‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 58 sur 196 · Bigande, I · texte numérisé non relu

Bigande, I

2. Selon la biographie tibétaine, il avait séjourné pendant la 18* et 19* année au Jetavana.

Buddha, et non en vain, car en entendant prêcher les quatre vérités, il fut tellement frappé * qu'il renonça au monde et 47i se fit admettre dans la congrégation.

Le Seigneur passa la 19* saison de retraite au Bois de Bambous. De là il voyagea à travers le pays de Magadha, afin de prêcher et de propager sa doctrine. Un jour qu'il cheminait à travers une forêt, il vit un cerf, pris dans les lacs d'un chasseur. Rempli de pitié, il délivra le pauvre animal, et se mit ensuite sous un arbre, pour prendre du repos. Bientôt le chasseur arriva. Celui-ci fut fortement désappointé en voyant que sa proie lui était enlevée, et comme il ne vit personne dans le voisinage, sauf le Seigneur^ revêtu de l'habit jaune des moines, il comprit que c'était, là le coupable. Pour se venger il voulut tuer le moine d'un coup de flèche, et tendit son arc. Mais quoiqu'il fît, il ne réussit pas à lancer la flèche : ses mains étaient comme raidies et ses pieds cloués au sol. Le Seigneur était tellement plongé dans la méditation, qu'il ne voyait même pas ce qui se passait. Sur ces entrefaites, les fils du chasseur s'inquiétèrent de ce que leur père restait plus longtemps dehors que de coutume. Craignant qu'il ne lui fût arrivé malheur, ils sortirent bien armés, pour le chercher. Arrivés à l'endroit de l'accident, ils furent témoins de l'état lamentable où leur père éta^t réduit, et croyant que le moine sous l'arbre avait ensorcelé le chasseur par des formules magiques, ils saisirent leurs armes, pour tuer le malfaiteur. Mais leurs mains leur refusèrent tout service, et ils se trouvaient là, roides, sans pouvoir ni bouger ni parler, se regardant d'un air stupéfait. Le Seigneur se réveilla enfin de sa méditation, et vit alors pour la première fois le chasseur et sa famille, debout devant lui, dans Tétat que nous venons de décrire. Pris de pitié, il les rétablit en leur état ordinaire, et leur prêcha la vraie foi. Tous tombé-

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rent à ses pieds, lui demandèrent pardon et devinrent des partisans ardents de la doctrine du salut.

172 * Ânanda est attaché définitivement a la PERSONNE DU. Maitre. Nouvelles ruses de Mâra. — Conversion d'ângulimala. — Assassinat de Sundarî. — Rencontre avec un brahmane. — La fille d'Ânathapindika. — Le brahmane au nomrril lumi- NEux. — Arrêt dans le récit.

La 20'' année, le Seigneur alla de nouveau à Çrâvasti, et y passa la saison des pluies dans le couvent de Jetavana. En avançant en âge, il sentait plus qu'autrefois le besoin d'un serviteur qui lui serait attaché à demeure : c'est pourquoi Ânanda fut désigné pour cet honneur.

Mâra, l'esprit des ténèbres, montra de nouveau, cette année, avec quel acharnement il poursuivait le Seigneur. Par suite de ses manœuvres, le peuple négligea de donner de la nourriture au Buddha mendiant. Quand il passait dans la rue, nul ne le remarquait, nul ne lui offrait de la nourriture. Mâra s'en réjouit et demanda au Buddha d'un ton mordant comment il se sentait au milieu des tourments delà faim ; mais le Seigneur répondit qu'une fois tombé dans un état d'évanouissement il pourrait y persister sans prendre de la nourriture ^

La même année eut lieu la conversion d'un fameux bandit et assassin professionnel, nommé Aiîgulimâla qui était la terreur de tout le pays de Koçala. Le Buddha seul n'eut pas peur de lui et alla trouver le brigand redouté au fond de sa caverne. Outré de cette audace, le brutal criminel menaça de mort son hôte inattendu, mais le regard clair et aimable

1 . Le soleil ne mange aucune portion, c'est-à-dire il ne parcourt, en apparence, aucune portion de son orbite. La rencontre avec Mâra a donc lieu lors du solstice (d'hiver). Nous savons que Gautama s'est déjà évanoui une fois à la fin de sa course, c'est-à-dire le 21 décembre.

et la patience du Seigneur ne manquèrent pas leur effet ordinaire. * Le cœur glacé du bandit se fondit et Thonime, 173 d'ordinaire si dur, se mit à écouter avec attention Texhortation du Maître, se convertit et suivit le Seigneur comme un disciple docile. En très peu de temps il parcourut les degrés de sanctification et mourut peu après.

Comme les moines se demandaient un jour quel pouvait bien avoir été le sort de Tancien bandit après son décès, le Buddha, en apprenant le sujet de leur conversation, parla ainsi : « Angulimâla, moines, qui a trouvé sa fin peu après sa conversion, a atteint la délivrance ^ ; sa conversion ' a été aussi rapide que complète. Jadis, il était cruel et inexorable, vu qu'il avait toujours vécu en mauvaise société, mais dès qu'il eut entendu ma parole et qu'il eut été admis dans la congrégation, il s'attacha à moi de tout son cœur et marcha dans la voie de la délivrance. Il a fait tout ce qu'il a pu pour détruire ses mauvaises œuvres antérieures et il a atteint ainsi rapidement le comble de la perfection ^ »

Pendant le séjour du Seigneur à Jetavana, les hérésiarques essayèrent de nouveau de salir sa réputation. Dans cette vue, ils firent répandre par une femme de leur secte, une certaine Sundari, le bruit qu'elle avait passé une nuit dans la chambre à coucher du Buddha. Après que le bruit calomnieux avait été répandu partout, ils achetèrent une bande d'ivrognes, qui devaient assassiner Sundari. Ces gredins commirent en effet le crime* et jetèrent le cadavre dans la (74

1. Cest-à-dlre ici : dissolution. Il s'est fondu comme la neige sous les rayons du soleil.

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