TraditioD des Septeotrionaux, chez Schiefner
mal au prince, le fidèle Udàyin le coupa en deux d'une arme tranchante, maisThaleine venimeuse de la bète Tatteignit, de sorte qu'il devint noir, d où son surnom de Noir (Kâla Udâyin). Venu près de l'arbre, le Bodhisatva dit à Devadatta : « montrez toute votre force, et mettez l'arbre en mouvement. » Devadatta fit les plus grands efforts, mais ne réussit que peu ou point à remuer l'arbre. L'aimable Ânanda ne fut pas plus heureux. Alors le Bodhisatva prit Tarbre et l'éleva jusqu'au ciel, sur quoi il se brisa en deux morceaux, qui tombèrent chacun sur une des deux deux rives. Puis le Bodhisatva dit aux gens : « Cet arbre a une force rafraîchis- 139 santé; il chasse les fièvres bilieuses et d'autres maux; * hachez-le donc en pièces et emportez-les. » Sur quoi les princes Çâkyas remontèrent chacun dans sa voiture, pour retourner de leurs jardins à Kapilavastu.
Après l'arrangement miraculeux de la querelle près de la Rivière Rouge, le Seigneur était retourné à la salle du Belvédère à Grand-Bois *. Pendant qu'il passait là les grandes vacances, il apprit que son père âgé était tombé gravement malade, et sans retard il vola, suivi de quelques disciples, à travers les airs, vers Kapilavastu.
Près de la couche du vieux roi, le Tathâgata prononça un discours tellement saisissant sur l'inconstance des choses, que le malade se sentit très édifié et s'écria, en prévoyant le Nirvana : « Je comprends maintenant l'inconstance de toute chose. Je me sens affranchi de tous les désirs mondains et complètement délivré des chaînes de la vie. » Rempli de ces pensées, le vieillard passa courageusement les quelques jours qui lui restaient encore à vivre, et pour la troisième et
1. On ne dit pas quand et par qui ce monastère avait Hé fondé. MahÂvana n'est probablement qu'un autre nom du Sâlavana, monastère qui, d'après Mahdvastu, I, 295, avait été donné à Buddha et à la Congrégation par Goçrhgî.
trouver le Seigneur Buddha, qui se trouvait, à ce moment, dans le Bois de Banians près de Kapilavastu, et lui demanda humblement qu'il fût permis à des femmes de faire partie de la congrégation. Mais, jusqu'à trois fois, il rejeta son humble requête, de sorte qu'elle revint chez elle, toute abattue et les yeux pleins de larmes.
De Kapilavastu le Seigneur se rendit au Grand-Bois, où il habita la salle du Belvédère. Peu de temps après, Gautaml, qui n'avait pas été découragée par l'échec de ses premiers efforts, résolut de les renouveler. Elle se laissa couper les cheveux, revêtit un vêtement jaune, et entreprit, accompagnée d'un grand nombre de dames, toutes des Çâkyas, à pied le voyage de Vaiçâlî.
Après un voyage fatigant, les femmes arrivèrent à la salle du Belvédère, au Grand Bois, et tandis que Gautaml les pieds enflés et les membres couverts de poussière, était là debout, abattue et en larmes, devant le portail extérieur, elle fut vue d'Ânanda, qui, après avoir appris la cause de sa venue, l'annonça chez le Seigneur, et ne manqua pas d'appuyer for- 141 tement sa requête. *Mais le Buddha refusa, disant : « Ne désire donc pas, Ânanda, que les femmes aussi puissent entrer en religion. «Ananda comprit que, pour le moment, il ferait mieux de ne pas insister, mais profita de la première occasion venue pour revenir sur l'affaire. Il débuta cette fois autrement ; il rappela au Maître tous les bienfaits que celuici avait reçus de Gautami, comment elle l'avait nourri du lait de ses mamelles. Celte fois, l'intervention d'Ânanda produisit l'effet voulu, de sorte que le Seigneur donna son autorisation à l'admission de Gautami dans l'ordre, pourvu qu'elle acceptât 8 obligations fort dures : 1 . une religieuse, même si elle a été depuis cent ans en religion, doit faire tous les signes extérieurs de soumission à un moine, ne fût-il membre de l'ordre que depuis un jour ; 2. une religieuse ne peut passer la saison de retraite en un endroit où il n'y a pas de moines ; 3. tous les quinze jours, une religieuse doit deman-
der permission à la congrégation des moines de remplir deux devoirs religieux : Tassistance à Tinterrogaiion disciplinaire ^ et l'assistance au sermon ; 4. une religieuse doit assister à la clôture solennelle de la saison de retraite, et, dans une double réunion du chapitre, elle doit donner des réponses satisfaisantes sur trois points : sur ce qu'on a vu, ce qu'on a entendu, ce qu'on a soupçonné ; ^ 5. une religieuse qui a manqué à une des dures obligations doit demander, pendant quinze jours, pardon aux deux divisions de la congrégation ; 6. ce n'est qu'après qu'une religieuse a appris, pendant deux années (ou deux saisons de retraite) les 6 obligations morales, et qu'elle prouve qu'elle les connaît, qu'elle peut demander en plein chapitre d'être admise dans l'ordre ; 7. en aucun cas, une religieuse ne peut insulter ou injurier un moine ; 8. à partir de ce jour, il n'est pas permis aux religieuses d'adresser aux moines des exhortations spirituelles, tandis qu'il est bien permis aux moines d'adresser des exhortations spirituelles aux religieuses.
« Si Gautami », continua le Buddha, « veut accepter ces huit obligations, * qu'elle soit admise dans l'ordre. » — 142 Ânanda se hâta d'aller retrouver Gautami, afin de lui communiquer les conditions de son admission; elle déclara qu'elle les admettait volontiers. C*est ainsi que la tante du Seigneur fut admise dans la congrégation, en même temps que 500 autres dames *.