Arrangement miraculeux d'un différend. — Mort
DE ÇUDDHODANA. — FONDATION DE l'oRDRE DES RELIGIEUX.
Le Seigneur passa trois saisons des pluies successives dans le Bois de Bambous *. — La saison suivante — par conséquent la cinquième, parce qu'il avait passé la première à 137 Bénarès — * il s'établit à Grand Bois, dans la salle du Belvédère, près de Vaiçâlî.
C'était vers ce temps-là qu'il arrangea miraculeusement une querelle entre les Çàkyas et les Kodyas, à propos de la propriété des eaux de la Rivière Rouge, qui constituait la frontière des deux tribus. Au moment où la querelle éclata, le Seigneur se trouvait près de Vaiçâlt, mais comme il voit tout ce qui se passe sur la terre, le fait lui fut immédiatement connu. Immédiatement, il vole à travers les airs vers l'endroit où la lutte était sur le point d'éclater, et, par son éloquence, il sait amener les deux partis à déposer les armes. Un sermon qu'il prononça à cette occasion amena 250 grands personnages de Kapilavastu et un nombre égal de Kodyas à se faire admettre dans la congrégation. Il est vrai qu'ils se repentirent rapidement de la démarche qu'ils venaient de faire, mais ce ne fut là qu'un mouvement passager : le Tathâgata sut si bien les fortifier dans leurs bonnes intentions, qu'ils atteignirent le premier degré de Sainteté.
Cette même Rivière Rouge avait déjà été témoin une fois
1. Pour la suite chronologique des localités où les grandes vacances sont censées de passer, il y a une telle différence entre les récits des Bouddhistes du Nord et la biographie birmane, (que nous avons cru devoir suivre autant que possible) qull est impossible de rétablir Taccord entre les deux traditions.
du pouvoir miraculeux du Bodhisatva, lorsque celui-ci n'avait encore atteint que l'âge de 22 ans. On raconte * qu'il se trouvait au bord du fleuve un arbre, qui, né au même moment que le Bodhisatva, avait atteint en un seul jour sa pleine croissance. Il avait une circonférence de 47 lieues et un quart. Par suite d'une inondation, les racines de l'arbre furent mises à nu ; un jour d'averse, l'arbre tomba dans le fleuve et forma une barrière, de sorte que Kapilavastu devint inhabitable par suite du débordement du fleuve et Devahrada par excès de sécheresse. Le roi Suprabuddha avertit Çuddhodana de cet état de choses, et le pria de lui envoyer le Bodhisatva, dont la force était assez connue. Çuddhodana cependant aima mieux ne rien dire à son fils, et alla lui-même avec Suprabuddha et une foule de plusieurs centaines de milliers d'hommes à l'endroit de l'accident, pour essayer de relever Tarbre. Tous les efforts échouèrent. Alors Ghanda imagina un moyen d'y attirer le Bodhisatva, consistant en ceci qu'il* fit arranger pour chacun des princes de la race 138 des Çâkyas un jardin sur les bords de la Rivière Rouge. Une fois qu'ils furent venus sur son invitation, il arriva que Devadatta tua d'un coup de flèche un cygne qui volait audessus de son jardin à lui. L'oiseau tomba dans le jardin du Bodhisatva, qui arracha la flèche et ramena par un remède ranimai à la vie. Devadatta exigea alors que l'oiseau lui fût livré, puisqu'il avait les droits les plus anciens : ce fut la première querelle entre lui et le Bodhisatva. Afin d'amener le Bodhisatva d'une manière détournée à entreprendre l'œuvre colossale, Udâyin fit pousser par l'immense foule des cris formidables. Ce bruit attira l'attention du Bodhisatva, qui demanda ce que cela signifiait. Après l'explication d'Udàyin, il s'empressa de se mettre en chemin pour redresser l'arbre. En route, un serpent venimeux s'avança de sa retraite et sauta devant le prince. De crainte qu'il ne fît du