda doit probablement son origine au nom Sundarànanda, qu'on donne parfois à Nanda.

1. Chez Rsemendra, c'est le Seigneur lui-même qui promet à Nanda la possession de la beUe nymphe céleste.

rentes. » — « Parce que nous méditons sur le Nirvana, tandis que tu songes à la nymphe céleste. » Une profonde tristesse s'empara de Nanda. Afin de le guérir, le Seigneur l'emmena, mais cette fois dans le monde souterrain, où il vit la cha\idière ardente et les autres terreurs de Tenfer. A la question pourquoi la grande chaudière était vide, les esprits infernaux répondirent : « Nanda, le frère du Seigneur, renaîtra après sa mort parmi les dieux, et sera ensuite jeté dans cette chaudière. » Rempli de terreur, Nanda revint chez le Maître et pleura. « C'était une pensée coupable de ta part, Nanda, que de vouloir renaître parmi les dieux, )) lui dit le Tathâgata, et tous les deux retournèrent à Çrâvastî. Plus tard Nanda, près de l'étang Garga ^ arriva à la dignité de Grand-Maître. Plus tard, la belle Nandâ se fit religieuse, plutôt par affection pour la matrone Gautamî et d'autres parentes, lorsque celles-ci eurent embrassé la vie religieuse, que par vocation. Le Maître, s'apercevant que sa vocation n'était pas solide, fit paraître devant elle, grâce à son pouvoir miraculeux, une jeune fille d une beauté céleste, à laquelle il fit parcourir, pendant que Nandâ la regardait avec ravissement, plusieurs degrés de décrépitude, jusqu'à ce qu'elle s'affaissa comme un squelette sans vie. Nandâ, extrêmement effrayée, atteignit, immédiatement après, le degré suprême de sanctification ^

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