‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 52 sur 196 · Dhammap., p · texte numérisé non relu

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3. Qu'on veuille bien rcuiarquer, l'accord des sources du Nord et celles du Midi, justement quand il s'agit de détails en apparence insignifiants. Nous avons déjà vu plus haut la môme image, pour exprimer la même idée d'une faron figurée. Dans \c ü^iammapadüy 338, khajjopanaka est une faute pour khajjolanaka. dans le sens du sanscrit khadyota, « mouche luisante »: mail étymologiquement le mot peut signifier aussi « lumière du firmament » ; khadyolana est « le soleil », mais a eu, sans aucun doute, le sens plus large de « planète ».

pères, mais dites-moi ce que vous voulez que je fasse. » — « Si vous voulez nous faire plaisir, notre sœur, prêtez-vous à une manœuvre qui aura pour but de salir la réputation de ce Gautama, afin qu'il perde tout avantage et consijération. » — « C'est bien, révérends pères, laissez-moi arranger cette affaire et ne soyez pas inquiets », dit la belle religieuse, sur quoi elle partit. Avec une astuce vraiment féminine, elle imagina le projet suivant, auquel elle donna immédiatement un commencement d'exécution.

A l'heure où les bourgeois de Çrâvastî sortaient, après le le sermon, du couvent de Jetavana et retournaient chez eux, elle allait, des guirlandes parfumées à la main et revêtue d'un vêtement rouge-cramoisi, dans la direction du couvent, et ^ quand les gens lui demandaient : « Où allez-vous? » Elle répondait : <c Qu'est-ce que cela vous fait où je vais? » Cependant elle ne se rendait pas à Jetavana, mais au couvent des Tîrthakas, situé tout près. C'est là qu'elle passait la nuit, et le matin, vers l'heure où les laïques bouddhiques arrivaient de la ville, pour faire au couvent leurs dévotions du matin, elle allait à leur rencontre, tout comme si elle avait passé la nuit au couvent de Jetavana et sortait de là pour rentrer à la ville, et quand on lui demandait « Où avez-vous passé la nuit? » elle répondait : « Qu'est-ce que cela vous fait, où j'ai passé la nuit? )>

Après avoir continué ainsi pendant plus d'un mois, elle crut qu'elle pouvait aller plus loin, et à chaque question « où elle avait passé la nuit? » elle prit le parti de répondre : « J'ai passé la nuit dans le couvent dç Jetavana, avec l'ascète Gautama, dans la môme chambre à coucher. » De cette manière, elle sut créer des soupçons chez les laïques naïfs, qui ne savaient ce qu'ils devaient en penser. Trois ou quatre mois plus tard, elle se mit à s'envelopper le ventre de linges, pour se donner Tair d'une femme en état de grossesse, et à l'aide de ce moyen elle sut faire croire aux âmes simples qu'elle était grosse des œuvres de l'ascète Gautama.

LE BUDDUA 163

* Vers le neuvième mois, elle s'attacha devant le ventre ISS un morceau de bois arrondi et employa d'autres artifices pour se donner un air languissant. Ainsi équipée, elle se rendit vers la soirée à l'église *, au moment ou le Tathâgata occupait la chaire et prêchait la Loi. Sans crainte, elle se plaça devant lui et lui dit : « Tu prêches la Loi au peuple d'une voix douce et les lèvres emmiellées, mais moi, malheureuse, je suis devenue grosse par ta faute, de sorte que je suis maintenant près d'accoucher ! Et cependant tu ne t'es pas soucié de trouver pour moi une chambre où je pourrais faire mes couches, ni de me procurer de l'huile, du beurre ou d'autres choses nécessaires en pareil cas ! Et non seulement tu n'as rien fwt toi-même, mais tu n'as pas même chargé un de tes disciples, ou le roi du Kosala, ou Anâthapindika ou une laïque considérable telle que Viçâkhâ, de prendre soin des choses dont moi, malheureuse, je pourrais avoir besoin. Tu sais bien goûter les plaisirs de l'amour, mais avoir soin de ton enfant à naître, tu ne le sais pas. »

C'est ainsi qu'elle, calomnia le Tathâgata en pleine assemblée, comme si elle avait essayé de souiller la lune avec des excréments. Le Tathâgata, interrompu au milieu de son sermon, s'écria, d'une voix de lion rugissant: « Si ce que tu dis est vrai ou non vrai, ma sœur, moi et toi nous sommes seuls à le savoir. » — « C'est bien vrai ! » répondit-elle avec une impudence imperturbable. Au même moment Indra, le roi du Ciel, sentit que le siège surlequelil était assis, s'échaulTait et s'apcrçutque la jeune religieuse Cincâ calomniaitle Maître. Afin de tirer l'affaire au clair, il parut, accompagnée de quatre

1 . Dans Toriginal dhammasabhâ, qui désigne dans le langage ecclésiastique la salie de réunion ecclésiastique, et la foiile qui y est réunie ; mail au fond le mot désigne la salle de justice, et, réellement, on a en vue la salle ou siège en compagnie de Dharma, Yama, dieu de la justice et dieu des morts, le Pluton indien. Dans la mythologie, Dharmasabh est le royaume des Ombres, localisé plus tard vers le midi, mais situé réellement en occident, où sont situés les lies des Bienheureux et le janün des Ilespérides, où le soleil se couche.

anges, sur le théâtre du scandale. Les anges, qui s'étaient méthamorphosés en de jeunes souris, se mirent à l'œuvre et coupèrent rapidement, à coups de dents, les cordes qui retenaient la boule de bois, de sorte que le bois tomba subitement sur les pieds de Téhontée et lui écrasa les orteils, 156 la ruse fut ainsi découverte. * Alors les gens s'écrièrent : « Cette vilaine sorcière a calomnié le Buddha parfaitement sage, » lui crachèrent au visage et la chassèrent, en lui jetant des moites de terre et en la bâtonnant, hors du jardin du couvent. Dès que la religieuse criminelle fut hors de la vue du Maître, la terre s'ouvrit devant ses pieds, une flamme venue du fond des enfers s'éleva de l'abîme béant, et enveloppée de ses flammes comme d'un drap rouge S l'odieuse Gincâ descendit au plus bas des enfers. Du même coup, les hérésiarques perdirent profits et considération, tandis que le Maître à la décuple puissance les vit encore augmenter.

Le lendemain, dans la chapelle, avant le commencement du sermon, on ne parla que du châtiment terrible, mais mérité, que s'était attiré la novice Cincâ, en calomniant d'une façon aussi scandaleuse une personne aussi vertueuse et vénérable que le Parfait Sage. Lorsque 16 Docteur, qui était sur ces entrefaites entré dans la chapelle, demanda à ses auditeurs quel était le sujet de leur conversation, ils le lui dirent. Alors il ajouta : « Ce n'est pas la première fois que Cincâ m'a ainsi faussement accusé ; dans une existence antérieure, elle a essayé la même chose » ; et il en prit l'occasion de leur raconter une histoire du temps qu'il était le Bodhisatva Mahâpadma.

1. Le texte porte kuladatUya, ce qui ne signifie rien ; la vraie leçon doit rtre kulatattiya, mot qui, ainsi que le prouve le sanscrit, signifie à la fois, « pareil à Tarsenic rouge »et » destiné à une femme impure »,

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