‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 72 sur 196 · Nous reviendrons à Tinstant sur ces termes · texte numérisé non relu

Nous reviendrons à Tinstant sur ces termes

3. iliuen Thsang, dans Voy. des Pèl. Bouddh., I, 341, donne ainsi les dernières paroles du Seigneur à la foule assemblée : « Ne dites pas que le TathAgata se plonge pour toujours dans le Nirvana. Le corps du Dharma subsistera éternellement, à Tabri de tout changement. Il faut renoncer k la paresse et chercher les moyens de salut. »

i . * Tous ces états successifs sont représentés d^une façon concrète comme des mondes ou cieux ; nous y reviendrons plus tard.

Ensuite, le Seigneur s'élevant du point de vue de la suppression du sens de la conscience, vint à celui du non-conscient et pourtant non-inconscient ; de là à celui du néant ; de là à celui de Tinfinité de la connaissance ; de là à celui de l'infinité du monde ; de là, il vint au quatrième état de méditation ; de là au troisième ; de là au second ; de là au premier ; de là au second ; de là au troisième ; de là au quatrième ; s'élevant du quatrième état de méditation, le Seigneur entra au Nirvana final*.

Au même moment il y eut un terrible, épouvantable tremblement de terre et Ton entendit le bruit des tambours célestes.

Au même moment, Brahma prononça Thymne :

Tous les êtres du monde vont abandonner leur corps,

Maintenant qu'un tel docteur, incomparable dans le monde,

Le puissant Tathâgata, le parfait sage, est entré dans le repos éternel.

Et Indra prononça Thymne :

Non durables, hélas, sont toutes les créatures, Soumises à la loi de la naissance et de la destruction, Après qu'elles sont nées, elles sont supprimées ; Leur extinction est bienheureuse .

228 * Anuruddha et Ânanda, eux aussi, prononcèrent des vers de circonstance.

Ceux d'entre les moines qui étaient encore soumis à Tompire des passions, s'abandonnèrent à la tristesse et donnèrent des signes de deuil, mais les autres montrèrent une résignation calme, convaincus comme ils étaient, que les

2. Chez Schiefner, 293, on trouye des détails remarquables sur les derniers moments du Seigneur. « Le Seigneur montra la couleur d'or de son corps; s'élevant jusqu'à une hauteur de sept brassées au-dessus de son siège, il dit sept fois : « Contemplez la couleur dor de mon corps. Maintenant, Je disparais de l'existence. » U répéta cela vingt-quatre fois et prononça ensuite son dernier sermon. »

créatures ne sont pas durables. Anuruddha prononça devant les moines une allocution de circonstance, en s'adressant en premier lieu à Ânanda.

Après qu' Anuruddha et Ânanda eurent passé le reste de la nuit (et : du matin) en conversations spirituelles, Anuruddha ordonna à Ânanda de se rendre à Kusinftrà, afin d'avertir les Mallas qui y demeuraient de la mort du Seigneur.

A ce moment, les Mallas, pour une raison ou pour une autre, étaient réunis à Thôtel de ville. En apprenant la nouvelle qu'Ânanda leur apportait, tous, hommes et femmes, s'abandonnèrent à la tristesse et donnèrent de grands signes de deuil.

Immédiatement, les Mallas donnèrent des ordres à leurs serviteurs, pour qu'ils apportassent des parfums, des guirlandes et aussi des instruments pour exécuter de la musique de danse. Cela fait, ils se rendirent au Bois de SàUas, où reposait le corps du Seigneur. Avec des danses, des chants, de la musique, des guirlandes et des parfums ils manifestèrent leur respect pour le corps *, dressèrent des tentes, arran- 229 gèrent des guirlandes de fleurs et passèrent ainsi la journée.

Les fêtes durèrent pendant une semaine. Le septième jour, huit des Mallas les plus considérables portèrent le cadavre à un de leurs sanctuaires situé à l'Est de la ville, et nommé Mukuta-bandhana (c'est-à-dire <( bandeau du diadème »). A la question comment il faudrait traiter le corps du Tathftgata, Ânanda répondit: « comme celui d'un souverain du monde », et il donna des indications sur la façon dont il faudrait agir pour que cela eût lieu conformément à ce que le Seigneur lui avait dit. Immédiatement, ces indications furent suivies ^

1. Aprèfl que le corps du TathAgata eût été déposé dans le cercueil, Anuruddha s'éleva au palais des dieux et apporta à MAyA la nouyelle de la mort de son fils. Immédiatement, elle se rendit, accompagnée d'une suite nombreuse de créatures célestes, à Tendroit entre les deux arbres SAlla, et s'y livra à de bruyantes manifestations de douleur. « C'en est fini du bonheur des hommes et des dieux », s écria-t-elle, « Tœil du monde est éteint » Alon,

