‹ Histoire du bouddhisme dans l'IndeChapitre 75 sur 196 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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2. Dans d'autres systèmes indiens rignorance ou fausse science est cause que IVsprit n'est pas conscient de sa véritable essence; que l'esprit, réellement libre et élevé au-dessus de la maladie et de la mort, semble non libre, sujrt aux maux et mortel. Malgré de petites divergences dans la conception de la dilTéronre entre l'esprit et la matière, la base cosmogonique est facilement rec4>niiais>.'ible dans tuus les systèmes indiens : Vavidyd des philosophes est une spiritualisation du chaos, de l'obscurité qui précède les phénomènes.

239 qu'une ignorance sans ignorant est chose impossible *. De plus, il se sert d'un terme qui ne signifie pas nécessairement « cause matérielle ». Au fond, sa doctrine est celle-ci : « après l'ignorance viennent des représentations ou sensations ; après celle-ci la claire conscience », etc. La vraie tendance de toute la série est de décrire les états consécutifs de rhomme au moment du réveil. Il est d'abord, comme la nature, plongé dans le sommeil, avant le lever du soleil. Au premier réveil, quand il rêve encore à moitié, des représentations vagues, des images plus ou moins confuses, se présentent à son esprit, bientôt remplacées par une conscience nette. Par suite, Thomme éveillé distingue le nom et la forme, des figures bien distinctes. Les sens deviennent capables de s'assimiler les impressions du monde extérieur, et par le contact des choses avec les sens éveillés de leur assoupissement, nait le sentiment du plaisir et du déplaisir, sentiment qui éveille le désir. Afin de contenter le désir éveillé, on fait des efforts et de cette manière on donne un commencement d'exécution à Tacte par lequel on veut créer une chose. Pour créer ou faire une chose, il faut un certain temps ; pendant ce temps, la chose est à l'état de devenir, jusqu'à ce qu'elle soit complète, ait reçu une forme visible. Alors, elle est dite née, arrivée à la lumière du jour. Tout ce qui naît, vieillit et doit disparaître tôt ou tard. Cotte dernière transition est un peu rapide, c'est vrai; mais qu'y faire ? les membres de la série ne peuvent dépasser le nombre de douze, car c'est le nombre des mois de Tannée, et comme c'est le lever du soleil * avec ses conséquences qu'on

240 décrit, * le poète ne pouvait dépasser le nombre traditionnel.

1. Le lever du soleil est en même temps la création. La place qu'occupe le r^cit prouve également que le mythe était primitivement un récit de la création. 11 est vrai que le Mahâvaf/ga commence par les mots : « A cette époque », mais il est inutile de remarquer que ce début est un remaniement d*un autre début plus ancien : « Au commencement ». C'est dans la dogmatique de l'Église qu'il faut chercher la cause de ce remaniement.

Or, il ne s'agissait pas seulement de décrire le lever du soleil et de raconter un mythe de la création, il fallait aussi -indiquer que c'était le premier jour de Tannée et de Tespoir de l'avenir ; le Dieu solaire ne devait pas seulement être représenté comme le créateur, comme celui qui éveille la vie, mais aussi comme un médecin, un Apollon, comme guérisseur et sauveur, car il se trouvait à ce moment dans un des points de contact, une des jointures, des sandhis de Tannée, qui relient Tantique au nouveau *. C'est pourquoi Ton cite dans ce passage les quatre vérités des médecins *. Et c'est ainsi que nous trouvons, sous l'apparence d'une sèche formule scolastique, une combinaison ingénieuse d'une description du lever du soleil avec l'annonce du commencement de la nouvelle année; l'amalgame d'un mythe de création et d'un mylhe de délivrance.

Le récit du premier sermon est arrangé d'une façon tout aussi ingénieuse. Ce premier sermon tombe au solstice (milieu) de Tété et le Buddha, d'après toutes les règles de la mythologie, ne pouvait choisir d'autre texte que celui que la nature lui offrait : il recommande le juste milieu. Rarement, il est vrai, le chemin du juste milieu a été recommandé d*une façon plus banale, mais cette recommandation d'im principe excellent et universellement reconnu, n'était pas la chose essentielle. Comme, ce jour-là, le soleil se trouve dans un des points de jonction, d'union, il doit également, à cette occasion, se manifester comme guérisseur, et en effet, immédiatement après la recommandation du juste milieu, suit Ténumération des vérités médicales.

Très spirituelle aussi la façon dont est présenté le second sermon, que le Seigneur prononça devant la foule sur le mont Gayaçîrsha ou Gayaçiras. Nous savons par un auteur

1 . Mithra, le pendant persan du Buddha^ est, lui aussi, un médiateur.

2. Voir plus haut, p. 207. Dans Lalila-Vislara 448, le Buddha s'appelle vaidyarâja, « le Hoi des médecins ».

indien très ancien ^ que, dans le langage mythologique, Gayaçiras signifie Thorizon occidental * et probablement aussi 241 Téquinoxe d'automne ; * car les trois pas de Vishnu s'appellent le point du lever, la place de Vishnu et Gayaçiras. Quand le Roi du jour se trouve sur le Gayaçiras, le ciel du couchant est teinté en rouge, et c'est pourquoi il doit prêcher sur « la flamme » . Avant de se coucher, il a l'air de s'attarder, de traîner sur l'horizon. C'est pourquoi il prononce un sermon traînant, qui se termine par une courte lueur et la déclaration qu'il ne reste plus rien à faire sur la terre : il a accompli sa tâche et s'enfonce sous l'horizon.

Un autre mythe joliment trouvé est celui où l'on raconte comment le Seigneur, après s'être arrêté pendant sept semaines sous l'arbre de la Science, se demande h lui-même à qui il prêchera d'abord la Loi. Il songe h Âr&la Kâlâma, mais par une intuition il apprend que celui-ci est mort il y a juste une semaine. Alors il se rappelle Udraka, qui était justement mort la veille au soir *. Ces deux sages, qui meurent h six jours d'intervalle, doivent être deux constellations qui, h l'approche du soleil, disparaissent dans ses rayons. Leur mort a lieu avant le moment où le Buddha, au solstice d'été, prononce son premier sermon dans le Parc aux Cerfs, près de Bénarès, et quand les sept premières semaines de l'année (à compter à partir de mars-avril) sont finies. Udra, dont Udraka est un diminutif, signifie eau et loutre, mais a été sans doute aussi employé dans le sens d' « aqueux, mouillé, humide », car le mot prâkrit olla « humide » vient de là. Un autre mot pour « mouillé » est àrdra^ nom d'une étoile bien connue ^ Si Ton place le commencement de l'année au moment où le soleil a la même longitude que y du Bélier, le soleil se sera, après huit semaines environ, telle-

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