‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 66 sur 196 · Destruction de Kapilayastu · texte numérisé non relu

Destruction de Kapilayastu

Le roi Prasenajit de Çrâvastl avait d'une de ses femmes,

1. De deux noms d'un seul et même être féminin, on a fait deux femmes.

2. A peu près la même expression que nous avons déjà vue plus iiaut, dans le récit méridional.

3. L'acte de Yaçodharâ n'est qu'une variante de celui de Guptâ.

1. C'est-à-dire, d'après le système ecclésiastique, un être qui possède, U est vrai, la science qui mène au Nirvana, mais qui ne la communique pas aux autres êtres. H donne de la lumière, mais ce n'est pas une lumière qui réchauffe et vivifie. Nous verrons plus tard ce que sont, au fond, les Pratyekabuddhas.

la fille naturelle de Mahflnftman, roi des Çàkyas, un fils^ qui reçut le nom de Yi^û^abha. Celui-ci, ayant atteint Tflge d'homme, chassa son père du trône, et Prasenajit, dépouillé de son royaume et en fuite, mourut, au moment où il était sur le point d'invoquer Taide d'Âjfttaçatru, jadis son ennemi acharné, mais qui, trois ans auparavant, s'était réconcilié avec lui et était devenu son gendre.

Sous le règne d'Ajfttaçatru, la ville de Kapilavastu fut détruite par Yidft^&bha, en même temps que la race royale des Çft]^yas. Cet événement eut lieu trois ans avant la mort du Seigneur, qui était alors ftgé de près de 78 ans '.

La tradition septentrionale ' est un peu différente. D'après celle-ci, Prasenajit eut un fils Virû^haka ^, né de son union avec une ancienne esclave de Mahftnftman, qui à cause de son habileté dans l'art de tresser des guirlandes de fleurs avait reçu le surnom de Mftlinl ou Mftlikft (« couronnée de fleurs ») *. Ayant atteint l'âge d'homme, Virû^haka s'empara du trône, au moment où son père et le Buddha — * qui étaient 200 nés au même moment — avaient atteint l'âge de 77 ans et 7 mois. Prasenajit s'adressa à Âjatâçatru, qui était sur le point de le recevoir avec toutes les marques d'honneur,

2. Jdlaka, IV, 144. Dhammapada, p. 216-225. Le récit dani Bigandet, II, 266, contient plusieurs inexactitudes. Le récit du mariage de Prasenajit arec la fille de Mahàn&man est donné par Hardy, M, o f B. 283. La forme Meittadoubba, cliez Bigandet, est probablement une conjecture de Tauteur birman, qui pensait au terme milladûbha, « traître, paijure ».

3. Chez Schiefner, 287. Rockhill, L. o f B. 75-79; 112-122. Avûddna-Kalpalald, il.

4. Â c^té de Virûdhaka, on trouTe aussi ches les Septentrionaux la forme Vaidûrya (Schiefner, 321). Il s^appelle aussi prince des Latins (Rumbhâç^**) et le souverain d'un des points cardinaux ; ches les Méridionaux, Virûfba (Hardy, Af. of B, 24) est le souTerain de la région du MidL Le prince Jeta, que nous avons rencontré plus haut, p. 107, est le frère de Virû4haka.

5. Chez Hardy, M. of B., 285, la • jeune fiUe aux fleurs », MàUkà, (Ifalliki Devî, Dhp., p. 317, Samy., IH, «, 8, Mil. P., 115, 291. üd„ V, 1. JdL, III, 405 88., IV, 437), est également une femme de Prasenajit, mais elle n*est pas identifiée avec la mère de Vidû(|abha. Une autre Mallikà est femme de Bhandula, Uhammap., p. 218 ss., /4/., IV, 148 ss.

298 HISTOIRE DU BdmDHISME DANS LINDE

lorsque la nouvelle arriva que le vieillard était mort. II mourut pour avoir, tourmenté par la faim, mangé un navet et bu de Teau immédiatement après. Âjâtaçatru arrivé à Tendroit oik Prasenajit gisait sans vie, lui rendit les derniers honneurs.

Désirant se venger des Çftkyas, qui Pavaient insulté jadis en le nommant le fils d'une esclave, Virûdhaka marcha avec une armée sur Kapilavastu. La ville se rendit par capitulation. Le roi des Çâkyas, Mahânâman, demanda qu'on lui ift grâce de la vie : on la lui accorda pour le temps dont il aurait besoin pour plonger dans un étang et en sortir. Au moment où il sauta dans Tétang, la branche d'arbre, à laquelle il se retenait, se cassa, et il périt misérablement. Virûdhaka, furieux, fit massacrer 77,000 Çâkyas, et donna ordre, en outre, de faire piétiner par un éléphant 500 jeunes Çâkyas dans un coin du parc du palais. Les adolescents ayant réussi à renverser Téléphant, le monstre les fit jeter dans un trou profond, qu'il fit couvrir d'une plaque de fer. Le Buddha ayant changé le trou en un étang, les jeunes gens en sortirent au bout d'une semaine. Alors Virûdhaka fit achever les jeunes gens par des éléphants, armés à la trompe et aux pieds de couteaux étincelants. Accompagné de 1,000 jeunes femmes de race Çâkya, le tyran retourna à sa capitale Çrâvasti, où il massacra son frère Jeta. Par suite de ces cruautés et d'autres encore, le Seigneur * prédit que Virûdhaka serait consumé par le feu au bout d'une semaine et renaîtrait au plus profond des enfers. Le roi se fil bâtir un palais au milieu de l'eau, mais cela ne le sauva pas, car le septième jour le soleil frappa un miroir ardent qui appartenait à la reine et Virûdhaka saisi de flammes, alla renaître en poussant des cris terribles, au plus bas des enfers *.

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