A ce moment, Mahâ-Kâçyapa voyageait de Pâvâ à Kusinârft, suivi d'une foule de cinq cents moines. Au moment où il se reposait sous un arbre, il vit venir de loin un Âjtvaka, qui se rendait de Kusinftrâ à Pâvâ, une fleur du paradis à la main. Kâcyapa lui cria de loin : « Vénérable Seigneur, avezvous vu mon maître? » — « Oui, cher Seigneur », répondit rAjîvaka ; « l'ascète Gautama est mort il y a juste une semaine, c'est pourquoi j'ai apporté cette fleur du paradis. » Il raconta, en outre, que quelques moines, qui étaient encore capables d'éprouver des émotions, se livraient à des manifestations de douleur, les autres non.

Vers ce moment, un moine âgé, nommé Subhadra prit place dans l'assemblée * et dit aux moines : « Ne vous affligez pas ! nous sommes délivrés du Grand Moine. Nous étions opprimés, étant obligés d'entendre toujours dire : 230 * « Ceci vous convient », ou « ceci ne vous convient pas ». Mais maintenant nous ferons ce que nous voulons, et ce que nous ne voulons pas faire, nous ne le ferons pas * ».

Ensuite, Kâçyapa rappela aux moines les sages paroles du Maître, qu'il faut se séparer de tout ce qu'on aime, etc.

A ce moment, trois des Mallas les plus considérables se préparèrent à allumer le bûcher *, mais ils échouèrent. Cela

par la puissance divine du Tatbâgata, le cercueil s'ouvrit de lui-môme, tandis que le mort se redressa et dit à sa mère, d'une voix douce : « Tu as été bien bonne de venir ici de si loin. Vous tous, qui observez la Loi, cessez de vous livrer tellement à la douleur. » C'est ce que raconte Iliuen Tbsang, Voy, des Pel. Buddh., 11,343.

2. Ceci n'est pas bien d'accord avec ce qui a été raconté plus baut, p. 225, à uioins que le Subbadra actuel ne soit un autre que celui mentionné dans ce récit. Le môme récit se retrouve littéralement dans le Cullavagga, II, 1; il y est placé à une époque un peu plus tardive.

1. Les paroles de Subbadra semblent ici très déplacées. Dans le CuHavagga, pass. cité, RAçyapa les cite afin d'avoir un argument de plus en faveur d'un concile. C'est ainsi qu'elles s'expliquent.

2. Le texte porte âlimpeti « frotter d'un onguent »; ce mot est probablement l'explication inexacte d'un prdkrt dlippeli ou âdippeti, sanscrit dd(payati. De même dlimpana pour âdippana^ sanscr. ddîpana dans Milinda- Pafihd; comp. la note de Trenckner sur ce passage.

tenait, ainsi que le leur expliqua Anuruddha, à ce que le bûcher du Seigneur ne s'enflammerait pas avant que Kftçyapa n'eût salué de la tète les pieds du Seigneur.

Les choses se passèrent^en effet, ainsi, et dès queK&çyapa fut arrivé près du bûcher avec ses cinq cents moines et eut rendu hommage au Seigneur, le bûcher s'alluma de lui-même.

Après la crémation, les reliques furent portées par les Mallas de Kusinârâ à Thôtel de ville, où elles furent gardées pendant une semaine, couvertes d'une coupole de lances et ceintes d'une clôture d'arcs et honorées par des danses, des chants, de la musique, des guirlandes et des parfums.

Dès que le roi du Magadha, Ajâtaçatru, eut appris que le Seigneur était entré à Kusinârâ dans le repos étemel, il envoya un ambassadeur, afin de demander aux Mallas de cette ville une part des reliques, se fondant sur ce qu'il était luimôme un Kshalrrya, comme le Seigneur, et qu'il avait conçu le projet d'élever un tiimuliis (stûpa) en l'honneur de ces reliques.

La même demande fut faite par les Lichavis de Vaiçâlî, les Çûkyas *de Kapilavastu *, les Bulis d'AUahappa, les Ko- 231 dyas de Râmagrâma et les Mallas de Pâvâ. Un brahmane du Vothadvipa demanda lui aussi sa part, en qualité de brahmane.

Ad premier abord, les Mallas de Kusinârâ ne voulaient pas satisfaire à ces demandes ; ils dirent aux foules réunies de moines et de laïques : « C'est sur notre territoire que le Seigneur est entré dans le repos éternel, et ce n'est pas notre intention de céder quelque chose des reliques. » Mais sur le conseil du brahmane Drona, qui fit comprendre aux Mallas rindécence d'une querelle au sujet des reliques du Buddha, qui leur avait toujours prêché la tolérance, ils changèrent d'avis. Drona fut chargé de la répartition, tâche dont il s'acquitta volontiers, ne demandant pour lui-même

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