Voyage a VaiçAlî. — Conversion d'Ugrasena
Pendant la troisième saison des pluies, que le Seigneur 135 passa, comme la précédente, près de Râjagfha *, il reçut l'invitation de se rendre à Vaiçâlî. Voici la cause de cette invitaüoQ : le pays et la ville étaient affligés d'une maladie épidémique qui enlevait des milliers d'hommes et rendait vains tous les efforts pour la combattre. Ne sachant plus que faire, les habitants résolurent d'avoir recours au Buddha, et ils envoyèrent par conséquent une ambassade nombreuse à Râjagfha, afin d'amener le roi du Magadha à persuader au Tathâgata de venir à Vaiçâlî. La prière des envoyés fut exaucée, et le Seigneur se mit en route pour donner le secours demandé. Avec les plus grandes preuves de respect, le roi Bimbisâra le conduisit jusqu'au Gange, qui sépare le royaume de Magadha du territoire des Mallas. A peine le Seigneur eut-il mis le pied dans le pays de Vaiçâlî, qu'une pluie violente se mit à tomber, qui purifia l'atmosphère et fit cesser immédiatement la maladie \
Quelques-uns racontent que le Seigneur, avant d'entrer dans la ville, donna ordre à Ânanda d'en faire le tour, de
2. Chez Hardy, M. of B., ces événements sont placés dans la vingtième année après que la dignité de Buddha eut été obtenue.
1 . Nous avons suivi ici la biographie birmane (chez Bigandet), 1, 200), avec laquelle s'accorde en grande partie Hardy, p. 236. On trouve le même récit chez les Septentrionaux, le plus complètement dans le Mahâvastu, I, 253, ss. Dans l'écrit suivi par Schiefner (285) on place cet événement sous le règne d'Ajàtaçatru, fils de Bimbisâra, la trente-sixième année après que l'état de Buddha fut atteint.
répandre de Teau qu'il avait dans son pot à aumônes et de réciter des sentences, *ce qui eut pour suite la disparition complète de la maladie * ; d'autres \ qu'il envoya du Bois de Manguiers où il se trouvait, Ânanda vers la ville pour prononcer une formule.
Près de Vaiçàli se trouvait le jardin de la courtisane Âmrapâli, qui, comme nous le verrons plus tard, fut cédé par elle à la Congrégation dont le Buddha est le chef. C'est là aussi qu'on trouvait, dans le Grand Bois (Mahâvana) le couvent, connu sous le nom de salle du Belvédère (Kûtâgâraçâlâ). C'est là que le Seigneur devait passer la cinquième saison de retraite ; quant à la quatrième, il la passa, en ne tenant pas compte de sa visite à Vaiçâlî, à Râjagrha *.
Vers cette époque eut lieu la conversion d'Ugrasena, l'acrobate. Né d'une famille distinguée, * Ugrasena avait été chassé 136 par ses parents oi^ueilleux, à cause d'une erreur de sa jeunesse. Il avait conclu, en effet, une mésalliance avec une belle danseuse, dont il était devenu amoureux après l'avoir vue donnant des représentations, avec une troupe d'acrobates errants, à la cour du roi Bimbisâra. Privé de tout moyen de subsistance par la dureté de ses parents, il avait bien été obligé d'apprendre Tart de ses nouveaux camarades. Malgré les plaisanteries de ses grossiers compagnons et celles de sa femme, il avait su vaincre toutes les difficultés grâce à son obstination, et était devenu un excellent acrobate.
Une fois qu'Ugrasena s'apprêtait à montrer ses tours devant une foule attentive, il arriva que le Tathâgata passa par hasard, avec quelques-uns de ses disciples. Après avoir envoyé Maudgalyâyana en avani, afin de préparer le cœur de l'acrobate à la réception de la lumière de la foi, le Maître vint lui-même et convertit Ugrasena, qui se jeta à ses pieds et pria qu'on voulût bien ladmettre dans Tordre des reli-